Interview : Nicolas Nebot et Dominique Mattei parlent de “Jules Verne” (Partie 2)

Voici la seconde partie de l'interview que nous avons réalisée auprès de Nicolas Nebot et Dominique Mattei (Dumè). Ici, les auteurs nous parlents des chansons, de la production, et Dumè revient sur son abandon du Bal des Vampires.

Musical Avenue : Vous avez dévoilé quelques extraits sur la page Facebook du spectacle... L'album est-il déjà enregistré ?

Dominique Mattei : Oui, on fait les derniers mixes ce soir.

Nicolas Nebot : On a hâte de le faire écouter. Après ce n'est pas parce qu'on fait un album avant, qu'on fait ça "à la française". Je vais prendre un exemple, c'est Alan Menken, qui fait des albums avant. Il l'a fait pour Leap of Faith par exemple, qui n'a pas été un grand succès, mais l'album faisait partie du processus de création. Il l'a fait aussi pour Newsies ; La Belle et la Bête. En fait, on a fait l'album avant, parce que ça nous permettait de gagner du temps de répétitions avec les artistes. On s'est dit : "on doit faire répéter les chansons aux artistes, pourquoi ne pas cumuler les deux ?". Donc on a profité de ces répétitions musique avec les artistes pour enregistrer l'album, et ça nous permet surtout d'avoir l'album prêt dans les bacs du théâtre, le jour de la première.

Musical Avenue : Ça veut dire qu'à partir de maintenant les chansons ne bougent plus ?

D.M : Pas forcément. Une chanson qui ressort sur un album, sans le visuel qui l'accompagne, dès fois on peut la rendre, par exemple, un petit peu plus courte...

N.N : Le texte peut changer.

D.M : Il se peut pendant une chanson, qu'on continue à faire jouer la musique pendant qu'il y a un dialogue, et on reprend la chanson. Ce n'est pas gravé dans le marbre, ça peut complètement bouger. Les chansons, évidemment, seront les mêmes sur le CD que sur le spectacle. Mais elles pourront tout à fait bouger.
 

Dominique Mattei

 

Musical Avenue : Le spectacle se jouera à la rentrée au Théâtre Mogador. Est-ce que vous l'avez proposé à Stage Entertainment ?

N.B. : On l'a proposé à Stage (Entertainment) bien sûr, mais ils ne font pas de créations, en tous cas pas pour le moment. Stage nous a dit que c'était un projet qui pouvait les intéresser et que quoiqu'il arrive ''on veut que vous jouiez à Mogador''. On a Stage, même si c'est un partenaire dormant, en tous cas Stage est avec nous, puisqu'on joue avec eux, chez eux et en partenariat, on peut dire. La production c'est une société qui s'appelle "Dream Factory", qui est une nouvelle structure et la production exécutive est assurée par "Vantage Prod", de Dinh Ngo, qui est un producteur qui a fait beaucoup de projets. Son dernier en date, c'est un succès : Dirty Dancing. Sinon il a fait des comédies musicales à la françaises comme Cléôpatre, mais aussi beaucoup d'artistes dont Johnny Hallyday, Christophe Maé... C'est un passionné de spectacles de Broadway, et quand on lui en a parlé il a été séduit par l'histoire et les musiques, donc il a décidé de nous suivre dans l'aventure.

Musical Avenue : Est ce qu'une tournée ou des prolongations sont déjà prévues ?

N.N : Ça dépendra du succès. On a ouvert les réservations jusqu'au 25 novembre mais on a prévu de jouer toute l'année.

D.M : Si tout est O.K., on a prévu 121 shows dans la saison, ce n'est quand même pas rien.

N.N : Et après si ça a marché, on fera peut être une année 2 à Mogador, en fonction de la programmation ou une tournée, ce qui est possible. On a une scénographie qui est superbe, qui a été crée par Laura Leonard, et qui peut tourner.

Musical Avenue : Ce serait plutôt dans des zéniths ou dans des théâtres ?

N.N : On ne sait pas encore. Au niveau des décors c'est très adaptable... Je ne peux pas vous répondre maintenant. Ca dépend de tellement de facteurs, qui nous échappent, nous, auteurs.

D.M : Je pense déjà que, avant de penser à ça, il faut assurer Mogador. Certes c'est notre premier projet, on ne s'attaque pas non plus à n'importe quel théâtre. Le Théâtre Mogador, c'est une salle de 1600 places, c'est un théâtre où on a l'habitude de voir de belles comédies musicales, avec de gros budget... Même quand je parle aux gens, dès que je leurs dis ''Mogador'', ils me disent ''Oh ouais, c'est une marque Mogador, tout ce que j'ai vu là bas c'était toujours beau !'' Qu'on aime, ou qu'on n'aime pas un sujet, ou qu'on n'aime pas tel chanson, mais ça reste des spectacles de qualité.

N.N : Et nous on s'inscrit là-dedans, c'est-à-dire qu'on a une production qui va pas faire un spectacle au rabais, j'espère qu'on aura un spectacle du standing de Mogador.

Musical Avenue : Est ce que vous espériez, quand vous avez commencé à écrire ce spectacle, d'avoir autant de moyens pour le produire ?

Nicolas NebotN.N : On espère toujours beaucoup quand on écrit, mais effectivement les moyens qu'on a aujourd'hui sont à la hauteur de nos éspérances. On est ravi de la façon dont se passent les choses, on est ravi de l'équipe créative, on est ravi de travailler avec Rabah (Aliouane), avec Marc Forno à la chorégraphie et associé à la mise en scène, qui est quelqu'un qui fourmille d'idées, plus géniales les unes que les autres. Et on a un casting en or, on a eu tous ceux qu'on voulait. Pour l'instant tout se passe bien.

D.M : Je pense que le plus important c'est de faire un bon show, qu'à la première on soit content, qu'on ait donné le maximum. Après c'est le public qui décide.

Musical Avenue : Une dernière question, qui n'a pas vraiment de rapport avec Jules Verne... Dumè, l'un des articles les plus lus de l'année dernière sur notre site fut ton abandon du Bal des Vampires. Est-ce que tu veux revenir dessus ?

D.M : L'abandon du Bal, c'est juste que je me suis blessé au dos. J'ai déjà eu des problèmes avant... J'ai même été opéré. Je me suis blessé pendant l'été ; j'étais extrêmement fatigué. Je pense que j'étais surtout très fatigué après Robin des Bois. Sortir de 206 shows en huit mois, c'est juste monstrueux. Pendant Robin des Bois, je faisais des acrobaties et d'autres choses qui ne sont pas vraiment données à faire à des chanteurs, surtout à cinq mètres de haut, avec des vraies épées... C'est tout un stress qu'on a constamment pendant le show.

N.N : En fait, juste avant Robin des Bois, il s'était fait opérer d'une hernie discale.

D.M : Oui, on m'a mis une prothèse, ce qui n'est quand même pas rien. Et quand on a commencé Robin des Bois, je me souviens pendant les répétitions, je serrais les dents comme un malade. Enfin ça c'est fait, j'ai réussi à faire mes shows et je me suis blessé en un début d'été en faisant du sport, c'était ridicule. Je crois qu'en fait c'était surtout un tout. J'étais très fatigué, et ça c'est fait comme ça. Après je me dis que c'est pas dramatique, ça a été un super show. Stéphane Metro, qui m'a remplacé, a quand même vachement assuré. Voilà, je me dis juste que c'est la vie et que ça ne m'empêchera pas de remonter sur scène parce que là, je fais un spectacle en temps que compositeur, mais je suis aussi chanteur à côté. Donc, je me dis qu'il faut faire confiance en son destin. Ce sont des choses qui arrivent, j'ai été déçu... Puis je me suis remis au travail. Et avec la préparation de Jules Verne je n'ai pas eu le temps de chômer.

Crédit photos: Julien Vachon pour Musical Avenue


Le Voyage Extraordinaire de Jules Verne,  de Dominique Mattei et Nicolas Nebot

A partir du 17 octobre 2015
Au Théâtre Mogador

Livret, paroles et direction artistique : Nicolas Nebot ; Musique : Dominique Mattei ; Mise en scène et direction de casting : Rabah Aliouane ; Chorégraphie : Marc Forno ; Scénographie : Laura Léonard ; Costumes : Sami Bedioui ; Marionnettes : Einat Landais

Avec : Joseph-Emmanuel Biscardi, David Eguren, Quentin Thébault, Alyzée Lalande, Julien Loko, Dan Menasche, Michel Lerousseau, Solèn Shawen, MTatiana, Manon Taris, Marina Pangos, Lucile Bourdon, Clémence Bouvier, Andros, Sébastien Valter 

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