Critique : “Peau d’Âne” au Théâtre de la Madeleine

Le Théâtre de la Madeleine accueille pour cette fin d’année une adaptation musicale de Peau d’Âne. Après Jacques Demy, qui a immortalisé le conte avec Catherine Deneuve dans le film musical de 1970, c’est au tour d’Ismaël Djema, sur une musique de Julien Dauplais, de rendre hommage au conte de Charles Perrault.

Une belle production

Même s’il est figé tout au long du spectacle, le majestueux décor du château fort du Roi, père de Peau d’Âne, en met plein la vue. Le charme opère également pour les costumes. On saluera le travail d’Emilie Tedesco qui donne avec talent une animalité particulière à chaque personnage. Contribuant à la création d’une ambiance inquiétante, ces éléments seront pourtant les seuls atouts fantaisistes de cette production qui ne s’embarrasse guère de superflu.

La distribution, issue d’horizons bien distincts (théâtre musical français, grands spectacles musicaux, scène musicale française), joue la carte de la diversité, autant au niveau du jeu que du chant même si l’on peut regretter quelques envolées trop dramatiques qui souffrent parfois d’un trop-plein d’émotion mal dosée.

Une œuvre trop ambitieuse

Peau d’Âne parvient donc à faire revivre cette légende de manière très factuelle en déliant les méandres de l’histoire. On apprend ainsi que l’évêque d’Auxerre est à l’origine des manigances politiques poussant le roi à vouloir épouser sa fille ou que le prince amoureux de Peau d’Âne n’est autre que le fils de ce même évêque... Une histoire un brin complexe pour un spectacle conseillé aux enfants à partir de sept ans. Surtout que le parti pris de présenter une œuvre en vers, avec un vocabulaire des plus élaborés – du reste habilement mise en musique avec des tonalités moyenâgeuses par Julien Dauplais – et entièrement chantée, ne facilite en rien l’adhésion du spectateur, quel que soit son âge.

On pourrait ainsi taxer ce Peau d’Âne d’élitisme. Privilégiant une approche historique, le spectacle, contant une histoire de veuvage, de cupidité et d’inceste, manque cruellement d’humour et de magie pour rendre le tout plus digeste. Une leçon d’histoire et de chanson, trop ampoulée pour un public non prévenu.


Peau d'âne, la comédie musicale

Au Théâtre de la Madeleine
19 rue de Surène Paris VIIIème
Du 23 octobre au 31 décembre 2011

D'après Charles Perrault ; Livret : Ismael Djema ; Musique : Julien Dauplais ; Chorégraphie : Seko Nanne ; Mise en scène : Ismaël Djema ; Décors : Loic Leroy ; Costumes : Emilie Tedesco

Interprètes : Tatiana Matre, Emmanuel Dahl, Jonathan Kerr, StCyr, Célia Delaruelle, Cyrius Martinez

0 réponses

  1. […] accompagnés de Loïc Consalvo (Tutu),  Romain Fructuoso (Roméo et Juliette), Jonathan Kerr (Peau d’Âne) et Charlotte Ruby (La Poupée sanglante ; […]

Ajouter un commentaire

Vous devez être Connecté pour poster un commentaire. Pas encore inscrit ? Cliquez-ici.