Critique : “Energia” – le nouveau spectacle Holiday on Ice 2009

Energia - le nouveau spectacle Holiday on Ice 2009
Avec Sarah Abitbol et Stéphane Bernadis
Au Zénith de Paris jusqu'au 22 février, puis en tournée dans toute la France

Non, Holiday on Ice n'est pas mort : l'institution, qui fête cette année ses 65 ans (dont 52 en France), existe toujours, et tente chaque année de se renouveler.

S'il ne s'agit pas à proprement parler d'une comédie musicale, Energia trouve sa place dans nos colonnes en qualité de ballet sur glace, un divertissement dans lequel la musique tient une place prépondérante.

En deux actes de six tableaux chacun, on suit les tribulations de Ein et Stein, deux clowns qui découvrent les Énergies qu'abrite l'univers : de l'eau, du feu, de l'amour, des forces contraires. Le ton est donné, et le spectacle se veut pluridisciplinaire : acrobaties, jonglerie… une idée innovante qui entend donner un souffle de nouveauté aux créations d'Holiday on Ice, considérées par beaucoup comme ringardes.

Malheureusement, le spectacle semble se perdre en cours de route : malgré un fil rouge qui aurait pu donner lieu à de multiples déclinaisons, on a finalement l'impression d'assister à un medley de tableaux sans réelle cohérence, alternant des thématiques telles que les éléments, les continents, les animaux… On pourrait presque croire à un spectacle best-of de créations précédentes dont ceux-ci auraient été les thèmes ! Sans parler du fait que certaines séquences évoquent de façon troublante les spectacles Disney, du Roi Lion dont les masques semblent avoir été plagiés, au Monde de Nemo sur Glace qui paraît avoir été allègrement copié lui aussi.
La ligne directrice d'Energia est même volontairement oubliée lorsque le grand duo de Sarah Abitbol et Stéphane Bernadis (le couple star invité par Holiday on Ice cette saison) vient interrompre le spectacle. Leur numéro est magnifique, mais on ne peut que rester dubitatif quant au choix artistique d'avoir repris pour l'occasion la chanson titre du spectacle Alegría du Cirque du Soleil (dont le compositeur René Dupéré signe également la musique originale d'Energia).

Le spectacle s'avère malgré tout être une bonne surprise, bien éloignée de l'image obsolète qu'on pouvait en avoir, et cela notamment grâce à une très belle innovation : le système de projection vidéo créé spécialement pour le show (une nuée de sphères faisant offices d'écrans vidéo, dont une centrale - de taille monumentale - entourée par un anneau de glace) se révèle d'une grande modernité, et s'accompagne de créations lumières et vidéo de très grande qualité !

Néanmoins, Energia souffre d'une faiblesse non négligeable : le spectacle ne parvient pas à faire oublier qu'il s'agit d'une démonstration de patinage artistique.
Outre la mollesse de nombreux tableaux et de leurs transitions, les chorégraphies ne donnent pas l'impression de s'aventurer sur des terres novatrices (abstraction faite de cette artiste incroyable qui patine sur des échasses), et on aura le plus grand mal à traîner à ce spectacle les personnes à qui le patinage donne de l'urticaire…

Effets spéciaux, acrobaties et beaux costumes viennent en tout cas emballer joliment une création qu'on considérera comme un très bon spectacle familial, capable de séduire sans l'ombre d'un doute petits et grands, de 7 à 77 ans… bien qu'on doute qu'entre ces deux âges on puisse vraiment y prendre son pied.

Pas de commentaire.

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