Critique : "Les Indifférents" au théâtre de l'Oeuvre

Après ses premiers pas au théâtre Daniel Sorano au printemps dernier, Les Indifférents, de Camille Turlot et Eric Szerman ont investi le théâtre de l'Œuvre depuis le 2 juin dernier. Il s'agit d'une comédie musicale pour le moins déstabilisante : "Il était une fois une grosse, un bègue, une black, un fumeur et un monsieur-dame", nous explique-t-on. Difficile à ce stade de ne pas penser que l'on va avoir droit à une banale chasse aux clichés musicale. C'est bien mal connaitre les auteurs d'Épouse-moi !

Embarquement immédiat dans un monde à part, le notre, mais revu et corrigé à la sauce Camille Turlot et Eric Szerman, sur une mise en scène efficace de Stéphane Cottin. L'atout majeur du spectacle est sans conteste sa scénographie ,signée Sophie Jacob, en tous points innovante et réussie. Cinq boîtes mobiles en plexiglas en guise de décor, et un jeu de vidéo-projection très bien pensé pour les ambiances. La combinaison fonctionne à merveille, apportant à la pièce un dynamisme et une fluidité absolument jubilatoires, avec une foule d'idées créatives et efficaces.

Omniprésente, la musique crée presque à elle seule une ambiance particulière au spectacle, même si aucune mélodie ne ressort vraiment de l'ensemble. Ceci s'explique en partie par le choix assumé d'entrecouper la plupart des chansons avec des passages de type chorale, peut-être légèrement trop nombreux. Pour ne rien gâcher, le son et les lumières sont parfaits.

Cette pièce, qui fait la part belle au jeu et au théâtre, s'appuie par ailleurs sur un texte extrêmement bien écrit, tant les chansons que les moments parlés. La dramaturgie est bien ficelée, l'histoire s'avérant être infiniment plus subtile qu'il n'y paraît au premier abord. Intelligente sans être élitiste, elle offre au spectateur une véritable occasion de réfléchir au-delà des cinq "spécimens" étudiés dans le spectacle.

Et que dire de la troupe constituée pour faire vivre cette histoire ? Excellents comédiens et chanteurs, on a presque du mal à imaginer qu'ils ne sont pas réellement les personnages qu'ils interprètent. Les cinq artistes sont talentueux, complémentaires et jouent juste, à tel point qu'il est très difficile d'isoler la performance de l'un ou de l'autre. Cependant, si la direction d'acteurs est impressionnante et calibrée au millimètre, on pourrait toutefois regretter l'absence de chorégraphies un peu plus sophistiquées sur certaines chansons.

La comédie musicale de Camille Turlot et Eric Szerman appartient à cette catégorie de spectacles qu'on ne peut qu'adorer ou détester, selon qu'on adhère ou non à l'univers. En ce qui me concerne, il s'agit très clairement d'un de mes coups de cœur de la saison, et je ne peux que vous conseiller de vous précipiter aux dernières représentations du théâtre de l'Œuvre pour vous faire une opinion. En espérant qu'un autre théâtre accueille prochainement cette comédie musicale qui ne saurait en rester là.


Les indifférents, de Camille Turlot et Eric Szerman

Depuis le 2 juin 2010 au Théâtre de l'Œuvre (Paris (IXe).
Mise en scène : Stéphane Cottin ; scénographie : Sophie Jacob ; lumière : Marie-Hélène Pinon ; costumes : Aurore Popineau ; chorégraphie : Jeanette Damant ; son : Michel Winogradoff.

Avec : Virginie Bracq, Nelly Célérine, Emmanuel Curtil, Fabrice Fara, et Camille Turlot.

Le site du spectacle : www.lesindifferents.fr

Commentaires

FELICITATIONS

Superbe spectacle . Tres bien écrit . Petites chansons parfaites . Tout se tient . Mise en scene impec et des comediens qui assurent . Qule spectacle intelligent et qui concerne tout le monde .

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