Compte-rendu : les rappels d’auditions théâtre de “Madiba, le musical”

Mardi dernier se tenaient les rappels d’auditions pour Madiba le musical, dans l’enceinte de l’AICOM (Académie Internationale de Comédie Musicale). Voici un compte-rendu sur ces quelques heures vécues en immersion.

 
En ce début d’après-midi, après une courte pause déjeuner, la salle Maria Callas de l’AICOM se remplit peu à peu de la cinquantaine d’artistes rappelés. Chacun avec sa tablette, téléphone, ordinateur ou même sur papier, révise une dernière fois le texte qui lui a été donné. Car ce matin, ils ont eu l’épreuve des harmonies, mais c’est le théâtre qui est au programme des prochaines heures. Pierre-Yves Duchesne, le metteur en scène du spectacle, fait un discours aux comédiens-chanteurs présents, et explique que dans Madiba le musical, il y a beaucoup de scènes jouées et il faut qu’ils soient  "sincères et justes". Et c’est avec un léger retard que commence cette deuxième partie du callback, la tension monte, aussi bien du côté des artistes que du côté de l’équipe créative. A la fin de la journée il leur faudra faire un choix, et trouver leur troupe pour porter l’histoire de Nelson Mandela.
Pierre-Yves Duchesne, qui dirige cette partie des auditions, choisit de commencer par une scène entre les personnages de Sam, le révolutionnaire, et Will, l’artiste romantique, tous deux noirs. Il demande alors à l’assemblée assise à même le sol, qu’un duo potentiel se lève. La tension est de plus en plus palpable. Des regards se croisent, jusqu’à ce que deux hommes avancent d’un pas un peu timide. Alicia Sebrien, auteure du livret, et Pierre-Yves Duchesne installent la situation de la scène et expliquent quelques détails sur les intentions des personnages, tout en précisant qu’ "ils n’ont pas d’idées préconçues des personnages qu’ils veulent voir". C’est avec un peu d’appréhension que se lance ce premier duo. Après des applaudissements, et de nouveaux conseils, presque paternels, le même extrait est rejoué par un nouveau couple.
 
 
La scène suivante est un échange entre Elena, la fille d’un policier blanc, et Will. Alors qu’une Elena prend son courage à deux mains et se lève, aucun Will ne se manifeste.
Le petit malaise passé, Pierre- Yves Duchesne encourage donc les hommes auditionnant pour Will à donner la réplique à chaque Elena en lecture, avec le texte sous les yeux : "Plus on vous verra, mieux ce sera". Au cours de l’extrait, la première Elena va avec conviction voler un baiser à son Will. La salle se fige puis des rires nerveux se font entendre. Le calme revient à l’appel du metteur en scène, et la tension avec. Les six comédiennes-chanteuses blanches passent les unes après les autres, avec un Will différent. Quelques différences de tailles rendent le baiser plus ou moins facile à avoir ! Ce qui aide aussi sûrement l’équipe créative à choisir un couple.

 
Arrive enfin le personnage de Nelson Mandela. Au cours d’un extrait entre le narrateur et Madiba, chacun dans une "temporalité différente" explique le metteur en scène. Un premier duo se lève et récite le texte, le connaissant plus ou moins par cœur. D’un simple mot "texte", quelqu’un donne les premiers mots de la prochaine réplique, sans aucun jugement quant à l’oubli du texte. Au monologue du personnage de Madiba, Pierre-Yves Duchesne est comme transporté par les paroles. A la fin, il explique que c’est le discours de Mandela lui-même. Alors qu’il appelle un autre narrateur, et un autre Mandela, aucun des hommes jouant le héros sud-africain n’ose se lever… Il fait alors une blague, en proposant tout de suite un contrat au comédien ayant auditionné pour le rôle s’il est le seul !
Les deux autres Nelson Mandela potentiels se lèvent alors. Et Pierre-Yves Duchesne a envie de faire autrement. Il demande alors aux trois hommes auditionnant pour Nelson se mettre côte à côte, et de déclamer le discours en se le partageant sans se voir. Un exercice compliqué, qui va être corsé par une nouvelle demande du metteur en scène : réciter la dernière phrase en chœur. Après quatre essais, les trois potentiels Nelson Mandela disent "Le soleil ne se couchera jamais sur une réussite humaine si glorieuse" d’une seule voix.
 
La scène suivante raconte les retrouvailles d’Eléna et son père, Peter. Ce dernier prend peu à peu conscience du mal qu’il a pu faire, en tant que policier blanc, au peuple sud-africain. Une scène riche en émotion, surtout de la façon dont elle jouée par le premier candidat. Une prestation tellement sincère et prenante, qu’elle humidifie quelques yeux dans la salle. Pas facile de se porter volontaire pour passer après. Mais il le faut, et les duos, avec différentes dynamiques se suivent mais ne se ressemblent pas.

 

Le dernier personnage à être auditionné est Sandy, sœur de Will. Les neuf jeunes femmes déclameront la tirade demandée, les unes après les autres, tantôt énervées, tristes, émotives, calmes mais toutes réalistes de leur sort face aux blancs. Autant d’interprétations possibles pour ce monologue au goût de soulèvement.
 
Au moment de son discours pour clôturer ces rappels de théâtre, Pierre-Yves Duchesne passe une dernière fois son regard sur l’assemblée et découvre un visage qu’il n’a pas vu sur le devant de la scène. Ce jeune homme auditionnant pour le rôle de Sam, va être en fait la dernière audition. Il joue une scène de dialogues entre Sam et Sandy.
 
Après les premières phrases, le Sam potentiel prononce mal le mot "autochtone", ce qui déclenche des éclats de rires dans la salle, et une petite blague de Pierre-Yves Duchesne.  Quelques secondes pour se reconcentrer, et la scène continue. Malheureusement, au prochain regard entre Sam et Sandy, les deux comédiens-chanteurs sont pris d’un fou rire. Celui-ci ne passe pas aussi bien que le précédent auprès du metteur en scène qui hausse le ton pour calmer et recentrer les deux candidats.

L’équipe créative offre alors une pause aux artistes avant la prise de photo des lignes. Pendant cette pause, Pierre-Yves Duchesne, Alicia Sebrien, Stéphane Métro et le reste des créateurs, débrieferont un peu ce dernier rappel. Au retour de la pause, sous la direction de Pierre-Yves Duchesne, les différentes équipes artistiques possibles sont installées en ligne. Cette étape, prise en photo, permet de voir ce que rendent les gabarits des personnages ensemble.

En plus, le directeur vocal Stéphane Métro demande aux lignes de chanter en harmonie un extrait que les artistes avaient travaillé le matin même, pour avoir le rendu sonore des voix ensemble. Beaucoup de combinaisons sont alors essayées.
 
 
Pour s’assurer de l’harmonie visuelle des différents duos, des photos sont également prises de narrateur et Mandela, père et fille, frère et sœur, policiers… 
 
   
 
Puis, pour la dernière étape avant les auditions de danse, tous les candidats pour un personnage sont mis en ligne. Ils doivent alors chanter un extrait de la chanson apprise ce matin. D’abord les uns après les autres, puis en chœur. Pierre-Yves Duchesne va même jusqu’à leur demander d’atteindre la note la plus difficile de chaque personnage. Et les comparaisons commencent à se faire dans la tête de chacun.     

 

C’est sur cette note que les rappels d’auditions de théâtre se concluent. 
Bien que nous ayions une petite idée derrière la tête pour notre casting idéal, attendons de connaître les heureux comédiens-chanteurs de Madiba choisis par l’équipe créative.
 

Madiba, le musical, de Jean-Pierre Hadida et Alicia Sebrien

A partir du 21 janvier 2016
Au théâtre Comédia

Reservations au théâtre et points de vente habituels

Mise en scène : Pierre-Yves Duchesne ; Direction vocale : Stéphane Métro ; Chorégraphies : Johan Nus ; Direction musicale : Kevin Jubert : Livret : Alicia Sebrien et Jean-Pierre Hadida

1 réponse

  1. Anonyme
    Je comprends mieux pourquoi Monsieur P Y Duchesne n'était pas présent sur la scène de Mogador mardi dernier!!! sinon petite question, je suis allé sur le site du musical, il y a déjà une distribution qui dit "déjà avoir enregistré" une version studio du musical, donc pour la scène le cast sera totalement différent?

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