Critique : “España Juanita” d’Olivier Ayault, au Tambour Royal

Critique : "España Juanita" d'Olivier Ayault, au Tambour RoyalEspaña Juanita
Le samedi à 17h au Théâtre du Tambour Royal, 21€.

Dans la très jolie petite salle du Tambour Royal, on retrouve Olivier Ayaut dans une nouvelle revue musicale consacrée au répertoire hispanisant de Bizet, Delibes, Rossini et Penella.

À ses côtés, la pétillante Céline Victores-Benavent interprète le rôle de Juana Anna Tritones de Leon, femme de ménage excentrique dotée d'une voix sublime, qui va se lier d'amitié (et plus si affinités) avec son employeur très BCBG, Généreux Beauchamps.
L'appartement du XVIème arrondissement dans lequel vit ce dernier va servir de théâtre aux prises de becs et aux échanges musicaux entre ces deux drôles d'oiseaux.

Comme pour Une Américaine à Paris, sa précédente création qu'on avait aimé découvrir dans ce même Théâtre du Tambour Royal, Olivier Ayaut ne s'encombre pas d'un récit trop ambitieux pour donner à entendre de séduisants airs issus du répertoire classique.
Si la simplicité de l'argument était l'une des forces de son précédent spectacle musical, on regrette un peu de voir les mêmes ficelles réutilisées sans grande invention : un homme et une femme que rien ne semble rapprocher vont voir leurs destins modestes liés par la force de la musique, qui mènera la jeune femme au succès des grandes scènes.

Mais on pardonne de bon cœur la faiblesse du livret un peu trop caricatural de cette España Juanita, pour mettre à l'honneur la sincérité des deux artistes (quatre avec la participation en alternance d'Emmanuelle Naharo et Philippe Brocard) qui se font une joie de partager des airs sublimes aux sonorités ibériques avec un public malheureusement trop clairsemé.
Allez écouter ces artistes talentueux et faites-les sortir de leur confidentialité : les voix sont magnifiques, la technique est parfaite (du moins aux oreilles du néophyte que je suis en musique classique) et leur enthousiasme est sincère et communicatif.

Même si, et surtout si vous n'écoutez pas de chant lyrique d'ordinaire, offrez-vous une occasion en or de découvrir un répertoire saisissant et accessible, servi par des interprètes charmants, qui du célèbre "Toréador, prends ga-ha-ha-harde" à des airs moins connus, vous entraîneront dans la chaleur de l'Espagne.


España Juanita, d'Olivier Ayault.
Au Théâtre du Tambour Royal.
Lumières de Michel Cabrera.
Avec en alternance : Céline Victores-Benavente, Emmanuelle Naharro (sopranos); Olivier Ayault, Philippe Brocard (barytons); Romain David, Sylvain Combaluzier, Fanny Prandi (pianistes).

Pas de commentaire.

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