Critique : "Love Never Dies" d'Andrew Lloyd Webber, en avant-première

Critique : "Love Never Dies" d'Andrew Lloyd Webber, en avant-premièreLove Never Dies
En avant-premières depuis le 23 février 2010 à l'Adelphi Theatre.
Du lundi au samedi à 19h30, les mercredi et samedi à 14h30, de 25£ à 67,50£.

Comme nous vous l’avions annoncé la semaine dernière, Love Never Dies, la suite des aventures du Fantôme de l’Opéra à débuté à Londres. Musical Avenue a assisté à l’une des premières previews du show.

Le renouveau par la continuité

Souvenez-vous : à la fin du Phantom Of The Opera nous quittions un Palais Garnier déserté par le phantom, et Christine Daaé et Raoul le vicomte de Chagny pouvaient enfin vivre leur amour au grand jour.
Le rideau se lève 10 ans plus tard au sud de Manhattan, près du parc d’attraction de Coney Island. Cette nouvelle ambiance a permis au metteur en scène Jack O’Brien de créer une nouvelle esthétique propre à Love Never Dies mais très éloignée de la production originale.
L’univers, qui n’est pas sans rappeler celui de Tim Burton sur le début du spectacle, se révèle aux spectateurs grâce à une technologie avancée : la scénographie recourt à plusieurs écrans de manière à créer de nombreux effets d’optique plutôt réussi.
Fort heureusement ces écrans ne remplacent pas les décors et sont utilisé seulement sur une partie du spectacle. Le reste de la scénographie utilise des automates et un plateau tournant classique afin de faire apparaitre les différents éléments de décors.

La nouvelle partition d’Andrew Lloyd Webber emprunte beaucoup à son Phantom of the Opera. Il utilise les mêmes ficelles pour le plus grand bonheur du public. Ainsi le spectacle fait triompher quelques morceaux comme "Till I hear you sing" et "Love Never dies" qui déclenchent des ovations dans la salle, mais aussi "Once upon another time", "Dear old friend", “Heaven the sea" et bien sûr "Entr'act".
Seul un moment musical est déstabilisant : "The beauty underneath", un duo pop-rock entre le fantôme et Gustave, le fils de Christine, qui surprend également par sa mise en scène. Bien sûr comme dans chaque spectacle de Webber les thèmes musicaux récurrents sont nombreux : les airs de "The Coney Island Waltz", "Till I hear" et certaines chansons de The Phantom of the Opera résonnent tout au long du spectacle. C’est notamment grâce à ces thèmes que l'auteur parvient à réalises son idée de montagnes russes musicale.

Un cast à la hauteur du défi

La plupart des interprètes ont déjà interprété leurs rôles dans The Phantom of the Opera et se montrent donc à l’aise dans leurs personnages. Ramin Karimloo et Sierra Bogess (le Fantôme et Christine) possèdent la scène grâce à une grande puissance vocale et un jeu exemplaire. Malgré les faiblesses du livret, l’émotion atteint le public.
Summer Strallen (Meg) quant à elle manque de coffre, ce qui rend parfois son chant inaudible par la salle. De plus, elle peine à chanter et danser en même temps, et semble trop souvent se reposer sur les chœurs.
Liz Robertson interprète une Giry dynamique. Mention spéciale à Niamh Perry qui joue Fleck, un paon tout droit sorti de l’Étrangle Noël de Mr Jack.

Un livret qui fait débat

Le livret est l’aspect le plus critiqué (avec l’esthétique) et critiquable du spectacle.
La continuité avec Le Fantôme de l’Opéra n’est pas flagrante : les personnages ont bien changé en dix ans, ce qui déstabilise durant le premier acte. Le fantôme est devenu humain et communique avec l’extérieur facilement. Madame Giry est beaucoup plus dynamique. Seuls quelques éléments du livre Le fantôme de Manhattan (NDLR : suite donnée par Frederick Forsyth au roman original de Gaston Leroux) ont été repris. L’histoire manque de densité : sur les deux heures et demi que durent le musical, il n’y a que peu de rebondissements.
Enfin, une partie de la relation entre le fantôme et Christine a été oubliée. Webber à seulement retenu l’amour entre les deux êtres en occultant complètement les autres liens qui les rapprochaient (l’ange de la musique). À la tombée du rideau, on regrette aussi le manque de scène de groupe à l’image de "Masquerade" du Phantom of the Opera. Le spectacle est beaucoup plus intimiste.

Malgré ce livret très décevant, et une mise en scène plutôt statique, la salle émue par la dernière scène n’a pas hésité à se lever avant même que le rideau ne soit complètement baissé. Une standing ovation à clôturé la représentation par un public qui semblait conquis grâce à la qualité de la musique d’Andrew Lloyd Webber et des interprètes.

Espérons que cette suite saura encore se bonifier durant cette nouvelle semaine de previews avant la grande première du 9 mars.


Love Never Dies, d'Andrew Lloyd Webber
En avant-premières depuis le 23 février à l'Adelphi Theatre.

Équipe créative : Andrew Lloyd Webber, producteur, compositeur, livret et arrangements musicaux; Glenn Slater, paroles et livret; Ben Elton, livret; Frederick Forsyth, livret; Jack O’Brien, metteur en scène; Jerry Mitchell, chorégraphe; Bob Crowley, décors et costumes; Paule Constable, création lumières; Mick Potter, design sonore; David Cullen, arrangements musicaux; Simon Lee, directeur musical; Jon Driscoll, création vidéo; Scott Penrose, effets spéciaux; Armando Farfan Jr, consultant en arts du cirque.

Avec : Ramin Karimloo, Sierra Boggess, Joseph Millson, Liz Robertson, Summer Strallen, Niamh Perry, Adam Pearce, Jami Reid-Quarrell, Jack Blass, Harry Child, Tyler Fagan, Alexander Hockaday, Richard Linnell, Charlie Manton, Kaisun Raj.

www.loveneverdies.com

Commentaires

mon phantom....

Samedi 27 février 2010, 14h, je suis devant le théâtre Adelphi de Londres, avec entre mes mains le précieux sésame qui va me permettre d’assister à la sixième représentation publique de Love Never Dies la suite tant attendu du Fantôme de l’Opéra. Je suis un peu tendu car j’ai lu quelques critiques, et elles ne sont pas tendres ; la pire je crois, a été écrite par Scott Matthewman, qui est "Assistant Editor" de "The Stage" (le magazine sur le théâtre et les musicals Londonien) a écrit sur sa page Twitter : Love Never Dies = Shit Never Flushes. Just awful. (Love Never Dies = la merde ne s’évacue jamais . Juste affreux.).
Quand aux autres critiques, la plupart viennes des « Phans »… les fans du Phantom… qui ont généralement vu le musical des dizaines de fois et qui ont du mal a imaginer que l’on peut rivaliser avec leur musical préféré… alors je reste tout de même un peu confiant…
14h30, la salle est pleine, cela change du public français qui arrive toujours en retard, les lumières faiblissent, le spectacle commence.
Je ne vais pas reparler de l’intrigue j’allais le faire, mais la critique de Guillaume l’a très bien fait avant moi, je dirai même que je suis plutôt d’accord avec lui dans la plupart de ses propos… a quelques détails près…

Il est normal que l’ambiance de Love Never Dies soit différente du Fantôme… 10 ans on passés, les personnages ont évolués, cela se passe dans un autre lieu et c’est bien là la problème…. Beaucoup de gens attendaient une suite avec comme dans le Fantôme, des décors phénoménaux, des costumes splendides, des scènes de bals à la « Masquerade »… et bien non, Love Never Dies, est un musical beaucoup plus épuré, plus intimiste, plus sombre, utilisant une scénographie beaucoup plus dépouillée. La plupart de temps il n’y a sur scène que deux ou trois personnages, d’ou cette impression un peu molle, que les choses n’avancent pas, qu’il ne se passe rien….
Love Never Dies est avant tout une histoire de personnages, intimiste, compliquée, pleine d’amour, mais parfois douloureuse, de rancœurs, et de non-dit : une histoire d’amour avec un prologue, un début, une trame et une fin et l’on comprend en sortant pourquoi Love Never Dies….

Pour ce qui est des personnages…et oui, 10 ans font évoluer les gens, j’ai personnellement trouvé le Fantôme plus humain, Madame Giry plus aigrie, Meg à la fois insouciante et déterminée, Raoul râleur et Christine…moins « cruche ».

J’ai eu pour ma part dans le rôle de Gustave, Richard Linnell, (ils sont 7 à alterner dans le role du fils de Christine)…et sont interprétation était a lui aussi excellente, tant au niveau du jeu que du chant….

J’ai personnellement été subjugué par Ramin Karimloo et Sierra Boggess dans les rôles du Fantôme et de Christine (je dois dire qu’en général je n’aime pas trop les « Christines » en raison de la tessiture de leurs voix) et leurs performances restera parmi les meilleures que j’ai vues. (Même si au dire de ma voisine : « Vous ne trouvez pas qu’il est un peu petit le Fantôme ? Je l’imaginai quand même beaucoup plus grand… Moi il ne me ferait pas peur… »)

Bizarrement, je n’ai pas été déstabilisé par le morceau "The beauty underneath" qui redonne en quelque sorte au Fantôme un coté créateur en avance sur son temps…et visionnaire (bien que très années 80 !)

Il y a tout de même une petite allusion a l’ange de musique puisque la chanson « Love Never Dies » est spécialement crée par le Fantôme…pour Christine….c’est vrai c’est un peu subtil…

Ma salle aussi a applaudit a tout rompre pour les « grandes » chansons du spectacles : « ‘Till I heard you sing » et « Love Never Dies » et si vous les avez vues sur Internet, ce n’est rien comparé au plaisir que vous ressentirez à les voir et les entendre sur la scène de l’Adelphi !

Pour l’instant je pense que le spectacle a pas mal de détracteurs et je suis sur que certains passages pourraient être améliorés….malheureusement sans doute pas d’ici la générale qui a lieu le 9 mars. Quinze jours de previews, c’est un peu court pour un show de cette envergure. Mais il y a fort a parier que d’ici l’ouverture du show a Broadway, en octobre 2010, des changements auront été effectués et qu’ils seront ensuite réintégrés dans le show de Londres comme cela a déjà été effectué par le passé.

En regardant l’ensemble du spectacle, la qualité des interprètes, de leur jeux de scène etc… je dirais que Love Never Dies a été pour moi une réussite.

Reste confiant Clément !

Reste confiant Clément ! Les previews, me semble-t-il, ont toujours servi à effectuer des ajustements sur un spectacle en rôdage, parfois même des modifications très profondes !

Pour prendre un exemple qui n'a rien à voir avec le Phantom, je me rappelle avoir lu que juste après la première preview des Producteurs, le compositeur avait passé la nuit à écrire une ouverture qui fut jouée dès le lendemain soir !

Plus proche de nous, les commentaires des spectateurs ont tendance à montrer que l'équipe de Spamalot (au théâtre Comédia) à profité des deux premières semaines de représentations (si ce n'est plus) pour tenter diverses approches, notamment concernant le dénouement de la pièce.

En tout cas, à vous croire, Guillaume et toi, Love Never Dies s'oriente très nettement vers une qualité remarquable, et j'ai grand hâte de le découvrir à Londres ou New York.

love never dies.....

J'ai assisté à la représentation du samedi 27 février dernier en soirée..... Il parait que depuis le début de la semaine, des changements positifs sont intervenus...

Je ne sais pas vraiment quoi penser....
La partition est très belle, il faut l'avouer..... malgré quelques passages un peut 'kitsh' qui ne sont pas sans rappeler des comédies musicales comme The Boyfriend ou The Drowsy Chaperone.... un peu vieillottes...

Tout comme dans Sunset Boulevard, il y a deux trois thèmes qui reviennent tout le temps, et c'est assez agréable....
Le son est parfait, c'est le meilleur qu'il m'ait été donné d'entendre dans le West End.... un son parfait !

Le phantom est un peu trop humain.. il perd tout son coté mystérieux et attachant qu'il avait avant...... vocalement il est impressionnant....

Je n'ai pas été touché par Sierra Boggess... j'ai eu l'impression d'entendre Sarah Brightman 25 ans en arrière.... voix trop haut perchée... Elle qui m'avait bluffé à Broadway dans The Little Mermaid.... Mais Lloyd Webber aime ces voix très lyriques et haut perchées...Elle est vide de toute dramaturgie...

J'avoue que la mise en scène de la chanson Love Never Dies est un véritable plaisir visuel, tant par le décors simple que par les éclairages superbes... D'ailleurs les lumières de ce spectacle sont d'une grande beauté... pas de poursuites de face qui écrase les visages.. uniquement du latéral, ce qui crée une ambiance mystérieuse.....

Le seul rôle qui a bien évolué c'est celui de Raoul.. beau physiquement et vocalement, il se paie la part belle avec une très belle chanson 'Why does she love me" au début du deuxième act..... très belle performance.....

Le seul problème, c'est le livret... l'histoire est inconsistante.... les personnages vides de toute dramaturgie... le pire, c'est celui de Christine.... une jolie potiche, c'est tout..... La fin est une peu désarmante........

Très peu d'ensemble... et lorsqu'il y en a , c'est un peu hors sujet, comme la scène sur la plage avec l'arrivée de la montgolfière..... c'est totalement hors contexte....
Je suis d'accord sur le fait que l'univers de Tim Burton est là... surtout au début, avec des effets de vidéos assez réussis....

En bref, je suis ravi d'avoir assisté à ce spectacle..... il y a un potentiel fort, surtout au niveau de la partition.... Je suis sorti du théâtre et j'avais les chansons principales en tête et la valse de Conny Island qui est de toute beauté....

Il faut laisser le temps à ce spectacle de se rôder et il est vrai que 15 jours de previews, c'est peu.....

Il est toujours heureux de voir une nouvelle comédie musicale originale, qui ne soit pas l'adaptation d'un film à succès !!!!

Gros potentiel donc..... on croise les doigts car la critique et les londoniens sont très durs vis à vis de Love Never Dies.....

à suivre

Olivier

où est lloyd webber et sa créativité?

Je suis plutot décu, en effet on retrouve beaucoup de thèmes repris dans The woman in white ou des musicals moins connues de lloyd webber...

Andrew Lloyd Webber n'a t'il plus d'inspiration pour piocher dans ces anciennes partitions?

Fini le temps du Phantom de l'Opéra, de Cats, Evita ou Jesus Christ Superstar...

Quelques bons passages quand meme mais trop rare.

Ce n'est pas une réussite et c'est trop plat, sans grandes convictions...

Ce n'est pas le tout de faire des musicals tous les deux ans... encore faut il qu'elles soient interressantes...

Schonberg et Boublil, eux ont compris... en faire moins, mais d'une qualité exceptionnelle, de la grande musique, pas tape à l'oeil... Pas pour vendre des disques en faite... Pour faire plaisir. Telle est la VRAIE comédie musicale.

Michael de Tours

LOVE NEVER DIES

Nous étions 4 à avoir vu le Phanthom de l'Opéra et nous avons trouvé cet opéra tellement beau (le frisson du début à la fin et des scènes que nous conserverons toujours en mémoire, un véritable enchantement) à tout point de vue (personnages, costumes, décoration, mise en scène, effets spéciaux ...), sans parler de la musique absolument sublime, que nous ne pouvoions qu'être déçus par Love never dies. Les vides ont été comblés par des effets spéciaux, superbes certes mais pas le moindre frisson au cours de ce spectable si ce n'est au moment de l'interprétation de Love never dies par Christine qui a une voix magnifique ainsi du reste que les interprètes masculins. A part ces merveilleux moments, nous avons trouvé le spectacle inconsistant, sans logique, avec des scènes quelque peu incongrues. Donc, c'est certain, une fois, pas deux, tantdis que le Phantom de l'Opéra a été vu six fois par l'un d'entre nous, deux fois par un autre et que nous irons, il ne peut en être autrement, le revoir une fois encore et ce ne sera sûrement pas la dernière ... !)

Nouvelle vie en France

Bonjour, Depuis le mois de Juin 2010 à Carcassonne (en France au sud de Toulouse), j'ai redonné vie à un superbe CAB Londonien qui porte la publicité de votre spectacle. Retrouvez les photos de ce CAB sur Facebook sur ma page personnel ou sur ma page Pro, vipdrive jean-françois. J'adore rouler tous les jours dans ce superbe véhicule et n'hésite pas a parler de votre spectacle autour de moi. Souhaitant vous voir franchir "the channel" pour vous produire en France et peut-etre vous recevoir. Cordialement, JF.

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