Critique : “iD” du Cirque Éloize au Théâtre National de Chaillot

Critique : "iD" du Cirque Éloize au Théâtre National de ChaillotLe Nouveau Cirque est décidément très en vogue cet hiver à Paris. Le Théâtre National de Chaillot accueille ainsi iD, la dernière création de la compagnie québécoise le Cirque Éloize, avant de passer le relais au Grand Rex plus tard dans l'année. iD sonne la rencontre entre trampolines, contorsions, jongleries et break dance, VTT, roller sur des rythmes hip-hop ou techno…

Le cadre feutré du Théâtre National de Chaillot, face à la Tour Eiffel, sert d'écrin au dernier opus de la compagnie canadienne du Cirque Éloize. iD est un spectacle mêlant arts du cirque et arts de la rue.
Dans la grande tradition du Nouveau Cirque, ici, nous ne trouverons pas d'animaux, de Monsieur Loyal ou de joyeuses fanfares, mais une série de numéros exécutés par des artistes pluri-disciplinaires et réunis sous une thématique centrale.

"iD" du Cirque Éloize au Théâtre National de Chaillot

On déplore cependant une inégalité dans ces performances. Si certains numéros séduisent par le haut niveau des athlètes et par une mise en scène innovante (contorsions, ballets aériens, équilibrisme), d'autres (comme les cordes à sauter, le jonglage...) tombent un peu plus à plat par manque de magie visuelle.
L'esthétique urbaine fonctionne au mieux lors du final, dans lequel les artistes réalisent un numéro de trampoline devant un écran en perpétuel mouvement, créant une parfaite impression de coordination sonore et visuelle, exacerbant le dynamisme virtuose de la troupe. Ce n'est d'ailleurs que pour cette ultime et spectaculaire parade que le décor, qui paraît quelque peu fragile, prend son ampleur.

"iD" du Cirque Éloize au Théâtre National de Chaillot

Esthétiquement, le concept du spectacle est maîtrisé. Son identité visuelle est bien délimitée du début à la fin. Malgré une première partie un peu courte et souffrant d'une certaine froideur mécanique qui la distancie quelque peu du public, la seconde partie, après l'entracte, permet à iD de prendre son plein envol et d'offrir certainement les meilleurs moments. Les duos entre artistes de cirque et danseurs hip-hop/break dance, remplis de grâce et de romantisme, sont sûrement les parallèles les plus intéressants du spectacle et ajoutent une belle dose de poésie à l'œuvre. Malgré ce que laisseraient croire les premières minutes, iD parvient à éviter les clichés les plus tentants, comme celui de vouloir transposer un Roméo et Juliette dans un New York futuriste par exemple.

"iD" du Cirque Éloize au Théâtre National de Chaillot

L'action est soulignée et sublimée par une bande son efficace entre slam latino, nappes trip-hop, rythmiques deep house et sonorités rap. Sans véritablement lier les vignettes les unes aux autres avec une narration explicite, la musique peut être vue comme un fil rouge tout au long de ces deux heures.

iD manque pourtant d'une once de maturité et souffre malgré tout d'un certain manque d'unité qui nous laisse un goût d'inachevé. Malgré ce léger déficit d'humanité, le spectacle mis en scène et créé par Jeannot Painchaud a l'immense mérite de brouiller habilement les frontières entre plusieurs cultures et de réconcilier différents publics devant le même spectacle d'art vivant. Cela fait un bien fou.

Crédit photo : © 2009/2010 Théâtre T & Cie / Valérie Remise


iD - Cirque Eloize, par Jeannot Painchaud

Jusqu'au 20 janvier 2012 au Théâtre National de Chaillot
1 place du Trocadéro et du 11 novembre, 75116 Paris
De 17,50 à 32 €

Puis du 14 mars au 1er avril 2012 au Grand Rex
1 boulevard Poissonnière, 75002 Paris
De 34,50 à 69,50 €

Mise en scène : Jeannot Painchaud ; producteur exécutif : Jonathan St-Onge ; concepteur acrobatique : Krzysztof Soroczynski ; scénographie image vidéo : Robert Massicotte ; images vidéo : Alexis Laurence ; participation artistique : Mourad Merzouki ; compositeurs : Jean-Phi Goncalves, Alex McMahon ; costumes : Linda Brunelle ; lumières : Nicolas Descoteaux ; conception sonore et ambiance urbaine : Jacques Poulin-Denis ; maquillages : Suzanne Trepanier ; assistante à la mise en scène : Marie-Eve Soutiere.

Avec : Victor de Abreu Oliveira, Lisa Eckert, Mélissa "Melly Mel" Flérangile, Nicolas Fortin, Xuan Le, Justine Méthé-Crozat, Baptiste Montassier, Ryan Shinji Murray, Samuel Nadai, Hugo Ouellet-Côté, Thibaut Philippe, Philippe Renaud, Emi Vauthey et Kone Thong Vongpraseuth

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