Critique : “Guys and Dolls” à Londres, succès et prolongations jusqu’à fin octobre

Après avoir rempli le Savoy Theatre pendant près de quatre mois (juste après la fermeture de Gypsy), Guys and Dolls joue les prolongations pour au moins 6 mois au Phoenix Theatre où il vient d’être transféré. Une belle occasion pour voir ou revoir ce grand classique de la comédie musicale écrite par Frank Loesser.

C’est un exemple typique de la comédie musicale des années 1950 où l’intrigue et la psychologie des personnages n’ont absolument aucune importance, mais servent uniquement de prétexte pour enchaîner chansons et chorégraphies. L’histoire mêle de façon cocasse deux amours impossibles : deux femmes espérant trouver le parfait mari et deux gangsters vivant dans l’univers des jeux de dés, des paris illégaux et de l’alcool au moment de la Dépression et de la Prohibition. L’un des deux gangsters met l’autre au défi de partir à La Havane avec une jolie poupée missionnaire dans l’Eglise.

Le choix du milieu des gangsters et des jeux n’a rien d’étonnant quand on apprend que Damon Runyon, l’auteur des histoires ayant inspiré ce musical, était un ami d’Al Capone, le plus grand gangster de ces années. Fréquentant le milieu des paris sportifs et des jeux d’argent, ses personnages sont directement inspirés de ses connaissances. Mais malgré la mise en contraste avec le prosélytisme chrétien, le but n’est pas ici de faire une analyse sociétale. Créée en 1950 à Broadway, au moment où l’Amérique se remet de la Seconde Guerre Mondiale, de son coût humain et économique, la condition du succès dans les théâtres pendant ces années est d’amener de la légèreté et de la gaîté sans réserve dans les yeux des spectateurs (ce que l’on appellera plus tard un « feel-good musical »).  

Le pari est gagné puisque concernant Guys and Dolls, plusieurs chansons de l’œuvre sont devenues par la suite des standards du Great American Songbook, et des standards repris dans le monde du jazz et du swing, notamment : "Luck, be a lady tonight", "Sit down, you’re rocking the boat", "I’ve never been in love before". Sur scène, nombre de ces numéros musicaux donnent lieu à des chorégraphies d’ensemble très rythmées qui rattrapent très largement la pauvreté des dialogues et du livret.

Si vous avez vu l’adaptation cinéma de Guys and Dolls de 1955 (Blanches colombes et vilains messieurs dans son titre français) avec Frank Sinatra et Marlon Brando, ne vous fiez pas à cet hommage pauvre, notamment au niveau chorégraphique, et prenez vos billets pour aller découvrir le vrai swing sur les planches du Phoenix Theatre du West End.


Guys and Dollsau Phoenix Theatre, à Londres

Billets en vente jusqu’au 31 octobre 2016
www.guysanddollsthemusical.co.uk 

Musique et paroles : Frank Loesser ; Livret : Jo Swerling et Abe Burrows ; Mise en scène : Gordon Greenberg ; Chorégraphie : Carlos Acosta et Andrew Wright

Avec : Samantha Spiro, Siubhan Harrison, Richard Kind, Oliver Tompsett

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  1. […] Heart". Le moment le plus fort de l'épisode restera "More I Cannot Wish You", extrait du musical Guys and Dolls, interprété par Victor Garber, John Barrowman et Jesse L. Martin. Pour ne rien gâcher, les […]
  2. […] proposera un peu plus tard une adaptation du célèbre musical de Broadway aux cinq Tony Awards Guys and Dolls, d'après la nouvelle et les personnages de Damon […]
  3. […] proposera un peu plus tard une adaptation du célèbre musical de Broadway aux cinq Tony Awards Guys and Dolls, d'après la nouvelle et les personnages de Damon Runyon, ainsi que The Fantasticks, inspiré de la […]

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