Critique : “Sarvil, l’oublié de la Canebière” à la Comédie Bastille

Critique : "Sarvil, l'oublié de la Canebière" à la Comédie BastilleL’entendez-vous ce doux chant des cigales ? C’est la troupe marseillaise Les Carboni qui monte à la capitale pour nous présenter leur dernière création Sarvil, l’oublié de la canebière, consacrée à René Sarvil, parolier de célèbres chansons et librettiste de non moins fameuses opérettes marseillaises telles que Un de la canebière que la troupe avait présenté au Théâtre 14 l’année dernière. Un spectacle qui sent bon la lavande.

 

Attention, coup de cœur ! Le sujet pouvait paraître de prime abord désuet, voire démodé. C’était sans compter sur l’excellente mise en scène de Frédéric Muhl Valentin qui souffle un vent de folie sur la biographie de René Sarvil (1901-1975). Le spectacle s’appuie sur l’ouvrage de Georges Crescenzo, neveu de l’artiste, intitulé "Sarvil, l’oublié de la Canebière".

Au niveau musical, c’est également parfait. La troupe des Carboni est composée de cinq comédiens chanteurs dont un musicien jouant de l’accordéon diatonique électronique, reproduisant tour à tour les sons de plusieurs instruments (orgue de barbarie, synthétiseur, guitare…). Il en ressort une richesse des arrangements mais aussi une modernité apportée aux chansons telles que "Ne frotte pas François" ; "Zou, un peu d’Aïoli" ; "Le chapeau de Zozo" ; "Adieu, Venise provençale" ou encore "Le plus beau tango du monde". On a également beaucoup apprécié le talent des chanteurs et les arrangements vocaux qui les font chanter à deux, trois, quatre voire cinq voix, mais chacun dans une tonalité différente ; une véritable performance.

On est moins dithyrambique sur la narration qui est certes bourrée d’humour et apporte un dynamisme à l’ensemble du spectacle. On regrettera seulement qu’une grande partie du comique repose sur les digressions que les comédiens font en marge du déroulement de la vie de René Sarvil. Ces digressions ont un peu tendance à s’allonger et on perd peu à peu le fil de l’histoire.

C’est la seule critique que l’on ait trouvée à faire à ce spectacle. On pourrait encore longtemps vous parler du talent des comédiens, des petits bijoux de poésie et d’humour que sont les textes de chansons de René Sarvil. Mais il vaut mieux vous encourager à aller vous rendre compte sur place par vous même que nous n’exagérons pas car nous ne sommes pas marseillais, même si nous sommes ressortis en parlant "avé l’assent".

 


Sarvil, l’oublié de la Canebière de Ali Bougheraba et Fredéric Muhl-Valentin

Les dimanche et lundi à 20h, jusqu’au 26 novembre 2012

A La Comédie Bastille
5 rue Nicolas Appert

75011 Paris

Mise en scène : Frédérick Muhl-Valentin

Avec : Ali Bougheraba, Camille Favre-Bulle, Benjamin Falletto, Cristos Mitropoulos et Anthony Doux

 

 

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