Compte-Rendu : "Cabaret" en répétitions au Théâtre Mogador

Compte-Rendu : "Cabaret", en répétitions au Théâtre MogadorVendredi dernier, Stage Entertainment présentait à la presse l'avancée des répétitions en vue de la réouverture du Kit Kat Club, programmée à partir du 6 octobre 2011 au Théâtre Marigny à Paris.
Si la version française de Cabaret reste inchangée, c'était l'occasion de découvrir les nouvelles recrues, dont une tout particulièrement attendue en la personne d'Emmanuel Moire, intronisé maître de cérémonie. Retour sur une matinée pour le moins intense au Théâtre Mogador...

[ Cliquez ici pour retrouver notre critique de Cabaret au Théâtre Marigny ]

Willkommen, Bienvenue, Welcome

L'ensemble de la troupe de Cabaret – et leurs instruments – a fait le déplacement en ce vendredi matin, en compagnie de l'équipe créative reconstituée. Frédéric Baptiste, metteur en scène résident du spectacle, commence par introduire BT McNicholl, le metteur en scène délégué. Arrivé tout droit des États-Unis (il faisait partie de l'équipe créative de la version de 1998 à Broadway par Rob Marshall et Sam Mendes), il avait déjà travaillé sur la création de Cabaret aux Folies Bergère en 2006, sous la direction de Sam Mendes lui-même, tout comme son homologue français.
Après avoir souligné sa satisfaction de revenir avec ce spectacle à Paris, BT McNicholl nous a souhaité la bienvenue en nous proposant le titre d'ouverture, "Willkommen", interprété par le nouveau Emcee Emmanuel Moire. La première impression est plutôt bonne, et la mécanique semble déjà parfaitement huilé.

Emmanuel Moire et la troupe de "Cabaret" interprètent "Willkommen".

La troupe a directement enchaîne avec la première scène de théâtre, qui voit, dans un train en direction de Berlin, la rencontre fortuite entre l'américain Cliff Bradshaw (Geoffroy Guerrier) et l'allemand Ernst Ludwig (Patrick Mazet). Cette mise en bouche nous démontre une chose : les artistes sont heureux de revenir sur Cabaret, et l'énergie du spectacle est intacte.
Par la suite, ce sont Catherine Arditi (Fräulein Schneider) et Pierre Reggiani (Herr Schultz) qui nous ont interprété "Un ananas", un séquence incongrue mais touchante. On retiendra en particulier les progrès considérables de Catherine Arditi sur le plan vocal, balayant au passage le principal point négatif du spectacle lors de sa création.

Claire Pérot toujours aussi exceptionnelle

BT McNicholl a ensuite rappelé à l'assistance que Cabaret a été le premier musical dans lequel on a demandé aux comédiens-chanteurs de jouer d'un instrument. Patrick Vaccariello, superviseur musical qui a participé à la reprise de Broadway en 1998, ajoute que la troupe a été constituée à l'origine en prenant en compte la spécificité de chaque artiste en fonction de ses capacités. Avec les nouveaux venus, il a donc fallu créer une nouvelle osmose cohérente, qui fait d'ailleurs la spécificité de la version française. Après ces explications, Claire Pérot (Sally Bowles), accompagnée des Cabaret girls, nous a gratifié d'un "Mein Herr" toujours aussi ébourrifant, dans lequel toute la colère du personnage s'exprime dans un tourbillon effrené. Nos rythmes cardiaques s'accélèrent d'un coup...

Claire Pérot et les Cabaret girls interprètent "Mein herr".

Herr Schulz et Fräulein Schneider nous interprètent alors "Mariés", un tableau magnifiquement chorégraphié par Rob Marshall. Rendez-vous compte : les artistes n'ont que des bribes de costumes, le décor n'est constitué que de trois fausses portes, et pourtant, la magie opère. L'assistante chorégraphe Jennifer Werner nous explique que Rob Marshall "parvient à capter la dramaturgie de ce qui se passe sur scène. Les chorégraphies sont pensées pour des acteurs." En effet, dans la séquence présentée, au quotidien des deux personnages vient s'entremêler la vie décalée et décadente du club.

Emmanuel Moire, la bonne surprise

Emmanuel Moire a ensuite proposé une version plutôt convaincante de "Je m'en fous", une chanson qui marque une transition dans de récit de Cabaret. Quoi qu'encore quelque peu académique - ce qui est compréhensible après seulement trois semaines de répétitions - la prestation très attendue du nouveau Emcee rassure quant à sa capacité à assumer un rôle aussi lourd. Présence, regard, émotion : que les sceptiques se rassurent, l'artiste sera fin prêt pour l'ouverture du Kit Kat Club début octobre !

Claire Pérot a clôturé la matinée avec "Cabaret", une chanson dure, tant sur le plan émotionnel que technique. Fidèle à sa réputation, la jeune femme a époustouflé l'assistance, pour terminer émue aux larmes, allant même jusqu'à briser le micro d'époque factice qui lui servait d'accessoire. Il lui a fallu quelques minutes pour reprendre ses esprits, sous les applaudissements nourris et chaleureux de l'assistance, évidemment sous le charme devant tant de talent. Il a fallu toute la gouaille de Pierre Lescure, directeur du Théâtre Marigny, pour faire ralentir les coeurs et détendre les visages, encore sous le coup de l'émotion.

L'équipe du musical "Cabaret" réunit autour d'un gâteau pour célébrer une fois de plus le retour du spectacle à Paris.

Laurent Bentata, représentant Stage Entertainment pour l'occasion, a finalement présenté le désormais traditionnel gâteau qu'artistes et journalistes ont pu partager. Si 2006 semble loin, le 9 septembre 2011 nous aura rappelé une chose : Cabaret est un musical à part, constituant de loin la plus belle adaptation française de ces dix dernières années.
Si vous ne vous êtes pas encore laissés emporter dans le tourbillon du Kit Kat Club, Stage Entertainment vous offre une deuxième chance à saisir d'urgence à partir du 6 octobre au Théâtre Marigny, et en tournée dans toute la France.


Cabaret, de Joe Masteroff, John Kander et Fred Ebb

A partir du 6 octobre 2011 au Théâtre Marigny
Du mardi au vendredi à 20h30
Le samedi à 16h30 et 21h
Le dimanche à 16h30

Théâtre Marigny, Carré Marigny, 75008 Paris

Adaptation française : Jacques Collard et Éric Taraud ; Costumes : Emmylou Latour ; Mise en scène : Sam Mendes ; Chorégraphie : Rob Marshall.

Avec Emmanuel Moire (Emcee), Claire Perot (Sally Bowles), Geoffroy Guerrier (Cliff Bradshaw), Patrick Mazet (Ernst Ludwig), Catherine Arditi (Fraulein Schneider), Pierre Reggiani (Herr Schultz), Delphine Grandsart (Fraulein Kost). Doublures : Patrice Bouret (Herr Schultz) et Jocelyne Sand (Fraulein Schneider).

Ensemble : Catherine Arondel, Joseph Emmanuel Biscardi, Vanessa Cailhol, Pia Lustenberger, Franck Mignat, Amélie Munier, Tristan Robin, Audrey Senesse.

Swings : Camille Artichaut, Adrien Biry, Julie Galopin, Pierre Lamiraud, Lionel Losada, Marie Laure Ravau.

Commentaires

Poster un nouveau commentaire

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous êtes un lecteur afin d'empêcher l'envoi de messages indésirables automatiques (spams).
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères affichés dans l'image ci-dessus, sans espace.