Critique : “The Pianist of Willesden Lane” au Théâtre Sylvan Adams de Montréal

La nouvelle saison du Centre Segal commence fort avec un voyage musical teinté d'espoir et de résilience. En grande première montréalaise, The Pianist of Willesden Lane nous plonge dans l'histoire de survie de Lisa Jura, racontée par sa fille Mona Golabek. Une pièce touchante et inspirante qui prouve qu'une seule personne suffit parfois à habiter la scène.

Des cadres aux dorures travaillées qui prennent vie au fil des images qui y sont projetées, un piano de concert Steinway trônant fièrement au centre de la scène et une femme, toute vêtue de noir, avec une histoire à raconter. Celle de sa mère, Lisa Jura, jeune pianiste juive dont la destinée bascule un soir de 1938, à Vienne, quand ses parents font le choix difficile de lui donner leur seul passeport pour la liberté. Évacuée d'Angleterre grâce au Kindertransport, le "train des enfants" qui a sauvé la vie à des milliers de jeunes Européens, Lisa sera séparée de sa famille mais s'accrochera à sa musique, coûte que coûte.

The Pianist of Willesden Lane Mona Golabek

Conteuse captivante, Mona Golabek, elle-même pianiste de concert, nous raconte ce récit percutant, campant plusieurs personnages entre ses nombreux allers-retours au piano. Doucement et habilement, elle nous entraîne dans les souvenirs de sa mère, comme si on y était. De son arrivée en Angleterre où elle débute comme couturière dans un manoir de campagne à son audition pour entrer au Royal Academy of Music de Londres, la jeunesse de Lisa Jura est retracée par sa fille avec beaucoup d'émotion et de sincérité. 

Mona Golabek devient Lisa Jura pendant 90 minutes sans entracte, stimulant notre imaginaire pour redonner vie à cette jeune prodigue. Elle parvient aussi aisément à recréer l'ambiance des horreurs de la Kristallnacht et l'angoisse du Blitz, relatant ces moments douloureux en mots et en musique. Mention spéciale pour sa magnifique performance de "Clair de Lune" (Debussy), ponctuée par son récit.

Pièce à part, assez unique en son genre, The Pianist of Willesden Lane fait vivre à ses spectateurs un voyage musical et mémoriel. La musique a été salvatrice pour Lisa Jura ; rien d'étonnant, donc, à ce que cela soit à travers elle que cette histoire soit racontée. À ne pas rater jusqu'au 29 septembre prochain.

Crédit photo : HERSHEY FELDER PRESENTS 


The Pianist of Willesden Lane,  d'après le livre THE CHILDREN OF WILLESDEN LANE de Mona Golabek et Lee Cohen 

Du 8 au 29 septembre 2019 au Théâtre Sylvan Adams de Montréal

Une production de HERSHEY FELDER PRESENTS 

Adaptation et mise en scène : Hershey Felder ; Conception scénique : Hershey Felder & Trevor Hay ; Costumes : Jaclyn Maduff ; Éclairages : Jason Bieber ; Son / Directeur de production :  Erik Carstensen ; Projections : Andrew Wilder & Greg Sowizdrzal ; Vidéo : Lawrence Siefert ; Dramaturge : Cynthia Caywood ; Metteur en scène associé : Trevor Hay ; Régisseuse de production :  Kaitlin LaVella Kelly ; Régisseuse (Montréal) : Luciana Burcheri.

Avec : Mona Golabek

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