Critique : “Legally Blonde” à The Gatehouse, Londres

Plusieurs années après avoir ravi le public au Savoy Theatre de Londres, avec Sheridan Smith dans le rôle principal d'Elle Woods, Legally Blonde, the musical a fait son retour hors du West End (dans un quartier nord) au sein d'un lieu symbolique. Retrouvez ici notre avis sur cette version du spectacle, créé en 2007 à Broadway.

"Upstairs at the Gatehouse", un rival pour le West End

De toutes les auberges à Highgate, dans le nord vallonné de Londres, The Gatehouse est probablement la plus ancienne. Au 19ème siècle ce propriétaire racontait que ce bâtiment possédait une license depuis 1337 ! L’entreprise théâtrale familiale Ovation devint propriétaire du premier étage en 1997 pour en faire un théâtre qui prit vite sa place en tête de liste parmi les meilleurs scène du « fringe » londonien.

Le metteur en scène John Plews, son épouse la productrice Katie Plews et leur fille Racky Plews, qui est désormais chorégraphe pour le West End (American Idiot) ainsi que pour les tournées nationales (Footloose), ont vite fait de faire de "Upstairs At The Gatehouse" l’un des hauts lieux du musical Off West End avec des versions toujours innovantes et de haut niveau, de grands classiques tels que High Society, Kiss Me Kate!, Guys n Dolls et The Drowsy Chaperone, surpassant parfois, surtout dans le cas de ce dernier, les productions d’origine du West End. 


Legally Blonde n’était pas un choix facile. Loin d’être un chef d’œuvre, le succès de ce spectacle à Broadway et surtout à Londres reposait plus sur les moyens mise en œuvre dans la mise en scène efficace de Jerry Mitchell que sur l’immortalité des chansons. Il se trouve que cette version intimiste démontre au contraire la force du livret de Heather Hath au service des chansons de la partition finalement plaisante et fonctionnelle de Laurence O’Keefe et Neil Benjamin qui se passe allégrement d’un grand orchestre.

Bien qu’issu des grandes écoles de comédie musicale, le cast fait preuve d’un professionnalisme qui n’a rien à envier à celui du West End, particulièrement dans le cas d’Abbie Chambers, qui fait pourtant ses débuts dans le rôle titre d’Elle Woods. Les chorégraphies, signée Anthony Whiteman, qui a signé récemment Side By Side de Sondheim au Jack Theater de Brockley et Bye Bye Birdie au Rose and Crown à Walthamstow, occupent l’espace réduit avec une ingénuité rare. On n’avait jamais vu autant de danse dans aucune production de Legally Blonde et on ne s’en plaindra pas ! 


Legally Blonde se termine le 31 janvier. Les prochaines productions à Upstairs At The Gatehouse seront du 9 au 18 février The Great Jewish American Songbook, explorant un siècle de chansons des plus grands créateurs notre héritage du théatre musical et du 3 mars au 10 avril le premier "revival" depuis sa création à Londres en 1968 de Barmitzvah Boy avec une partition de Jule Styne, auteur immortel de Gypsy et Funny Girl.


Legally Blonde, the musical basé sur le roman d'Amanda Brown et sur le film éponyme de 2001



Au Gatehouse, à Londres jusqu'au 31 janvier 2016

Livret : Heather Hach ; Paroles et musiques : Laurence O'Keefe et Nell Benjamin

Avec : Abbie Chambers (Elle), Robert Colvin (Warner), Ross Barnes (Emmett), Hugh Osborne (Professeur Callahan), Jodie Jacobs (Paulette)

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