Critique : “Chienne” au Vingtième Théâtre

Critique : "Chienne" au Vingtième ThéâtreUne laisse attachée à un arbre entouré de quelques feuillages et au fond de la scène, quelques sacs poubelles négligemment disposés... C'est sur cette scène dépouillée que Chienne, le nouveau spectacle musical d'Alexandre Bonstein, prend forme tous les soirs au Vingtième Théâtre.

Une vision délicieusement décalée de la condition canine

Que ce soient les classes sociales entre toutous (où l'on apprend que les labradors font figures de têtes de turcs), ou les rapports plus qu'ambigus entre une chienne et son maître, Chienne est le prétexte à une formidable réflexion sur les animaux domestiques à poil, du point de vue d'un canidé.

Ce canidé, c'est Perle, une caniche royale, ancienne bête de concours ayant remportée plusieurs concours de beauté, et dont l'égo s'en trouve considérablement enflé. Alors qu'elle attend son maître adoré parti faire une course, Perle divague sur sa condition et se pose plusieurs questions existentielles... Mon maître est-il autant fidèle que moi ? Pourquoi les labradors sont-ils aussi stupides ? Mon maître m'a-t-il oubliée et m'abandonne-t-il ici ? Quelle est l'étymologie du nom "caniche" ? Et qui sont ces cabots de banlieue qui me tournent autour ?

Un humour-chien bien acéré

L'écriture d'Alexandre Bonstein prend ici toute son ampleur. Alors que Créatures (4 nominations aux Molières 2004/2005) faisait déjà la part belle au délire humoristique débridé de l'auteur, Chienne est l'occasion de livrer des réflexions acides et plus farfelues les unes que les autres, qui semblent malgré tout totalement maîtrisées, servant une narration certes anecdotique, mais pleine de bon sens et de fraîcheur.

Musicalement, l'œuvre atteint des sommets de loufoquerie. Les instruments, rares ou incongrus comme d'improbables synthés ou même un theremin, accompagnent des paroles aussi inattendues que facétieuses, et surprennent le spectateur dans un univers étrangement et tendrement poétique.

Des musiciens qui complètent bien la performance d'Isabelle Ferron

Sur scène, Isabelle Ferron rayonne dans le costume blanc et frisé de Perle. La comédienne, incontournable dans la comédie musicale française (elle était au générique des Misérables, de Roméo et Juliette ou encore d'Un Violon sur le toit), est comme un poisson dans l'eau et semble prendre un grand plaisir à nous conter ses aventures à quatre pattes. A la musique, ses non moins talentueux acolytes Jérôme Lifszyc et Thomas Suire sont de véritables faire-valoir qui contribuent eux aussi au comique de Chienne.

Autant de bonnes raisons d'aller savourer ce beau "nonosse" jusqu'au 6 février 2011 au Vingtième Théâtre à Paris.

Le site du spectacle: www.chiennethemusical.com


Chienne, d'Alexandre Bonstein

du 5 novembre 2010 au 6 février 2011
du mercredi au samedi à 20h et le dimanche à 15h, de 12 à 24 €

Vingtième Théâtre
7 rue des Platrières
75020 Paris

Costumes : Michel Dussarrat ; Lumières et scénographie : Philippe Quillet ; Son : Claudie Martin.

Avec Isabelle Ferron, Jérôme Lifszyc et Thomas Suire.

3 réponses

  1. Cécile
    un peu déçue par "Chienne" car malgré toute la volonté et le talent de la comedienne , le texte est assez faible, on s'ennuie parfois et on se dit que 24 euros la place c'est un peu cher.....mais il faut plutot voir "la nuit d'Eliott Fall" qui commence juste apres le spectacle et qui est drolissime !!!
  2. Laurence
    Il fallait oser le sujet... Et bien que le spectacle puisse être logiquement apprécié par les enfants (pas trop trop petits quand-même), le texte et les références n'en sont pas moins adultes, et pleines de drôleries. Un décalage constant, un humour visuel aussi, qui ne se prend pas au sérieux. La comédienne chanteuse est magistrale, et ses 2 musiciens délicieusement complices et drôles. Musicalement, c'est vraiment excellent (la voix d'Isablle Ferron, les arrangements de Jérôme Lifszyc, en scène...). J'ai passé un super moment ! Bien ri !!
  3. Nico
    J'ai vu 3 fois Chienne et bien que des ameliorations aient été aportées...reste tout de même un sentiment de "pas fini" en sortant. Le texte d'Alexandre Bonstein est excellent à 80%, quelques petits passages sont peut être en trop et son moins droles... mais surtout la musique est mauvaise, jouée, on le croit parfois sur des orgues Bontempi datant des années 70 et contrairement a ce que je lis dans la critique je n'ai trouvé aucun interet aux "acolytes" de Perle qui souvent detournent le propos... Même la "fameuse" chanson "Le poil" qui effectivemement ne trouvait pas trop sa place en debut de spectacle et est chantée à la fin... est musicalement bien mauvaise par rapport a la version piano qui nous avait été donnée d'entendre lors de la soirée Diva par exemple. Reste quelques chansons exellente et surtout un tres bon texte tenu a bout de bras par une Isabelle Ferron formidable et qui se demene comme elle peut avec une mise en scene quasi inexistente. Si ce spectacle etait une dissertation d'eleve, je dirais : a retravailler....il y a un excellent potentiel mais toutes les personnes que j'ai emmené mon dit, c'etait sympa, mais je n'y retournerai pas.... et pourtant il ne manquerai pas grand chose, je suis sur, car l'ecriture est excellente, l'interprete aussi alors....

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