DOSSIER : Adaptation – Qui veut la peau des comédies musicales en français ?

DOSSIER : Adaptation - Qui veut la peau des comédies musicales en français ?

"Mamma Mia, c'est la même rengaine. Non, non ! Je n'peux pas résister !" Les paroles résonnent depuis trois mois au théâtre Mogador.
Si beaucoup se sont réjouis de l'arrivée de la comédie musicale Mamma Mia! à Paris, certains spectateurs ont décidé de montrer les dents : ils et elles sont nombreux à laisser leurs commentaires sur ce site pour exprimer leur déception, voire leur colère de constater que les chansons d'Abba ont été traduites en Français pour le bien du spectacle.

"Mais c'est n'importe quoi !" commente l'un, "Si c'est en français je pense que je vais avoir une attaque" menace l'autre, pendant que certains de nos lecteurs manifestent leur refus catégorique d'aller voir le spectacle.
Une telle protestation semble inédite, mais la polémique s'étend déjà à un autre musical annoncé pour bientôt : Hairspray, qui sera joué au Casino de Paris… en français.
Pourquoi ces spectacles, qui sont loin d'être les premiers à connaître une adaptation dans notre langue, s'attirent-ils les foudres d'une partie du public ?
Colère de fans ? Frustration de puristes ? Point de vue pertinent d'amateurs éclairés ?
Quelle qu'en soit la raison, il me semble essentiel d'explorer la question en profondeur, en particulier dans le contexte actuel : l'intérêt grandissant du public pour le genre opère une évolution, sinon une révolution, dans le domaine du théâtre musical en France.

SOMMAIRE

  1. L'exception culturelle française
  2. Le cas de Broadway au ciné
  3. Traduction et adaptation à l'étranger
  4. Adapter : langue et culture en question
  5. De 100% anglais à 100% français
  6. Le rôle du spectateur

L'exception culturelle française

Au cœur même de la polémique, se pose la question fondamentale de définir ce qu'est une comédie musicale.
L'exercice n'est somme toute pas bien compliqué, (presque) tout est dans le titre : la discipline mélange théâtre, chant, et le plus souvent, danse.
C'est là que réside le fond du problème : dans notre pays, la valeur théâtrale du genre a bien du mal à s'imposer dans les esprits, alors même qu'elle en est une composante fondamentale.

"La France est un des seuls pays au monde qui considère que le musical est un genre dérivé de la variété" déplore Stéphane Laporte, auteur de la comédie musicale Panique à Bord et de nombreuses adaptations de comédies musicales, dont celle du Roi Lion ainsi que du livret de Mamma Mia!
La faute en incombe aux grands spectacles musicaux populaires qui, depuis plus de trente ans, ont contribué à l'éclosion des comédies musicales "à la française" : des spectacles à gros budget soutenus par une machine marketing bien huilée. Celle-ci repose sur la sortie d'un album de variétés dont les chansons phares attirent un large public, plus souvent préoccupé de retrouver les tubes qu'il a entendu à la radio et leurs interprètes (majoritairement chanteuses et chanteurs sans expérience de la comédie) qu'il a découvert à la télévision.
Il en résulte que ces spectacles, malgré les efforts de leurs auteurs, se rapprochent plus du concert de variété mis en scène (on n'est pas très loin des spectacles des Enfoirés au profit des Restos du Cœur) que de l'œuvre de théâtre.

Cependant, la dénomination générique "comédie musicale", utilisée à tort dans ce cas, crée la confusion dans l'esprit des spectateurs. À tel point qu'un lecteur anonyme en vient à déclarer dans les commentaires d'un de nos articles consacrés à Hairspray : "Certes cela reste du théâtre, mais c'est aussi un "concert", avec des chansons créées pour l'occasion." En outre, cette personne fait remarquer que les chanteurs étrangers ne traduisent pas leurs chansons en français lorsqu'ils donnent un concert par chez nous, un argument qui confirme, si c'était encore nécessaire, l'improbable amalgame que font de nombreuses personnes.

Il y a pourtant fort à parier que ces même personnes n'iraient pas voir une pièce de théâtre jouée dans sa langue d'origine.
Comment expliquer que le public Français, qui n'est pourtant majoritairement pas réputé amateur de versions originales (au cinéma par exemple), se montre si conservateur pour ses musicals ?


SOMMAIRE

  1. L'exception culturelle française
  2. Le cas de Broadway au ciné
  3. Traduction et adaptation à l'étranger
  4. Adapter : langue et culture en question
  5. De 100% anglais à 100% français
  6. Le rôle du spectateur

DOSSIER : Adaptation - Qui veut la peau des comédies musicales en français ?
Le cas de Broadway au ciné

C'est justement au cinéma qu'on trouvera un élément de réponse.
Depuis l'invention du cinéma parlant, les comédies musicales abondent sur grand écran. Parmi elles, on retrouve essentiellement des adaptations de pièces issues de Broadway (Cabaret; Chicago; Hairspray; Grease… pour n'en citer que quelques unes). Si les chansons de certains de ces films ont connu une traduction en français très réussie (La Mélodie du Bonheur; Il était une fois), on constate néanmoins que la majorité sont simplement sous-titrées.
Une pratique incohérente (on passe de scènes chantées en version originale par les interprètes du film à des scènes doublées avec la voix de comédiens de postsynchronisation) qui pourtant ne dérange pas.

On ne pourra pas reprocher à ces films d'éduquer le public français à la langue anglaise, mais le revers de la médaille est qu'ils l'habituent à une version figée de ces chansons… comme on s'habitue à n'importe quel tube de variété.
La réaction de rejet qu'exprime une partie du public à l'encontre des adaptations françaises de ces chansons n'est après tout que le réflexe naturel de tout spectateur attaché à une œuvre qu'elle ou il aime.
Il est évident que la polémique n'a pas le même retentissement lorsqu'une œuvre moins connue du grand public connaît une traduction en vue d'être jouée dans nos contrées. En dehors de quelques fans et puristes, qui serait allé voir Spamalot si les chansons étaient en anglais ?
Comme le fait remarquer justement Serge Tapierman (producteur à Paris de Grease et Un Violon sur le Toit), la question se poserait-elle "si les meilleures comédies musicales venaient de Slovaquie ou de Finlande" ?

Traduction et adaptation à l'étranger

Cette question ne semble en tout cas pas se poser hors de nos frontières.
Marisol Gonzalez, co-rédactrice en chef du site espagnol TodoMusicales, l'affirme très clairement : "C'est déjà difficile pour un musical de rencontrer le succès en Espagne, ce serait absolument impossible s'il n'était pas traduit".
De fait, chaque année la péninsule ibérique importe et adapte dans sa langue d'innombrables musicals célèbres, sans compter les nombreux spectacles musicaux originaux qui voient le jour à Madrid.

Cabaret, Chicago, La Belle et la Bête, Mamma Mia!, Les Producteurs et j'en passe : tous ces spectacles ont connu le même traitement. Ils ont été interprétés intégralement en espagnol, et comme le confirme Marisol Gonzalez, les spectateurs suivent : "La plupart du public n'envisage même pas l'éventualité de voir un spectacle en langue originale".

Même son de cloche au Brésil. "Tous les musicals importants que nous avons eus ici ont été adaptés en portugais" nous rapporte Patricia Ferrari, du site web Musicais Brasil. "Le public ici aime entendre les chansons dans sa propre langue, car ça les touche plus directement. L'histoire n'en est que plus appréciable".

Un avis que partage Massimo Davico, du site italien Musical.it : "Les chansons dans un musical font partie intégrante de l'histoire et il est nécessaire que tout le monde puisse les comprendre […] Les comédies musicales doivent être des spectacles accessibles à tous et pas seulement à un public de niche."

Outre ces trois pays, qui comptent parmi ceux dont la scène comédie musicale est la plus active hors des pays anglo-saxons, on retrouve le même procédé partout dans le monde, de l'Allemagne au Mexique en passant par la Suède, Israël ou la Corée.
Les Frenchys se comporteraient-ils encore en irréductibles Gaulois ?


SOMMAIRE

  1. L'exception culturelle française
  2. Le cas de Broadway au ciné
  3. Traduction et adaptation à l'étranger
  4. Adapter : langue et culture en question
  5. De 100% anglais à 100% français
  6. Le rôle du spectateur

DOSSIER : Adaptation - Qui veut la peau des comédies musicales en français ?

Adapter : langue et culture en question

"On ne peut pas, sous prétexte que l'anglais soit la langue principale [des comédies musicales les plus célèbres] dédaigner notre langue française. Il y a un vrai combat de respect à une histoire - la nôtre, à une vraie culture plusieurs fois millénaire."

Loin de chercher à faire dans le chauvinisme primaire, Serge Tapierman soulève un point important.

D'ailleurs, ce sont le plus souvent les auteurs eux-mêmes qui considèrent qu'il est nécessaire d'adapter leur pièce dans la langue du pays où leur œuvre se joue : "[Stephen] Sondheim [NDLR : considéré presque unanimement comme le maître de la comédie musicale contemporaine, et réputé pour la construction complexe de ses textes] lui-même est le premier à dire qu'il faut traduire les musicals", n'oublie pas de rappeler Stéphane Laporte.

Car au-delà de la défense de notre langue, se pose la question des références historiques et culturelles dans le texte des comédies musicales. Le travail de l'adaptateur y est primordial pour que la pièce soit accessible au public, qui doit saisir les nuances et références voulues par l'auteur, mais qui n'ont pas toujours de résonance dans notre culture.

Au Théâtre du Châtelet, le parti pris est résolument différent. Depuis plusieurs saisons, de superbes productions offrent enfin au public parisien l'occasion de découvrir les musicals les plus emblématiques de Broadway, mais… en anglais.
Jean-Luc Choplin, directeur de l'institution, ne manque pas de soulever l'une des principales difficultés de l'adaptation : "Le français a besoin de plus de 30% de mots que l’anglais pour dire la même chose. On voit tout de suite que musicalement, toute traduction devient un cauchemar."

Pour palier à cette difficulté, le théâtre présente ses spectacles accompagnés de sur-titres, une pratique venue de l'opéra.

On retrouve d'ailleurs cette influence de l'opéra dans la totalité des productions du Châtelet (dans les moyens, la mise en scène, le choix des interprètes issus du répertoire lyrique, la sonorisation…). L'exercice est d'ailleurs souvent taxé d'élitisme : la comédie musicale n'est pas plus de l'opéra qu'elle n'est de la variété, et cette démarche (qui séduit en priorité les amateurs d'opéra qui constituent le public d'habitués du Châtelet) ne se montre viable que pour des durées de représentations limitées à quelques semaines.

Il est impensable de voir une production en version originale tenir l'affiche durablement en France.

Cela étant dit, la remarque de Jean-Luc Choplin met le doigt sur une problématique difficilement contournable : adapter les chansons d'une comédie musicale en français est un exercice extrêmement périlleux. Au-delà du respect du sens, l'adaptateur se retrouve confronté à de nombreux défis, comme écrire un texte qui sonne harmonieusement en Français, ou encore respecter les systèmes de rimes et de rythmes - souvent complexes - induits par les auteurs et compositeurs originaux.
C'est d'ailleurs là que réside la principale inquiétude du public : "Argent, argent, argent... Reine de la danse... Et le titre du show ? Ma maman ?" ironisait un de nos lecteurs à l'annonce de l'arrivée de Mamma Mia! en Français.

C'est souvent la qualité de l'adaptation qui inquiète les spectateurs. Leur crainte est légitime, et montre une attente véritablement exigeante à l'encontre des productions qui nous sont proposées.

Mais doit-on refuser toute traduction sous prétexte que le résultat n'est parfois pas à la hauteur ?
Je ne le crois pas
: un tel conservatisme ne nous permettrait pas de tirer vers le haut le travail des auteurs et adaptateurs de comédies musicales, et entraverait grandement le travail mené par la profession pour éduquer le public français à ce genre, auquel une grande partie reste encore hermétique.
Et dès lors, pourquoi ne pas interdire les mises en scènes qui s'affranchissent du travailleur du metteur en scène original ? Qui explorent de nouvelles formes d'orchestrations ? Ou qui simplement essaient de créer une nouvelle vision de l'œuvre ?

Cette extrapolation peut paraître excessive, mais elle relève selon moi du même mécanisme de raisonnement.

En somme, la question de la qualité de l'adaptation et la difficulté de la démarche ne doivent pas être un obstacle rédhibitoire à cet entreprise ambitieuse.

Le meilleur exemple en ce sens est, à mon humble avis, le remarquable travail d'adaptation effectué par Jacques Collard et Éric Taraud sur le musical Cabaret, présenté dans la mise en scène de Sam Mendes aux Folies Bergère en 2006 : les deux adaptateurs avaient relevé avec brio l'ensemble des défis évoqués plus haut, et leurs versions françaises réussissaient l'exploit de faire oublier les textes originaux.


SOMMAIRE

  1. L'exception culturelle française
  2. Le cas de Broadway au ciné
  3. Traduction et adaptation à l'étranger
  4. Adapter : langue et culture en question
  5. De 100% anglais à 100% français
  6. Le rôle du spectateur

DOSSIER : Adaptation - Qui veut la peau des comédies musicales en français ?

De 100% anglais à 100% français

L'autre grande réussite de cette version française de Cabaret a été de ne pas céder à la facilité : plutôt que conserver les chansons les plus célèbres en langue anglaise (et de proposer une version bâtarde qui alternerait entre les deux langues), la production à pris le risque de proposer un spectacle traduit intégralement.

La décision n'est pas toujours aussi simple à prendre, et certaines productions tentent quant à elles de marier les deux langues.

Ce fut le cas de Fame par exemple, dont la chanson titre avait été partiellement adaptée en français (pour les couplets) tandis que son célèbre refrain était resté intact.

Dans Grease, ce sont des chansons complètes en revanches – les tubes internationaux "You're the one that I want", "Summer Nights" – qui ont été conservées telles quelles.

Ce type d'approches est cependant délicat : elles jouent la carte de la sécurité, mais le passage d'une langue à l'autre crée une rupture dans la narration et prive les spectateurs de la compréhension de certaines scènes clés (quand bien même Grease et Fame n'ont pas les livrets le plus complexes de l'Histoire du musical).

C'est la cohérence globale de la pièce qui est remise en cause dans ces cas, et on peut espérer que d'ici quelques temps, les partis pris seront plus radicaux et auront l'audace d'aller jusqu'au bout de l'exercice d'adaptation.

C'est également l'interprétation de ces pièces qui y gagnera en qualité. Comme ne manque pas de le souligner Stéphane Laporte, "bien qu'une poignée d'artistes en France ait un accent anglais impeccable, la très grande majorité sonne définitivement "froggy"."


SOMMAIRE

  1. L'exception culturelle française
  2. Le cas de Broadway au ciné
  3. Traduction et adaptation à l'étranger
  4. Adapter : langue et culture en question
  5. De 100% anglais à 100% français
  6. Le rôle du spectateur

DOSSIER : Adaptation - Qui veut la peau des comédies musicales en français ?

Le rôle du spectateur

De cette controverse, on retiendra le fait qu'une partie du public français exprime un réel attachement au théâtre musical, et c'est forcément un constat qui nous enthousiasme.
Les critiques à l'égard des adaptations de comédies musicales en Français émanent essentiellement de férus de musicals qui sont familiers des versions originales, et qui ont eu la chance de les voir sur scène… ou au contraire ressentent une certaine frustration face à la difficulté d'accès de ces spectacles.

En effet, les tournées européennes ne sont malheureusement pas légion, en dehors des spectacles de danse comme Lords of the Dance ou les hommages musicaux tels qu'Abba Mania.
Mamma Mia! en V.O. au Palais des Congrès et la tournée d'anniversaire des Misérables au Théâtre du Châtelet sont les trop rares exemples récents que nous ayons.
Il y a là un véritable créneau à développer, mais rien ne garantit que l'avenir nous permettra de voir en France davantage de ce type de productions. 
Il est donc important de soutenir les comédies musicales présentées en français car, comme ne manque pas de le rappeler Loreleï Jacob (présidente de la Fédération du Musical), "la France a besoin de recréer une culture de la comédie musicale si elle veut atteindre un public toujours plus large."



La passion avec laquelle les spectateurs défendent une adaptation qu'ils ont aimé ou attaquent celles qui les ont déçus sont autant d'indices encourageants de l'évolution qui opère lentement mais sûrement dans l'esprit de nos compatriotes au sujet du théâtre musical.


Et le meilleur moyen d'éviter une triste déconvenue, c'est encore de savoir aborder une adaptation avec une oreille neuve, et pour ce qu'elle est : une vision nouvelle (au même titre que la mise en scène ou l'interprétation) à laquelle il faut donner sa chance.

Peut-être qu'elle vous surprendra, vous choquera, ou vous emballera, mais espérons-le, vous n'en ressortirez pas indifférents.


SOMMAIRE

  1. L'exception culturelle française
  2. Le cas de Broadway au ciné
  3. Traduction et adaptation à l'étranger
  4. Adapter : langue et culture en question
  5. De 100% anglais à 100% français
  6. Le rôle du spectateur

L'auteur tient à remercier chaleureusement l'ensemble des personnes citées dans ce dossier, qui ont eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions.

15 réponses

  1. Madmartigan
    Voilà un sujet trés délicat! Je ne suis pas pour l'adaptation en français des comédies musicales anglo-saxones...bien que. Tout dépend de la qualité de la production. Je m'explique: j'ai eu le triste privilège de voir "Footloose" à l'espace Cardin; en mettant de côté le niveau plus que médiocre de la production, les textes en français (à 90 %) cassent le rythme des chansons qui sont, en anglais, trés dynamiques. Si celles-ci avaient été interprétées par des artistes dignes de ce nom, ma vision aurait été différente. Effectivement j'ai eu l'immense privilège de voir "Chicago" au Casino de Paris et "Cabaret" aux Folies Bergères en français et vue la qualité générale du show (chant, danse, jeu de comédiens/chanteurs/acteurs), l'adaptation française était trés réussie. J'attends avec impatience "Hairspray". Pour "Mamma Mia", ma réticence est peut-être due au fait que les chansons d'ABBA sont mondialement connues en anglais et j'ai un peu de mal à les imaginer en français. Ayant eu la chance d'avoir vu dernièrement de grands musicals ("Promises Promises" à Broadway, et "Wicked" à Londres), je reste envouté par les chansons originales en anglais et surtout le savoir faire anglo-saxon dans le domaine de l'entertainement. Cependant l'adaptation en français permet d'attirer un public français peu habitué à la comédie musicale, car il fait reconnaître que les français dans le domaine de la création de comédies musicales sont largement en dessous des productions anglo-saxones. Même si "Wicked" à fait l'objet d'une adaptation en Allemand, je ne pense pas qu'un titre de comédie musicale intitulée "Méchante" soit trés vendeur auprès du public français.
  2. Khp
    Bravo pour cet article auquel je souscrit à 100% Cabaret aux Folies bergères est l'un des plus réussis Musicals qu'il m'ait été donné de voir (et j'en ai vu quelques uns à Londres, New-York ou ailleurs...). Il me reste un vague souvenir de la version de Savary (à Mogador ou au Théatre de Paris ?), où il avait laissé les chansons en anglais, et effectivement, ça cassait la fluidité de l'histoire. Il est évident que dans un VRAI musical, les passages chantés servent autant l'histoire que les passage parlés (quand il y en a !) ; partant de là c'est une aberration de changer de langue en passant de l'un à l'autre... Pour Mamma Mia, les producteurs, et Björn Ulvaeus en tête, ont longtemps hésité à traduire la pièce, en pensant que les spectateurs venaient d'abord pour écouter du Abba ; ils ont eu beaucoup d'appréhension avant la 1ère en non-anglais (je crois que c'était en Allemagne, ou au Pays-Bas). Et dès les 1ères représentations, ils ont été convaincus de l'évidence de la chose : On est là d'abord pour suivre une histoire, et on la suit mieux dans sa langue maternelle. Je suis fan d'Abba depuis 75, j'ai vu Mamma mia plusieurs fois en anglais, mais j'apprécie beaucoup mieux le spectacle en français à Mogador (même si tout n'est pas parfait dans la traduction...).
  3. guigui
    J'ajouterais juste que les français ne sont jamais content parce que quand je suis aller voir Mamma Mia au Palais des Congrès en 2008, c'était en Anglais et pourtant, la salle était à moitié vide. Là c'est en français et le théâtre Mogador est complet tous les soirs.
  4. Wahrheit
    Petites précisions. 1) Pour Mamma mia ! Benny et Björn ont interdit que la version allemande soit enregistrée. Ils ont refusé catégoriquement, malgré le succè rencontré outre Rhin que la version soit immortalisée. C’est la première version à avoir été adaptée en langue étrangère. Au demeurant le travail a été fait par un très grand auteur (« Michael Kunze » qui a à son actif, non seulement des adaptations mais aussi des pièces, des romans et des musicals qui ont fiat le tour du monde et dont il est l’auteur (Tanz der Vampire, Elisabeth, Mozart ! notamment). C’est à la suite de négociations très longues et certainement à coup de millions d’Euros que Stage Entertainment a obtenu l’autorisation d’enregistrer la version allemande. La version néerlandaise a suivie….Pour le moment, seul le Japon n’a pas mis la main au portemonnaie pour qu’un CD soit enregsitré. 2) « ils et elles sont nombreux à laisser leurs commentaires sur ce site pour exprimer leur déception, voire leur colère de constater que les chansons d'Abba ont été traduites en Français ». Je pense qu’ici, il faudrait préciser MAL traduites. Une fois qu’on a entendu les paroles désastreuses de l’adaptateur on ne peut qu’aller dans ce sens. Cependant, « Cabaret » avait été excessivement bien adapté, et le texte était d’une part agréable a entendre et AVAIT DU SENS. Que dire de : « donner moi la monnaie sur un millionaire ?!? » et c’est ainsi tout du long du musical. Que penser soit du niveau d’anglais de l’adaptateur, soit du temps qu’il a passé à l’adaptation ? 3) En Espagne, le public a depuis longtemps des musicals dans leur version originale (i.e. leur mise en scène) : La Belle et a Bête ou le Fantôme ont eu les décors de Broadway pour les premières et de Londres pour la 2nde (importé d’une précédente production d’Amérique du sud soit dit en passant). Mamma mia ! se joue depuis 6 ans… et ce n’est pas fini... 4) en Italie, c’est la misère : Stage brade en quasi permanence ses places (même si officiellement tout va bien). Le public Italien soit se rapprocher plus du public français que du public espagnol. 5) la France est le pays où le prix des places est le plus élevé. L’argument « c’est en français on n’y va pas » est un argument comme un autre pour ne pas avoir à débourser une somme élevée pour une soirée dont on n’est pas toujours certain de ressortir ravi. La France a tendance a "oublier" de faire 50% aux avant premières pour les musicals !!
  5. Guy
    Bravo pour l'article. Pour ce débat, je rêve. Comment se plaindre qu'enfin nous ayons sur scéne des VRAIS show du west end et de broadway. Dans la plupart des pays, il y a adaptation dans la langue du pays, j'ai vu Les producteurs, Rent et Hairspay en espagnol à Buenos Aires, Cats en allemand, El hombre de la mancha en espagnol à Madrid, etc. Si l'adaptation est bonne, pourquoi bouder le plaisir. Personne ne regrette Le roi Lion (3 saisons) en français!!! Alors pour ceux qui n'aiment pas ces productions, il reste le Chatelet, en anglais, avec des chanteurs d'opéra et grand orchestre. Ce sont des classiques, avec des billets très chers. Pas vraiment pour la population populaire, il faut voir le public majotritairement plus de 60 ans. Reste le cas des CM française, les trucs au Palais des sports sur bande magnétique avec des pseudo décors, danseurs, chanteurs. J'avoue avoir fait mourir de rire des américains avec Autant en emporte le vent (ils m'ont eux fait pleurer avec le génial Next to normal) Pour finir, il y a quand même un Musical français à la base, traduit dans beaucoup de langues et qui semble pas dans ce sens poser de problèmes : Les Misérables. Et bien moi si, car j'ai vu la version anglaise et le "My name is Jean Valjean..." c'est...
  6. Chris
    Les comédies musicales au Chatelet en anglais ne sont pas moins chers que celles de Mogador (la place la plus chere reste autour de 100 euros) et pour avoir vu plusieurs fois les Misérables au Chatelet, le public etait en majorité inférieur à 60 ans. Je dirais en moyenne 40 ans, très familial, de tout milieu, pas du tout snob ou en costume cravate. Il y'avait de tout. Pour ma part je prefère 1000 fois la version anglo saxonne des Misérables à celle française mais ça serait avec un énorme plaisir que j'aimerais revoir les Misérables en Français.
  7. J'apporte mon point de vue à ce qui est dit plus haut : Personnellement, je ne remets pas en cause la traduction, mais sa qualité. "Mamma Mia " n'a pas été bien traduit à mon sens. Rajoutez à cela la frustration de connaitre les chansons d'Abba, les critiques naissent forcément. De plus, les prix sont les plus élevés pour ce spectacle, par rapport aux autres productions de "Mamma mia". De manière générale, les places pour les spectacles musicaux et pour le théâtre ne sont pas très chères par rapport à d'autres pays. Le Chatelet n'est pas élitiste contrairement à l'Opéra, le Théatre de Paris ou l'Odéon. Il a une programmation de Classique, Jazz et Theatre musical très intéressant et très accessible. Il y a du public haut en couleur, mais pas uniquement. Et au niveau tarif, il existe le Pigeonnier qui est toujours accessible pour moins de 15 €. Enfin, petit truc pour les - de 28 ans et les + de 60: Orchestre à 20 € en se présentant le soir même une heure et demie avant le lever de rideau. J'ai vu les Miz', Show Boat et My Fair Lady ainsi. Et pour les autres, les places sont bradées aussi dans ses conditions...
  8. Samuel Sebban
    En ce qui me concerne, pour contrebalancer les avis de frapif et de Wahrheit, j'ai globalement apprécié l'adaptation de "Mamma Mia!". Je vais même plus loin : pour moi, Nicolas Nebot a réussi un vrai tour de force sur la plupart des chansons, parce que c'était loin d'être gagné. Certes, quelques maladresses demeurent, mais beaucoup de gens ont reproché à cette version de ne pas être une traduction littérale... Une adaptation n'est pas faite pour être 100% fidèle à l'original. Je suis plus dubitatif sur l'adaptation du livret, mais le succès de "Mamma Mia!" prouve que la plupart des spectateurs ressortent contents !<br> NB : Par ailleurs, Warheit, les paroles sont "Si on me rendait la monnaie, j'suis pas millionnaire", ce qui, d'un coup, fait sens. Peut-être que le soir où vous avez vu le spectacle, vous avez mal entendu, ou bien que l'articulation de Claire Guyot n'était pas au top, ce qui peut arriver...
  9. Mimi
    Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié cette version de Mamma Mia! en français. Si les gens veulent écouter du ABBA, qu'ils achètent un best of! Mamma Mia! est une comédie musicale, et le fait que les chansons soient en français apporte une fluidité et une compréhension facilitée de l'histoire. Mais le plus important est je pense la qualité de la traduction, car celle-ci doit à la fois servir l'histoire et ne pas dénaturer la version originale. Ce que j'ai trouvé plutôt réussi dans la version dont il est ici question. Les gens qui protestent contre cette version française doivent, je suppose, n'aller voir les films américains qu'en VO et ne lire Harry Potter qu'en anglais bien sûr! Bref j'irai voir Hairspray, en français, et ai hâte d'y être!
  10. Valkor
    Je pense que le "problème" pour Mamma Mia, c'est justement le fait que les chansons de ABBA sont ultra connues, et que pas mal de gens vont voir le musical en étant fan de ABBA et qu'ils sont choqués de voir les chansons qu'ils connaissent et fredonnent depuis des des décennies "dénaturées". Pour le Roi Lion, la question ne s'est même pas posé, car Disney avait déjà traduit les chansons dans la VF du film, comme il le fait toujours. Donc le public français connaissait plus les versions françaises des chansons que la VO. Perso, j'ai vu Mamma Mia à Mogador début février, et si j'avais quelques appréhensions quant à la traduction, au final ça passe plutôt bien, on suit l'histoire plus qu'on fait du karaoké mental sur les chansons. Ceci dit je ne suis pas "fan" de ABBA. Sinon, je reviens d'un week-end à Londres où j'ai vu Billy Elliot et Wicked. Pour Wicked, si un jour il se fait en France, je pense que la traduction par exemple ne posera pas problème, car contrairement au monde anglo-saxon, et à moins d'être fan de Ugly Betty ou Glee, Defying Gravity par exemple est quasi inconnu chez nous.
  11. Thomas
    Peut-être que le public qui sort content n'est pas habitué au comedie musicale anglaise. Je ne parle de Mamma Mia que apres écOute du cd, visions de vidéos et critique de ma meilleure amie. Les traductions sont lamentables. Et je parle en tant que traducteurs pour mon atelier comedie musicale. Et tout comme pour le roi lion, on est loin de la version originale : "I Have A Dream" devrait être "Je Fais Un Reve" au lieu de "Je garde un reve" qui en plus est dur à chanter et le g- est pas beau en attaque. Et le spectacle en est plein, il est aussi plein de j'suis, j'peux, il aurait fallu trouver autre chose. Enfin, l'idée de garder des mots anglais était une mauvaise idée: "Honey, Honey", pourquoi? "Chéri, Chéri" c'était possible... Ils ont voulu traduire les chansons, il fallait oser jusqu'au bout. "Dancing Queen" pas possible non plus, sachant que en français, il y a une connotation homosexuel. Donc il fallait trouver autre chose. Comme "Super Trouper" qui est un modèle de Poursuite (projecteur qui suit l'artiste sur scène) alors oui c'était dur à traduire, mais c'est une adaptation. Etant grand grand fan de Comédie Musicale anglosaxonne, je ne suis jamais fermé à l'arrivée d'une comédie musicale en Français. Maintenant deux choses me font peur à chaque fois : la traduction (ratée sur le roi lion et Mamma mia) et la qualité des acteurs (vraiment pas bien dans Mamma Mia). Le probleme c'est qu'en France nous n'avons pas de personne capable de tenir des performances comme ça, la majorité des acteurs de Mamma Mia font boulevard, alors que la pièce n'étant pas déjà la plus profonde qu'il soit, il faut un cast impécable avec beaucoup de subtilité. Voila pourquoi les tournées sont plus interessante à mon gout, car tout est réuni, les acteurs sont globalement très bon, les voix sont bien mieux, et on est pas déçu des traductions. Mon avis n'est pas définitif, je rêve d'avoir Londres ou Broadway à Paris mais pour ça il faut changer de traducteur et vite et mieux choisir son cast (doit on rappeler que le cast des 25ans des Misérables au Chatelet, jouait TOUS les soirs mardi, mercredi, jeudi, vendredi, 2 fois samedi et 2 fois dimanche. Role titre comme compagnie, et pour l'avoir vu 6 fois, ils étaient toujours parfait). Et surtout il va falloir que Stage change rapidemment de registre, car Mamma Mia c'est léger et fun mais ce n'est pas de la comédie musicale pure. A quand Wicked, Les Mis, Martin Guerre, Next To Normal, Billy. Mais le probleme des acteurs est un barrière sure.
  12. Vincent
    Je viens de voir Hairspray au Casino de Paris et je suis partagé entre colère et incompréhension... Mais comment peut-on arriver à un niveau aussi bas, et se retrouver dans une salle aussi prestigieuse que le Casino de Paris! Ils ont réussi à ringardiser au maximum ce Musical qui est à l'origine fabuleux. J'avais l'impression d'être à un spectacle de fin d'année, dans une Kermesse, avec des gens ne sachant pas jouer la comédie, et ne sachant à peine mieux chanter, avec des blacks qui ne savent même pas jouer les blacks, en en faisant des tonnes! Un décor qu'une équipe de prison aurait pu faire mieux.(et ne me dites pas que c'est voulu, la version de Londres, est faite aussi de carton, et c'est pourtant cent fois mieux, avec beaucoup plus de changement de décors et beaucoup plus d'accessoires). E je tiens à dire que mon problème n'est pas que ce soit une version française , Mamma Mia est très bien fait, mais. Subir un "spectacle" pareil était vraiment difficile tant visuel q'auditif... Heureusement que nous avons le Châtelet pour nous donner de vrai Comédies Musicales.
  13. Anonyme
    C est dingue ce que vous dite quand meme .... Vous etes traducteur , pour comédie musicale ... en atelier.... on a du mal a le croire ..... la traduction se fait dans une optique de s accorder a l histoire ... Je fais un reve et totalement faux comme traduction !!! "je garde un reve reste tres proche de ce que la protagoniste désire ... d autant plus que pour le chant le é de fait est trop fermé par rapport a un "a" qui est beaucoup plus clair et sonne mieux!!!!! Ensuite je trouve ca tres bien de garder certaines expressions qu on ne peut traduire ... et ca donne des reperes musicaux. (vos suggestions sont pour moi beaucoup trop simplistes et ne s inscrivent pas dans un vrai travail d adaptation!!!) Savez vous que plusieurs comediens de mamma mia ont joué dans les miserables ??? la version originale ??? Savez vous que c est l equipe anglaise elle meme , qui ont auditionné les artistes??? Savez vous que les traductions des musiques se font avec l accord de Blorn Ulvaeus ??? Quant au roi lion je voudrais savoir en quoi la traduction et l adaptation etaient ratées??? Savez qu une adaptation est le fait d adapter... dans ce cas il s agit " d adapter" a un pays donné.... ce qui comprend tous les us et coutumes du pays ..... Ensuite il n y a pas de barriere concernant les acteurs , en France il y a de tres bons acteurs comediens chanteurs!!!! A savoir que le comedie musicale n est pas un repertoire Francais et donc effectivement ca demande un temps d adaptation et un certain savoir faire... une production francaise ne peut se faire sans l aide de metteur en scene qui ont de l experience dans ce domaine .... ( en ce qui concerne MammaMia , le roi lion et cabaret , les equipes anglaises etaient toujours presentes ...) En ce qui concerne le choix des comedies musicales , d abord mamma mia est une vraie comedie musicale "pure" qui dure a londres et new york!!! ensuite stage en a produite 3 , tres differentes , n oubliez pas cabaret ...et ensuite stage ne peut pas produire toutes comedies musicales du west end ... je pense que vos critiques ne prennent pas en compte tous les parametres et finalement vous n etes que trop peu ou mal renseigné et fermé sur vous meme..... ouvrez vous et peut etre vous apprecierez le travail francais ..............
  14. Mickaël Viguier
    Pour avoir joué dans LE ROI LION je peux dire que plusieurs fois on nous a fait le reproche de la traduction qui n'était pas conforme à celle du dessin-animé. Ce qui corroborerait peut-être que le public vient plus pour une histoire qu'il connait déjà avec des chansons qu'il connait aussi plutôt que pour découvrir une histoire et oublier un peu ce qu'il sait des chansons et de l'histoire. Difficile de se laisser aller à la découverte !
  15. Curalab
    Comment peut-on dire de telles choses sur les artistes français ! Je pourrais te faire une liste de gens capables de jouer, chanter et danser comme n'importe quel anglo-saxon : la preuve c'est qu'ils s'exportent très bien. En ce moment Mathieu Boldron, Jee-L, Valérie Louri, Amélie Döbler et j'en passe sont sur scène à l'étranger pour interpréter des tas de rôles différents dans des spectacles très connus ("Le bal des vampires", "Le roi lion"...). Connais-tu des artistes comme Vanessa Cailhol, Stéphane Métro, Mickaël Viguier, Aurore Delplace, Amélie Munier...Ils ont un talent immense et grâce à eux j'ai vécu de grands moments d'émotion sur scène ! Nous n'avons aucun complexe à avoir par rapport aux autres pays : "Le roi lion" français était aussi bien que celui de Londres, "Les misérables" à Lausanne était un spectacle aussi intense que la version de Londres. Assez de snobisme ! Il y a des tas de gens qui ne parlent pas anglais et leur faire découvrir un spectacle populaire (au sens noble du terme) en français est louable. Merci Mr Laporte et merci aux autres de s'atteler à cette tâche.

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