Critique : “Les Bavards” opéra-bouffe d’Offenbach, au théâtre La Luna (Avignon Off)

"Les Bavards" opéra-bouffe d’Offenbach, au festival Off d’AvignonUn piano sur la gauche de la scène, deux panneaux de bois pour figurer la rue avec des mots écrits sur le décor, ainsi que sur la majeure partie des vêtements des protagonistes.

Le décor est planté : les bavards (Margot Dutilleul, Violaine Fournier, Gaëlle Pinheiro, Pierre Mechanick) entrent en scène.

La mise en scène de Ned Grujic nous a semblé quelque peu confuse au départ. En effet, les personnes entrent et sortent en parlant ou chantant, mais pas toujours de façon très distincte. A tel point que nous commencions à nous demander où nous allions…

Il est vrai que cette première scène de jacasserie peut dérouter, et laisser le public perplexe. De plus, le rôle de Roland est interprété par une femme (Margot Dutilleul), ce qui ajoute un peu à la confusion au départ. Il est à noter que ce rôle peut être chanté aussi bien par une soprano que par un ténor.

Malgré ces éléments, peu à peu nous sommes entrés dans l’intrigue, légère certes, mais amusante néanmoins. Une fois lancés, Les Bavards se laissent suivre avec attention et plaisir.

La troupe des bavards dans une rue qui, en retournant les panneaux, deviendra une demeure
La troupe des bavards dans une rue qui, en retournant les panneaux, deviendra une demeure

Les chanteurs ne sont pas tous de niveau égal. Peut-être doit-on rappeler, à leur décharge, que jouer tous les jours pendant près de trois semaines n’est pas la meilleure façon de protéger sa voix. Sans parler de la promotion du spectacle à faire tous les jours, le montage et le démontage quotidien du décor : un véritable marathon !

Cependant, ce sont Gaëlle Pinheiro (Spamalot, Casting) et Pierre Mechanick qui ont reçu toutes notre admiration. Tous deux sont d’excellents comédiens et ont une voix solide et assurée.

Le pianiste, Julien Le Hérissier, qui intervient aussi ponctuellement dans le rôle du greffier, va permettre à Gaëlle Pinheiro de nous montrer (s’il était encore nécessaire) son incontestable talent vocal, notamment lorsqu'elle incarne la greffière. Tel "l’ange de la musique", celle-ci est capable de monter dans les aigus en gardant une diction parfaite, et surtout sans crier. Le metteur en scène la met à rude épreuve en la faisant chanter couchée sur le piano.

Le pianiste séduit d’une façon très cocasse cette greffière en jouant des notes de plus en plus hautes qui vont mettre notre diva en transe. Il en résultera alors une scène hilarante qui restera dans nos mémoires : celle de Gaëlle Pinheiro atteignant l’orgasme sur le piano tandis que le pianiste interprète des notes ayant de plus en plus d’effet sur elles. Tous deux s’écrouleront à la fin de la scène, ce qui provoquera un éclat de rire général de la salle.

La troupe des bavards dans une rue qui, en retournant les panneaux, deviendra une demeure
Gaëlle Pinheiro et Julien Le Hérissier dans un numéro mémorable.

Cette version d’un opéra-bouffe d’Offenbach peu connu montre que le sujet n’a pas vieilli, et s’adapte très bien à une mise en scène moderne. Espérons que ce spectacle sera repris prochainement avec la même distribution, mais un début un peu plus clair. Rires et plaisirs assurés.

Découvrez un extrait des Bavards :

Crédits photos : la compagnie Minute papillon !


Les Bavards, de Jacques Offenbach

Mise en scène : Ned Grujic ; Scénographie : Anne Bothuon ; Direction artistique : Julien Le Hérissier ; Lumières : Philippe Sazerat ; Costumes : Anne Bothuon

Avec : Margot Dutilleul, Violaine Fournier, Gaëlle Pinheiro, Pierre Méchanick, Julien Le Hérissier

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