Rencontre : Ladislas Chollat met en scène “Oliver Twist” à la salle Gaveau

Rencontre : Ladislas Chollat met en scène "Oliver Twist" à la salle GaveauAprès Résiste (actuellement en tournée), Ladislas Chollat signe avec Oliver Twist, sa seconde mise en scène d'un spectacle musical (on ne prend pas en compte les concerts). Considéré comme un des metteurs en scène les plus doués de sa génération et auréolé de succès par le public (Deux hommes tout nus ; Momo), ce bourreau de travail a pris le temps de nous expliquer sa vision du spectacle et de son art entre deux répétitions.

Musical Avenue : Comment on en arrive un jour à mettre en scène un spectacle musical, quand on a fait jusque là, que des pièces de théâtre ?
Ladislas Chollat : J'ai toujours voulu faire une comédie musicale. Bertrand de Labbey, le patron de l'agence de talents Artmedia m'a présenté Julien Clerc, il y a quelques années, car il avait envie de faire un projet musical qui ne s'est finalement pas fait. Suite à ça, Julien m'a demandé de mettre en scène son Palais des sports. Puis j'ai mis en scène le concert de la famille Chédid. J'ai travaillé avec eux sur le concert de l'Olympia, du Palais Garnier et la tournée. Les gens du métier savaient que j'avais cette envie là (de faire une comédie musicale, ndlr). Thierry Suc, le producteur de Résiste m'a fait rencontrer France Gall pour que je monte le spectacle. 
Quand, j'ai entendu les chansons d'Oliver Twist, ça m'a immédiatement donné l'envie d'y aller. Je trouve les paroles pleines d'émotion et d'humour. Mais j'adore également la musique. Je trouve cela aussi fort que l’œuvre de Dickens qui m'intéresse aussi, mais qui est très romancée. Je ne suis pas sûr que sans la musique, je me serais lancé dans l'aventure de monter Oliver Twist au théâtre. Je trouve la musique de Shay Alon sublime et inventive. Je trouve aussi que dans le théâtre, ça se rapproche de ce que font les anglo-saxons qui sont mon inspiration première. De mes mises en scène, les gens me disent parfois que ça ressemble à du théâtre américain. J'adore aller vers ce type-là de spectacles.
M.A. La différence avec Résiste, c'est aussi la grandeur de salles. Vous allez vous retrouver dans un espace beaucoup plus confidentiel qu'un Palais des sports… 
L.C. C'est Résiste, l'exception. La salle Gaveau est conforme à la jauge des théâtres dans lesquels je travaille. Pour Momo (avec Muriel Robin et François Berléand, gros succès de début de saison, ndlr) il y avait 1200 places au théâtre de Paris. Là, je mets en scène une pièce (Encore une histoire d'amour, ndlr) au Studio des Champs-Élysées qui est un théâtre de 200 places. A vrai dire, je suis plus à l'aise dans une salle comme celle-ci, que je ne le suis au Palais des sports... Même si je m'y suis fait. J'ai d'ailleurs aimé travaillé sur 22 mètres d'ouverture. Mais un théâtre est un climat dans lequel je suis bien. C'est plus habituel pour moi.
Ladislas Chollat place et donne ses indications à Nicolas Motet, interprétant le rôle éponyme dans Oliver Twist. 
M.A. Au stade de création où on en est aujourd’hui, vous avez l'intégralité de la mise en scène finale en tête ?
L.C. Mais non ! J'invente tout au fur et à mesure. Ce que j'ai en tête actuellement, c'est mon décor, car il est a peu près abouti. Je commence également à bien maitriser la psychologie des personnages… Comment ils fonctionnent les uns par rapport aux autres. Après, je n'écris rien !  C'est toujours une erreur d'écrire la mise en scène à l'avance car on n'est pas à l'écoute des personnes en face de nous. On veut à tout prix obéir à son propre schéma. Ce n'est pas ça qui est intéressant dans la création. C'est de se servir des gens en face de nous qui compte. C'est de l'art vivant, du spectacle vivant. Je ne pense pas que les grands peintres aient une théorie, un tracé de leur tableau, avant de le peindre. Je crois que ça vient au fur et à mesure. Tout d'un coup, l'inspiration vient...
M.A. J'ai compté : Depuis 2012, vous mettez en scène entre quatre et six spectacles par an...  
L.C. Vous avez bien compté. Je ne connaissais pas ces chiffres (rires)
M.A. Ça prend du temps de faire une mise en scène ?  
L.C. À vrai dire, ça prend tout le temps ! Moi, il me reste juste le temps d'élever mes enfants. La chance que j'ai c'est que je pars pas mal en vacances. Je fais de vrais breaks. Toutes les six semaines, je pars une semaines en vacances. Les autres six semaines sont pleines. Tout est calé au quart d'heure près.
M.A. Y a t-il des spectacles musicaux qui ont marqué votre enfance ? 
L.C. Plutôt ma vie d'adulte, car enfant, je n'allais pas au spectacle. Alors, je dis : Billy Eliott, que j'ai vu à Londres.  Mais il y a quelques semaines, j'ai vu Hamilton à New-York. C'est pour moi un des plus beaux spectacles musicaux. On est peu nombreux à l'avoir vu car les places sont très difficiles à avoir. Je peux donc d'autant plus en témoigner et dire à quel point c'est merveilleux. Ça parle d'un pan de l'histoire américaine. C'est comme si la jeunesse new-yorkaise d'aujourd'hui s'emparait de son histoire. C'est cette émotion là qui est très forte. Il y a du slam, du break-dance. C'est totalement neuf ! J'aime bien chercher à révolutionner mon art. Quand d'un coup, je tombe sur quelque chose, qui à la fois me touche et révolutionne en même temps le genre, c'est quand même assez captivant !
Merci à Ladislas Chollat pour le temps qu'il nous a accordé
Photos : Julien Vachon Pour Musical Avenue

Oliver Twist, le musical, de Christopher Delarue et Shay Alon
D'après le roman de Charles Dickens
 
A partir du 23 septembre 2015 à la Salle Gaveau
45 rue de la Boétie 
75008 Paris
 
Livret et musique : Shay Alon et Christopher Delarue ; mise en scène : Ladislas Chollat
Assistant à la mise en scène : Eric Supply ; Chorégraphies : Avichai Hacham ; Scénographe Emmanuelle Roy ; Créateur lumières : Alban Sauvé ; Créateur costumes : Jean-Daniel Vuillermoz ; Créateur vidéos : Nathalie Cabrol
 
Avec : Nicolas Motet, Prisca Demarez, Benoît Cauden, David Alexis, Arnaud Leonard, Jeff Broussoux, Catherine Arondel, Gilles Vajou, Hervé Lewandowski, Marina Pangos, Sébastien Valter, Christopher Delarue, Jennifer Barre, Juliette Behar, Théa Anceau et Xavier Ecary
 
Réservations dans les points de vente habituels

 

2 réponses

  1. Anonyme
    Un "bourru de travail" ? Ce ne ne serait pas un "bourreau de travail" plutôt ?:)
  2. Benoît Tourné
    Comme quoi, certaines fois, 2 lettres peuvent faire toute la différence. Merci cher lecteur (chère lectrice). On peut dire que vous avez l’œil ! C'est corrigé et ce, grâce à vous. Merci encore de votre fidélité.

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