Critique : “Cats” au Théâtre Mogador

Attendu comme l’un des spectacles majeurs de la rentrée de la comédie musicale parisienne, Cats a officiellement ouvert au Théâtre Mogador le jeudi 1er octobre. Nous avons pu nous rendre à la présentation presse de ce spectacle de renommée mondiale.

Par une nuit de pleine lune, les Jellicle Cats se réunissent et nous entraînent dans un ballet envoûtant et divertissant à l’issu duquel l’un d’entre eux sera élu par le Grand Deutéronome pour connaître une nouvelle vie.
Inspiré d’un recueil de poèmes pour enfants de T.S. Eliot très populaire au Royaume-Uni, Andrew Lloyd Webber nous entraîne dans un univers onirique et félin pour nous présenter toute une galerie de chats des plus ronronnants au plus sauvages. Grand succès incontournable de la comédie musicale depuis sa création à Londres en 1981, Cats a remporté 7 Tony Awards et s’est joué dans plus de 300 villes et devant plus de 70 millions de spectateurs. Voici notre avis sur la version parisienne de ce spectacle.

Lorsqu’on pénètre à l’intérieur de la salle du Théâtre Mogador, on est tout de suite saisi par l’ampleur des décors qui débordent littéralement de la scène pour nous révéler une scène somptueuse teintée d’une lumière bleutée et qui fourmille de détails. Autour d’une voiture abandonnée, d’une taille imposante pour nous placer à la taille d’un chat, de vielles roues, des morceaux de ferraille, une balle de tennis ou encore un emballage de toblerone s’amoncellent. Une véritable attention a été apportée aux décors pour immerger le spectateur dans l’ambiance mystérieuse du bal des Jellicle Cats.

Puis la lumière baisse enfin et des chats commencent à surgir un peu partout dans la salle, de l’orchestre à la corbeille. Les artistes réitèreront à quelques reprises des sorties de scène pour aller directement au contact du public.
Le cast entame la première chanson pour nous présenter la raison du rassemblement de tous ces chats, puis les titres s’enchainent ensuite de manière fluide pendant plus de deux heures en alternant entre différents styles musicaux, du ballet au jazz en passant par du rap, et en alternant les solo et les numéros de troupe.

L’ensemble du cast est irréprochable vocalement, ce qui n’est pas toujours le cas des chorégraphies où l’on peut constater quelques petits décalages. Les numéros n’en restent pas moins éblouissants, servis par des costumes et un maquillage impeccables.

Parmi nos moments favoris, nous retenons tout d’abord la performance de Cédric Chupin interprétant Munskustrap, le maître de cérémonie de la soirée. Visuellement, le numéro qui nous a le plus ébloui est sans conteste celui du "Magistral Mister Mistoffelees" où l’on démarre dans le noir presque complet avec une simple lampe torche et où l’on termine par une inondation de paillettes et de couleurs flamboyantes. Le spectacle est un ravissement pour les yeux malgré une lumière parfois pas toujours bien exploitée, et pour les oreilles, l’adaptation française de Nicolas Nebot (Mamma Mia ; Le bal des Vampires) et Ludovic-Alexandre Vidal (Sister Act ; La Belle et la Bête) est assez réussie.

Vient enfin la chanson phare du spectacle, "Memory", devenu "Ma vie" en français. Prisca Demarez (Avenue Q ; French Cancan) interprète divinement Grizabella, une vieille chatte qui se rappelle les gloires de sa vie passée. Le temps se suspend quelques instants pour savourer ce moment de grâce.

L’une des forces de la mise en scène de Cats réside dans le fait que tous les artistes présents sur scène existent et agissent, même quand ils ne sont pas eux-mêmes au cœur de l’action. Il se passe constamment quelque chose sur scène.
La version parisienne de Cats souffre néanmoins de quelques fausses notes. Parmi les choix les plus surprenants effectués par l’équipe créative d’origine autour du compositeur du spectacle, Andrew Lloyd Webber, la chanson à l’origine plutôt pop/rock du Rum Tum Tugger est devenue une chanson rap et le chat punk de la production originale fait place à un chat tatoué avec un style de rappeur, interprété par Golan Yosef (Dracula ; Love Circus). Outre le décalage musical créé entre un style R’n’B, qui sonne très années 2000, et le son des années 1980 que l’on retrouve tout au long du spectacle par l’utilisation d’un synthétiseur, le Rum Tum Tugger de cette production est en décalage par rapport aux autres personnages, tant par son costume que par sa manière de se mouvoir, moins fine et moins féline que les autres personnages.

Le début du second acte souffre également de quelques longueurs lorsque le chat du théâtre, Yves interprété par Wim Van Den Driessche (Les Misérables ; Kiss me Kate), nous raconte son histoire et nous rejoue l’un de ses plus grands rôles ("Le dernier combat de Growltiger"). Ce dernier numéro est agréable à écouter, très beau visuellement, mais finalement, et à l’image de l’histoire de tout le spectacle, on ne parvient pas toujours à donner du sens à ce qui se passe sur scène et à relier les différents numéros entre eux.

Cats n’en reste pas moins une belle réussite et il fait partie de ces spectacles « qu’il faut avoir vu une fois dans sa vie ». Malgré quelques imperfections, la production présentée à Paris est visuellement exceptionnelle et vous transportera pour quelques heures au sein d’un rêve peuplé d’étranges et fascinants félins. Le talent de la troupe internationale de 30 artistes est également à saluer.
Vous aurez peut-être même droit à votre photo souvenir avec le Vieux Deutéronome qui est resté sur scène pendant toute la durée de l’entracte le soir où nous assistions au spectacle.
Courrez donc ronronner de plaisir au Théâtre Mogador jusqu’au 10 janvier 2016 !

Pour en savoir plus sur la troupe, c'est par ici

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Cats, le musical basé sur le recueil de Poème de TS Eliot « Old Possum’s Book of Practical Cats »

Du 1er octobre au 10 janvier 2016
Au Théâtre Mogador
25 rue de Mogador 75009 paris

Musique : Andrew Lloyd Webber ; Adaptation Française : Nicolas Nebot et Ludovic-Alexandre Vidal ; Chorégraphie et Mise en Scène : Gillian Lynne et Trevor Nunn assistés de Chrissie Cartwright; Créateur lumière original : David Hersey, Scénographe : John Napier

Avec : Prisca Demarez, Denis A¨zin, Federica Capra, Pierre-Yves Duchesne, Yoan Grosjean, Katharina Lochmann, Emmanuelle N’Zuzi, Lucas Radziejewski, Yanis Si Ahmed, Fabrice Todaro, Rachel Ward, Axel Alvarez, Cédric Chupin, Alexandra Girard, Emmanuelle Guélin, Sylvain Mathis, William Pedro, Charlyne Ribul Conte, Els Smekens, Nicolas Turconi, Golan Yosef, Vanessa Cailhol, Grégory Gonel, Oonagh Jacobs, Pascale Moe Bruderer, Virginie Perrier, Alessandro Ripamonti, Léonie Thoms, Wim Van Den Driessche, Stoyan Zmarzlik

7 réponses

  1. Anonyme
    Je suis sous le charme ! Enfin une comédie musicale légendaire à Mogador. Il etait temps car l'année dernière on a eu droit aux tubes ringards de Bonnie Tyler (Le Bal des Vampires qui fut l'année dernière un flop monumental, un vrai accident industriel pour Stage Entertainment). Le livret de Cats est très mince mais il faut y aller pour rever, s'évader. J'aime également assez la partition de Cats. Bravo à Cats !
  2. Anonyme
    Je suis d'accord sur le fait que Rum Tum Tugger version rap, interprété par Golan Yosef, est décevant et en décalage complet par rapport au reste des artistes et des chansons. Dommage !
  3. Anonyme
    Je suis sous le charme de Cats ! Plein les yeux ! Plein les oreilles ! Enfin une vraie comédie musicale légendaire à Paris !!!!
  4. Anonyme
    J'ai voulu y aller pour retrouver certains danseurs du Bal des Vampires mais je craignais de trouver ça ridicule (parce que des gens déguisés en chat...). Finalement, j'ai surtout trouvé ça barbant aux moments où je n'avais pas mon danseur préféré à regarder pour me distraire. Les décors sont beaux, il y a de belles chorégraphies, mais il n'y a pas vraiment d'histoire (à part ce mince "fil rouge" de sélection pour monter vers ce qui ressemble à un OVNI) et, comme les chansons ne sont pas du tout mon style (trop vieillot pour moi même si je ne suis pas une ado), il n'y en a que très peu qui m'ont à peu près plu. Donc voilà, je ne comprends pas ce qui peut faire le succès d'un tel spectacle dans le monde entier. Chacun ses goûts, mais il se trouve que je préfère les spectacles français (le Bal des Vampires étant une exception, tout comme Wicked que j'ai vu à Londres et espère voir à Paris un jour).
  5. Anonyme
    je suis allé voir la nouvelle version de CATS à Mogador (j'avais vu celle du théatre de Paris il y a quelques dizaines d'année). Cette nouvelle production n'apporte strictement rien et est même moins bien que l'original. Les scène avec le rap sont stupide, la nouvelle scène du chat théatrale est bien trop longue et ennuyeuse, et surtout la nouvelle VF est horrible... On ne comprend plus rien aux tableau qui se déroule devant nos yeux... L'ancienne VF était excellente, claire, et très proche du texte original. On sent que les nouveaux auteurs n'ont pas réussi à faire une vrai traduction, gardant pleins de termes anglais ou de lieu anglais qui ne veulent pas dire grand chose aux français, et changeant parfois totalement le sens de la chanson originale... Bref un très gros ratage de ce côté là... Pourquoi donc avoir voulu changer cette première traduction qui était parfaite, c'est incompréhensible...Sinon, le spectacle est toujours là, aussi impressionnant et heureusement, la chorégraphie n'a pas tellement changé. on retrouve avec plaisir cette troupe de chat incroyable.
  6. Anonyme
    C'est hélas assez récurant ! Il y aurait pourtant moyen de faire de bonnes versions Françaises mais STAGE Entertainment a l'air de se satisfaire du peu. Ceci étant, le public Français ne fait souvent pas la différence entre un bon texte et un ratage alors, après tout, pourquoi s'embêter à écrire correctement ?
  7. Anonyme
    J'y suis allé hier soir et j'ai été très déçue. En effet, je l'avais vu en 1989 avec l'ancien livret et j'ai été déstabilisé par le nouveau livret qui ne reprend pas du tout la trame initiale. Le rock tam-tam est navrant et on se demande ce qu'il fait là. Sinon, la prestation que j'ai la plus appréciée est celle de Cédric Chupin sans contexte. Il a un charisme et une présence indéniable qui relève le niveau. Par contre, on en attendrait plus de la chorégraphie qui reste un peu légère avec beaucoup trop d'acrobaties. On aurait aimé qu'ils jouent plus sur la posture du chat. Bref, dommage.... Cela reste un bon moment mais avec des longueurs qui n'existaient pas en 1989.
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