Critique d’album : “Jésus – de Nazareth à Jérusalem”

En attendant le début des représentations au Palais des Sports de Paris en octobre prochain, la "fresque musicale" Jésus – de Nazareth à Jérusalem a dévoilé un premier album studio de 14 titres. Alors, état de grâce ou crise de foi ?

Après une présentation en grande pompe à la presse fin mars dernier, l'album du spectacle Jésus – de Nazareth à Jérusalem a fait son apparition dans les bacs le 16 juin 2017. Signée Pascal Obispo et Christophe Barratier (Les Choristes), cette "fresque musicale" se propose de retracer les trois dernières années de la vie de Jésus sur fond de mise en scène cinématographique aux allures de péplum hollywoodien. Un aperçu avait déjà été donné grâce aux clips des deux premiers singles, "La Bonne Nouvelle" et "Aimez-vous les uns les autres". Si visuellement on imagine sans peine que les promesses seront tenues, qu'en est-il des chansons du spectacle ?

Moïse versus Jésus

Porté par le chanteur libanais Mike Massy, qui incarne Jésus, Solal (Mozart, l'Opéra Rock ; Adam & Eve, la seconde chance) alias Ponce Pilate, Grégory Deck (Salut Les Copains ; Dracula, l'Amour plus fort que la mort), Olivier Blackstone et Crys Nammour qui se glisseront respectivement dans la peau de Jean, Pierre et Marie-Madeleine, et enfin par les ex-"The Voice" Anne Sila et Clément Verzi alias Marie et Judas, l'album comporte en tout 14 titres.

La musique est signée Pascal Obispo, qui avait déjà affûté ses armes avec Les Dix Commandements et Adam & Eve, la seconde chance, ici aux côtés des paroliers Pierre-Yves Lebert et Didier Golemanas. Indéniablement, on retrouve la patte d'Obispo sur des mélodies qui ne sont pas sans rappeler celles des Dix Commandements et qui font la part belle aux sonorités orientales et aux instruments traditionnels comme le oud. Autre similarité, la voix de Mike Massy dont les intonations sont parfois presque semblables à celles de Daniel Lévy, notamment sur le titre "Aimez-vous les uns les autres", sorte d'hymne à l'amour et à la tolérance qui fait d'ailleurs beaucoup penser à "L'Envie d'aimer".

Patchwork biblique

A l'écoute de l'album, les sentiments sont assez mitigés. Le fil narratif tient principalement en une accumulation des grandes étapes de la vie de Jésus telles qu'elles sont rapportées dans le Nouveau Testament : l'Annonciation, racontée par Marie/Anne Sila dans "La Bienheureuse", les 40 jours d'errance de Jésus dans le désert ("Danse Démon Danse"), la prêche de la bonne nouvelle par les apôtres ("La Bonne Nouvelle"), la Cène ("Aimez-vous les uns les autres") ou encore la crucifixion de Jésus ("L'Adieu"). Le tout donne une impression d'assemblage de moments comme autant de chapitres de la Bible, sans véritable transition. Seront-elles tout de même présentes sur scène, ou bien le spectacle ne sera-t-il qu'un enchaînement de chansons et d'instrumentaux comme à l'époque des Dix Commandements ? Pour l'instant rien n'est sûr, mais le terme de "fresque musicale" laisse entendre que la comédie devrait encore une fois être laissée de côté.

L'ensemble frôle parfois l'indigestion biblique, et certaines paroles assez simplistes sombrent facilement dans le pathos (« Tu es le mal, je te nomme ennemi », « C'est la triste ballade des pauvres pêcheurs de Tibériade », « C'est le pouvoir d'être aimé, rien ne peut lui résister »). La dernière chanson de l'album, "Un nouveau commencement", ne rattrape pas cette impression. Au contraire, malgré un message porteur d'amour et d'espoir, on se retrouve avec des premières notes qui résonnent comme un chant d'Église et le vague sentiment d'écouter davantage un chant des JMJ qu'un final de comédie musicale…

Des cordes et des voix

L'album de Jésus – de Nazareth à Jérusalem n'est pas non plus exempt de qualités. La plupart des titres de Mike Massy/Jésus sont assez efficaces (l'oriental "Danse Démon Danse" ou encore "Mon Père", aux envolées de voix et de cordes soignées). Certains morceaux sont également plutôt touchants voire poignants, à l'instar de la ballade "Toi qui nous as appris l'amour", une supplique amoureuse de Marie-Madeleine à Jésus qui met en valeur la voix douce et aérienne de Crys Nammour, ou encore "L'Adieu", troisième single de l'album interprété par une Anne Sila qui n'hésite pas à mettre toute sa puissance émotionnelle et les nuances de sa voix au service de son personnage, Marie, qui pleure la mort de son fils.

En bref, les fins connaisseurs du Nouveau Testament devraient trouver leur compte dans cet album qui relate les grandes étapes de la vie de Jésus sur fond de partition plutôt efficace et de production soignée. Pour les néophytes comme pour les adeptes de vraie comédie musicale, en revanche, il ne reste plus qu'à espérer que Jésus – de Nazareth à Jérusalem ne s'apparente pas sur scène à un chemin de croix… Verdict le 17 octobre prochain !

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Jésus – De Nazareth à Jérusalem, de Christophe Barratier et Pascal Obispo

À partir du 17 octobre 2017
Au Palais des Sports
34, Boulevard Brune - 75015 Paris

Puis en tournée du 27 janvier au 21 avril 2018
Album en vente depuis le 16 juin 2017

Mise en scène : Christophe Barratier ; Paroles : Didier Golemanas

Avec : Mike Massy, Anne Sila, Clément Verzi, Gregory Deck, Crys Mammour, Olivier Blackstone, Solal et Jeff Broussoux

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