Dossier : la renaissance du cabaret londonien ?

Depuis l'ouverture à Londres il y a maintenant un an et demi du "Crazy Coqs", installé sur le site de l'ancien Regent Palace Hotel à Picadilly dans lequel s'est produit cette semaine Sally Ann Triplets (après son succès a Broadway dans le musical de Sting The Last Ship), le cabaret londonien semble connaître un tout nouvel essor.


Suite à la fermeture définitive du célèbre lieu "Pizza On the Park", la ville de Londres s'est longtemps cherchée en matière d'espaces susceptibles d'accueillir des artistes de Broadway et du West End pour des soirées cabarets. Il y a d'abord eu "The Pheseantry", situé à Kings Road, qui a d'ailleurs présenté cette semaine une reprise de la revue « And The World Goes Round » explorant le catalogue de chansons de Kander et Ebb (auteur des musicals Cabaret et Chicago). 
 
Mais les deux événements marquants de la scène londonienne cette semaine sont sans conteste la reprise de Sibling Reverlry à l’Hippodrome Casino et le nouveau musical Rhytm of Life honorant le grand compositeur - encore trop méconnu - Cy Coleman, pour deux représentations exceptionnelles au St James Theatre les 11 et 12 juillet.

Sibling Revelry au London Hippodrome

L'Hippodrome possède une histoire impressionnante sous le nom de "Talk of the Town" puisque les plus grandes stars des années 60 - notamment Judy Garland - s'y produisaient régulièrement.
 

Liz et Ann Hampton Callaway sont les dignes héritières de ces légendes et si elles se sont produites séparément dans leurs "one-woman show" respectifs au Crazy Coqs durant la saison passée, elles ne s'étaient pas retrouvées sur scène en duo à Londres depuis 17 ans lors de la première européenne de leur spectacle Sibling Rivalry au Théâtre Donmar. La première partie de leur show reste quasi identique, à l'exception du medley final dédié à Arold Arlen, mais qui s'en plaindrait tellement leur duo est d'une fraîcheur et d'une écriture parfaite !
 

Le deuxième acte contient par contre des morceaux de bravoure inédits comme le medley d'ouverture reprenant les thèmes principaux du musical Gypsy, l’éblouissante et personnelle interprétation de « Don't rain on my parade » par Ann et l'hilarante et virtuose parodie de Stephen Sondheim "Another hundred lyrics just flew out of my brain" par Liz.
 
Si différentes et inimitables, leurs voix tellement complémentaires procurent aux spectateurs un bonheur quasi orgasmique. Ann aux couleurs plus "Jazz et Blues" et Liz plus "soprane Broadway" : cette dernière n'est d'ailleurs pas méconnue du public parisien puisqu'elle s'est produite à deux reprises au Théâtre du Châtelet avec l'orchestre Pasdeloup et sera de retour sur la scène parisienne ainsi qu'à Lille pour un concert Sondheim en mars 2016.
 

Crédit photos : Darren Bell 
 

"Rhythm of life" au St James Theatre Studio

Si le grand public est maintenant plus habitué à l'oeuvre de Sondheim, le tout aussi génial mais plus "jazzy" Cy Coleman reste à être découvert.
 
Rhythm of life, ce brillant hommage aux chansons de Cy Coleman, compositeur de Broadway (mais aussi de nombreux standard de Frank Sinatra comme « Witchcraft » et » The best is yet to come ») pourra combler cette lacune.
Le spectacle, qui s'est joué les 11 et 12 juillet au St James Theatre Studio, est défendu par un casting de haut de vol avec la véterante du West End Marti Webb (pour laquelle Andrew Loyd Webber a écrit « Tell me on a Sunday ») et la fantastique Debbie Kurup. Découverte dans The Bodyguard et vue également dans The World Goes round, Kurup est ici l'interprète idéale de l'immortelle chanson "Big Spender" de Sweet Charity mais aussi de "The Oldest profession" de The Life, bien qu'un peu jeune pour ce dernier titre.
 
John Barr qui a débuté à l'âge de 12 ans dans Oliver! faisait lors de la soirée un excellent maître de cérémonie, notamment dans la peau de Barnum. Quand à Cédric Neal, vu l'an dernier dans le rôle de Sportin' life dans Porgy and Bess, son interprétation de « Use what you got », de « The Life » et de « The day you leave me » (une chanson inédite) sont sans doute les meilleurs moments de ce spectacle.
 
Le clou de cette soirée est le medley de Sweet charity, l’œuvre la plus connue de Cy Coleman, avec des arrangements vocaux particulièrement réussis sur la chanson « Rhythm of life » qui donne le titre de ce spectacle.
Le rappel avec la chanson « It's not where you start it's where you finish » semble promettre un brillant futur à cette nouvelle revue dont le succès doit aussi beaucoup du talent du merveilleux pianiste et directeur musical : Michael Webborn, à son heure chanteur également !
 
Avec ces cabarets et artistes de qualité, nul doute que Londres pourra continuer à proposer des soirées attractives pour tout fan de comédies musicales, y compris en provenance de la France et du reste de l'Europe. 

 

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