Le Théâtre du Châtelet dévoile sa nouvelle saison

La présentation de la nouvelle saison du Théâtre du Châtelet s'est tenue ce mercredi 27 mars dans l'enceinte de l'Hôtel de Ville de Paris. Première saison d'une nouvelle direction qui se démarque sensiblement de la précédente...

Voilà maintenant plus de deux ans que le Théâtre du Châtelet est fermé pour travaux. La réouverture de cette institution est prévue pour la rentrée prochaine, et fera peau neuve pour l'occasion avec une nouvelle direction. En effet, l'ancien directeur Jean-Luc Choplin avait annoncé qu'il quittait ses fonctions au moment de la fermeture. Après un rapide passage à la Seine Musicale, il est aujourd'hui à la tête du Théâtre Marigny et visiblement bien décidé à en faire une figure incontournable de la comédie musicale en France, comme il l'avait fait avec le Théâtre du Châtelet. Avec la nouvelle direction de Ruth Mackenzie et de Julien Lauriot dit Prévost, on pouvait donc s'interroger sur la place qu'occuperait la comédie musicale dans leur programmation.

Un américain de retour à Paris

Malheureusement, la comédie musicale se voit réduite à peau de chagrin dans cette saison 2019/2020. Une seule sera présentée, à savoir la reprise d'Un Américain à Paris pour les fêtes de fin d'année. Ce spectacle a été créé sur cette même scène du Châtelet en 2014, avant d'aller à Broadway, Londres et bientôt le Japon. Les représentations auront lieu du 28 novembre 2019 au 1er janvier 2020. Une belle occasion de revoir cette œuvre pleine de charme avec de superbes chorégraphies signées Christopher Wheeldon (qui a d'ailleurs remporté un Tony Award pour ce spectacle). En bonus, un atelier d'initiation aux claquettes sera proposé chaque soir avant le spectacle.

Robert Fairchild et Leanne Cope dans

Robert Fairchild et Leanne Cope dans "An American in Paris"

On notera tout de même quelques spectacles musicaux dans la programmation, notamment Perle noire : méditations pour Joséphine (du 11 au 17 avril 2020), une création autour de l’œuvre de Jospéhine Baker mise en scène par Peter Stellars, Les Troyennes (du 20 au 26 juin 2020 ), un opéra coréen aux sonorités K-Pop, ou encore Saül (du 21 au 31 janvier 2020), un oratorio de Georg Friedrich Haendel dans une mise en scène de Barrie Kosky, que Ruth Mackenzie a décrit comme n'étant pas loin de la comédie musicale.

La danse mise à l'honneur

Les amateur.rice.s de danse seront par contre bien gâté.e.s, avec en premier lieu le Festival d'Automne qui proposera une soirée dédiée à William Forsythe (du 4 au 10 novembre 2019), et une autre à Merce Cunnigham (du 14 au 20 novembre 2019). Les Étés de la danse, qui retrouvent le Théâtre du Châtelet après deux éditions à la Seine Musicale et un passage cet été au Théâtre Mogador, seront également à l'affiche. Deux compagnies seront également invitées, à savoir le Dutch National Ballet qui présentera Cendrillon de Christopher Wheeldon (du 2 au 8 juillet 2020), et l'English National Ballet avec la venue très attendue de Giselle revisitée par Akram Khan (du 11 au 18 juillet 2020). Sans oublier le Tanztheater Wuppertal, la compagnie fondée par Pina Bausch, qui sera également programmé avec Les Sept Péchés capitaux (du 24 au 29 mars 2020), sur une chorégraphie de Pina Bausch et des musiques de Kurt Weill. Une très belle programmation mêlant classique et contemporain, chorégraphies emblématiques et créations plus récentes.

Tamara Rojo, Cesar Corrales et Begona Cao dans

Tamara Rojo, Cesar Corrales et Begona Cao dans "Giselle" d'Akram Khan ® Dave Morgan

A noter que la saison s'ouvrira avec Parade, du 13 au 15 septembre 2019. Il ne s'agit (malheureusement) pas de la superbe comédie musicale de Jason Robert Brown, mais d'une création rendant hommage au ballet éponyme qui fit scandale lors de sa création en 1917 au... Théâtre du Châtelet. Un retour aux sources, en quelque sorte. Le spectacle, qui débutera sur le parvis de l'Hôtel de Ville avant de se poursuivre sur la scène du Châtelet, sera une collaboration entre trois compagnies de cirque.

En somme, nous avons là une saison très intéressante et riche avec de nombreux spectacles d'horizons variés, mais qui marque clairement un changement de cap par rapport à ce que proposait Jean-Luc Choplin. On ne peut que regretter la quasi absence de la comédie musicale, qui semble ici réduite au divertissement de fin d'année pour remplir les caisses. La question de l'identité du théâtre se pose également face à cette programmation que ne renierait pas le Théâtre de la Ville...

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