Critique : “Monique est demandée caisse 12” au Théâtre des Variétés

Critique : "Monique est demandée caisse 12" au Théâtre des VariétésMonique est demandée caisse 12
Jusqu’au 14 juin au Théâtre des Variétés, du mardi au samedi à 20h00 et le dimanche à 17h00


Il se passe quelque chose sur les Grands Boulevards…

Est-ce une comédie musicale ? Est-ce même seulement une pièce de théâtre ? Ou bien est-ce que le Théâtre des Variétés a ouvert une porte sur une dimension parallèle, dans laquelle un entracte précèderait le spectacle et Pierre Palmade serait poissonnier ?
Un voyage dans le temps peut-être, car on croise Ginette Garcin en déambulateur, Pierre Bellemare en conteur, Evelyne Leclercq en star déchue, et une flopée de chanteurs oubliés qui se relaient chaque soir pour venir faire revivre leurs tubes…

Ce spectacle musical est un pari dément, un projet indéfendable que seul un fou ou un génie pouvait réussir à imposer et mettre sur pied !
Monique… est un pur délire hallucinant qui a tout du fiasco : une histoire qui tient sur un timbre poste, une mise en scène inexistante, des créations vidéo et lumière hideuses, des comédiens qui ne savent pas chanter (a de rares exceptions - mentions spéciales à Mesdames Ginette Garcin et Nicole Monestier )… mais c'est justement ce grand bazar invraisemblable qui en fait la force.

Raphaël Mezrahi transpose sur scène les folies sorties tout droit de son esprit dérangé, et on retrouve instantanément l'esprit décalé des interviews piégées qu'il réalisait pour Canal + dans les années 90 : les silences et les longueurs insoutenables alternent avec des blagues à mourir de rire.

Et l'histoire alors ?

Pendant près de deux heures, on suit cahin-caha la vie insipide des employés d'un supermarché Casino et de leurs clients, alors qu'Evelyne Leclercq est attendue pour inaugurer un nouveau rayonnage à roulettes.

Toutes les anecdotes sont dès lors des prétextes saisis par les personnages qui se lancent dans un piteux karaoké reprenant les pires bides que l'histoire de la chanson française ait (mé)connus ("Le Schmirchmouf", "Le Complainte de l'Hippocampe"…).
Monique, caissière dépressive démolie par une enfance tragique (sa mère l'a abandonnée avant de la mettre au monde et son père la jetait contre les murs), passe le temps en essayant de mettre fin à ses jours et de trouver l'amour. Voilà.

Mieux vaut ne pas réfléchir devant cette comédie chantée absurde, sous peine d'atterrir aux urgences psychiatriques à la sortie de la salle : bien que la pièce propose une (légère) réflexion sur la société de consommation et la mort, derrière tout ça, il n'y a absolument rien à comprendre !

Il ne reste alors qu'à faire comme les spectateurs du premier rang (un gang d'animaux en peluches) : regarder, écouter, prendre part à la kermesse, rire, et sortir de là les bras chargés de sacs Casino© remplis de courses en se demandant : "Bon Dieu, mais qu'est-ce que je viens de voir…"

Monique est demandée caisse 12 - jusqu'au 14 juin 2009, du mardi au samedi à 20h00 et le dimanche à 17h00.
Théâtre des Variétés, 7 boulevard Montmartre - 75002 Paris.
Un spectacle de Raphaël Mezrahi aidé le week-end par Amanda Sthers & Laurent Baffie.

Avec Raphaël Mezrahi, Evelyne Leclerc, Fanny Valette, Jean François Galotte, Nicole Monestier, Pierre Bellemare, Ginette Garcin, François Benasseur, Dani (si elle veut), Frédéric Thiriez (quant il peut), Bruce Springsteen (j’ai laissé un message), Brad Pitt (il doit me rappeler).

Au violon : Mathilde Febrer; au piano : Xavier Eymeric; arrangements musicaux : Jean Michel Kajdan.

1 réponse

  1. A.
    Il y a aussi Arnaud Tsamère dans les comédiens, le fameux interprète du Schmirchmouf !

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