Le Théâtre de la Ville lance une invitation à se promener, à se perdre et à se retrouver dans les plaisirs des mots avec le dernier spectacle de Jean-Michel Ribes : Un pas de côté… et l’autre aussi.
Le cabaret de l’absurde
Jean-Michel Ribes présente ainsi un ensemble de textes, composé des siens, mais aussi de ceux d’Alexandre Vialatte, Jean Tardieu, Raymond Queneau, Roland Topor. Ce spectacle est conçu comme un véritable cabaret, une succession de numéros joués et chantés se superposant sans véritable lien. Le spectateur est invité à découvrir des bribes de conversations de spectateurs d’un musée ou la rupture ubuesque d’un couple dont l’un des deux est suspendu dans le vide au rebord du balcon.
Chaque scène raconte une petite histoire, jouant de quiproquos et des bons mots pour le plus grand bonheur des spectateurs : un florilège de textes et de chansons au service de la langue, du calembour, du jeu de mots dans une belle tradition de l’oulipo. Le spectacle porte très bien son sous-titre « promenade en absurdie » car l’absurde apparaît bien comme le fil rouge, la trame qui relie les numéros si différents.
Enchantement du jeu et rythme inégal
Si le travail de la langue est délicieux et les interprètes excellents, toutes les scènes ne font pas mouche. Certaines sont réjouissantes quand d’autres tombent à plat. Leur succession n’est pas toujours cohérente, voire parfois totalement hachée. Les transitions auraient mérité à être approfondies pour fluidifier le propos.
Sur scène, cinq acteurs et un musicien se relaient dans un paysage de chaises de tous types : fauteuil traditionnel, siège design, tabouret et autres banquettes. Quelques jeux de lumière complètent l’ensemble. L’objectif est clair, cette scénographie n’est qu’une toile de fond pour mettre en valeur les interprètes : la pétillante Justine Garcia – notamment dans son interprétation de la scène de l’ « Ultime Bataille », la mystérieuse Ema Haznadar au chant déroutant, le truculent Quentin Baillot et ses anecdotes improbables « Connaissez vos droits », l’enthousiasmante Marie-Christine Orry à la gouaille imparable. L’invraisemblable David Migeot complète ce collectif haut en couleur.
Jean-Michel Ribes s’est associé à son complice Reinhardt Wagner au piano qui soutient les comédiens, assure les transitions et accompagne les chansons ubuesques.




Le public de tous ages rit, sourit, s’esclaffe et s’offusque avec plaisir et décontraction. On jubile encore à la sortie du théâtre en repensant aux scène « Un mot pour un autre » (Jean Tardieu) ou « Cuisine cannibale » (Roland Topor). Malgré ses imperfections, Un pas de côté… et l’autre aussi redonne indéniablement envie de se replonger dans toute cette littérature dadaesque pour de nouvelles promenades en absurdie !
