Critique : “La Fabrique”, un ovni inclassable à l’Alhambra

Fort de son succès au Vingtième Théâtre (lire notre article), La Fabrique était de retour pour une date unique le jeudi 19 mai 2016. Ce spectacle situé entre le burlesque musical et le clown muet a conquis la salle "sold-out" mais nous a cette fois quelque peu laissé perplexe.

Une représentation avec la distribution originale

La pièce musicale La Fabrique a été créée en 2013 dans le cadre des travaux de fin d’études des 3ème année au Cours Florent. Nous avons eu la chance de retrouver le casting original dont Alexandre Faitrouni (La Belle et la Bête ; In Short) qui n’a pas manqué de faire de petits clins d’œil à son passage au Théâtre Mogador. Cette pièce inclassable est un mélange habile de mimes, de musiques, de percussions et de clowns. Le pitch est on ne peut plus simple : les ouvriers d’une usine décident de profiter de leur pause pour se détendre en musique et s’échapper de leur directrice hystérique.

Pour pleinement apprécier La Fabrique, il faut rentrer dans cette univers où l’intégralité des personnages communiquent par des bruits ou par différents langages à l’image des Minions dans le dessin animé "Moi, Moche et Méchant". Avec peu de décors mais un agencement ingénieux de tables surélevées, nous imaginons rapidement le lieu dans lequel cette galerie de personnages hautes en couleurs va évoluer. Difficile malheureusement de se prendre au jeu de cette usine loufoque en parti à cause de la salle (L'Alhambra) qui n’est vraiment pas faite pour ce type de spectacle. En effet la moitié de la scène ainsi que les côtés sont cachés si vous vous retrouvez au balcon et il est difficile de comprendre ce qu’il se passe sans devoir se faire un torticolis ou devenir contorsionniste.

Beaucoup de rires et d'ingéniosité

Il faut quand même souligner la qualité de nombreux numéros d'autant plus si on les prend individuellement. Notamment un medley Spice Girls ingénieux et hilarant, une séquence de percussions hypnotiques et une préparation au bal des plus cocasses. Il est néanmoins dommage que le spectacle commence et soit coupé par un personnage d’horloger hindou qui n’apporte pas grand-chose entre les numéros et casse un rythme qui aurait gagné à être plus soutenu.

Vous l’aurez compris, La Fabrique est un spectacle unique qui ne vous laissera pas indifférent. Cette pièce gagnerait vraiment en rajoutant des moments musicaux à ceux déjà très réussis et en réduisant les interludes facultatifs pour être plus dynamique. Quoiqu’il en soit, le casting est solide et nulle doute que nous reverrons certaines de ces têtes sur les planches prochainement pour notre plus grand plaisir.


La Fabrique, d'Hugo Horsin

A l'Alhambra à Paris
Le 19 mai 2016 à 20h30
21 rue Yves Toudic, 75010 Paris

Avec : Wohan Azzam, Étienne Belin-Debray, Clément Brondel, Marie-Alix de Bagneaux, Kevin Dargaud, Pauline Deshons, Hugo Horsin, Alexandre Faitrouni, Morgane Nairaud, Tatiana Spivakova, Eva Zink

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