Reportage : Cérémonie des Marius 2009, compte-rendu et réactions

Hier s'est donc déroulée au Théâtre le Trianon de Paris la cinquième cérémonie des Marius, qui a récompensé les musicals de l'année et leurs interprètes. Incontestablement, le grand vainqueur de la soirée est L'Opéra de Sarah, d'Alain Marcel, avec pas moins de trois Marius. Nous vous proposons un compte-rendu de cette soirée particulière et des réactions des principaux vainqueurs.

Il est 21h, le théâtre Trianon ouvre ses portes au public venu nombreux (mais pas assez pour remplir complètement la salle) célébrer les artistes qui nous ont fait vibrer cette saison. Poussant bien plus loin l'idée novatrice de l'an dernier, nous avons assisté à une remise de prix sous forme de comédie musicale. Ludovic-Alexandre Vidal (paroles), Raphaël Bancou (musiques), Aurélie Moreau (chorégraphies) et Samuel Sené (mise en scène) ont accepté de relever le défi.

Matthieu Gallou, directeur des Musicals, entre en scène et nous annonce que le/la lauréat(e) pour le Marius d'honneur n'est pas venu(e), son nom sera d'ailleurs tu. La première récompense décernée est celle du meilleur long-métrage, pour Le bal des actrices.

Le rideau s'ouvre alors sur la cérémonie proprement dite. La scène se déroule dans un café, dans lequel Fabian Richard joue l'amoureux transi de Christine Bonnard, qui préfèrerait une vedette américaine. Une équipe de  trois serveurs et une cliente, joués par Julien Husser (prochainement dans Merlin l'Enchanteur), Claire Baradat (Anne, le musical), Jean-Michel Vaubien (Fame) et Diane Dassigny (La petite sirène), va contribuer à l'avancement du spectacle. Huit musiciens les accompagnent. 

Ce soir, Christine et Fabian font des rêves étranges : les deux personnages se voient remettre des Marius pendant qu'autour d'eux, la scène se fige. Les lauréats participent malgré eux au déroulement de cette histoire simple, allégeant ainsi le décorum d'une telle cérémonie.

L'histoire sert de prétexte aux remises de prix. Le Marius de la  meilleure production internationale (On the Town) et celui de l'adaptation française (Marlène D.) sont remis tout d'abord. L'importance des seconds rôles est soulignée par Claire Baradat alors que David Bàn remporte la récompense. Dans sa recherche d'un idéal masculin, Christine Bonnard va remettre le  Marius du meilleur interprète masculin à Jérôme Pradon. Celui-ci, ramassant un stylo tombé par terre, le remet à Christine qui s'empresse de le glisser lascivement dans son bustier.

Fabian va ensuite remettre le Marius du meilleur musical jeune public (Dothy et le magicien d'Oz) avant d'essayer de rendre Christine jalouse en  séduisant la meilleure interprète féminine (Amélie Munier). La jeune lauréate, ne se démontant pas, fait remarquer au présentateur qu'il sent légèrement la transpiration, sous les rires du public !

Afin de ravir le cœur de Christine, Fabian choisit de lui offrir une chanson,  celle du prix Claude-Michel Schönberg de la meilleure chanson ("Plaire",  de L'Opéra de Sarah), interprétée magistralement par Jérôme  Pradon. C'est incontestablement le moment fort de la soirée. Christine est conquise.

Pour clôturer le tout, les deux nouveaux amoureux décernent en duo et  simultanément les Marius du meilleur spectacle musical catégorie théâtre musical (L'Opéra de Sarah) et celui du spectacle musical (Les Frangines chantent les Sœurs Etienne). Une dernière chanson permet de conclure la cérémonie sur une ode à l'amour et au musical.

Après tant d'émotions, les artistes, les professionnels et le public se retrouvent dans le foyer du Trianon pour échanger leur sentiment. Les rafraîchissements sont les bienvenus tant la température est élevée.

C'est à cette occasion que la rédaction de Musical Avenue recueille pour vous les impressions à chaud des lauréats.

David Bàn, meilleur interprète dans un second rôle (Grease) :

"Je suis super heureux, ça fait vraiment plaisir de recevoir un prix  qui représente un bon travail sur le spectacle. En plus, mon frère  (Laurent Bàn a eu un prix pour "Marlène D.", ndlr), et Amélie (Munier,  également dans "Grease" ndlr) ont aussi un prix, donc voilà, c'est super, ce n'est que du bonheur, vive le musical, et vive le rock 'n' roll !"

Dans son joli ensemble, et toute de noir vêtue, Amélie Munier, meilleure interprète féminine (Grease) :

"Depuis le début, je ne m'attends jamais à rien, comme ça on n'est pas  déçu. Donc ça me fait très plaisir ! Au départ, je ne devais absolument pas le faire, je me suis retrouvé là-dedans un peu à la dernière minute, tout s'est un petit peu précipité. J'ai passé une audition avec quelqu'un qui voulait absolument que ce soit moi. C'était la première fois de ma vie que ça m'arrive, en 10 ans d'auditions, de spectacles. Ca m'a fait du bien, mais en même temps ça me mettait une pression importante, parce que si je ne répondais pas aux attentes on allait dire "on l'a faite venir, et en plus elle n'est pas bonne". Pour moi, ça a été très stressant mais au final, les choses se sont bien passées."

David Alexis, acteur dans Dothy et le magicien d'Oz, meilleur musical, catégorie jeune public :

"Le premier mot qui vient c'est évidemment "émotion", parce que c'est toujours émouvant de recevoir un prix, d'autant que le prix pour "Le magicien d'Oz" est vraiment un prix commun, comme j'ai pu le dire sur scène, parce que toute la troupe n'était pas là. Mais ça montre aussi qu'il y a des possibilités, des choses à faire, et que tout spectacle quel qu'il soit peut avoir la possibilité d'obtenir une petite récompense. Evidemment, "Le magicien d'Oz" a eu la chance d'avoir un budget peut-être plus conséquent qu'un autre spectacle, mais l'énergie est la même car ce sont les artistes qui transpirent sur scène, et une équipe dans l'ombre qui bosse. Tout cela est prometteur, il y a encore beaucoup de choses à faire et à défendre, et vivent les musicals !"

Laurent Bàn, adaptateur de Marlène D., meilleure adaptation :

"Je suis très fier, parce que d'une part c'est une première pour moi, la première fois que je me lance dans l'écriture. Ça a été difficile à monter, c'est un spectacle qu'il a fallu faire venir à Paris. On a eu la chance d'avoir le Lucernaire qui s'est proposé tout de suite, mais c'est vrai que ce n'est pas évident, c'est un spectacle qui est riche, avec une vraie performance d'acteur, et comme c'est un homme qui interprète une femme, on a tendance à faire un amalgame avec le travestissement. La presse a su retranscrire l'essence du spectacle et faire connaître ce show. Je suis très content pour moi et Quince (l'interprète de "Marlène D." ndlr)."

Aux côté de Laurent Bàn justement, Quince, l'artiste qui interprète Marlène Dietrich sur scène nous souffle, dans sa belle robe de gala pailletée, que son Français n'est pas encore parfait (bien qu'il se familiarise avec la langue de Molière pour la présentation du spectacle à Paris) mais qu'il pourrait nous parler avec plaisir pendant des heures de Marlène, Gabin et leurs contemporains. Un beau clin d'œil à une époque qui nous transporte.

Jérôme Pradon, interprète de L'Opéra de Sarah (théâtre musical, meilleur interprète et meilleure chanson originale)

"Trois Marius et un Molière, ça va, on est content pour la première partie ! Alain a eu l'idée de faire un spectacle avec juste un acteur et pas de décor, qui raconte une histoire. C'est inespéré, parce qu'au départ, le thème de Sarah Bernhardt, personne n'en voulait. Elle est considérée comme une vieille ringarde surannée et n'intéressait personne. Et puis un homme sur scène qui joue Sarah Bernhardt ? Sans décor et sans costume ? Personne ne voulait de nous, car pour les gens cela ne représentait rien. Il n'y avait pas de gros nom, donc il a fallu qu'on fasse des lectures pour présenter le projet. Et tout d'un coup les gens étaient pris. Ils ne voulaient pas en entendre parler avant de venir, et après ils disaient que c'était génial. C'est un spectacle qui demande une énorme énergie mais qui la fournit en même temps. J'étais un peu sur des rails, je n'ai pas eu de problèmes physiques ou de santé. Ca roulait, mais c'était crevant et j'ai perdu des kilos !"

Rosalie Symon et Rachel Pignot (meilleur musical, catégorie spectacle musical pour Les Frangines chantent les Sœurs Etienne)

"C'est vraiment une histoire qui s'est faite avec pas grand chose au départ, juste une idée, une envie. Plein de gens nous ont accompagnées depuis le départ, des musiciens formidables, une équipe d'ingénieurs sons, de régisseurs lumières, maquilleurs, tous très professionnels. C'est une manière de les remercier aussi, et c'est formidable de se dire que ce spectacle est arrivé à ce niveau de reconnaissance. On est très heureuses pour toute l'équipe."

Ludovic-Alexandre Vidal, auteur sur les chansons de la soirée

"Je suis épuisé... Ces dernières semaines ont été difficiles pour préparer en un laps de temps très court le happening, les Marius et Le prince et le pauvre qui reprend dans une nouvelle mouture pour la première semaine du Festival. Deux étapes ont déjà été franchies avec les deux one-shots, maintenant, dernière ligne droite! Je suis content en tout cas pour cette cérémonie dont j'avais voulu le texte léger autour d'une intrigue très simple, en tout cas, surtout pas prise de tête. Les échos qu'on a sont plutôt bons pour l'instant, je crois qu'on a réussi à dépoussiérer un peu le genre, à faire que les gens ne s'ennuient pas et que les nominés soient détendus... Merci en tout cas au public d'être venu en nombre et merci du fond du coeur à toute l'équipe des Marius."

Le festival Les Musicals sera officiellement inauguré le 6 juillet prochain à 21h au Trianon (entrée libre). Vous pouvez trouver toutes les informations et les actualités sur le festival dans notre espace dédié.

Crédits photos : Samuel Sebban
Reportage réalisé par Stephany Kong, Pierre Stril et Samuel Sebban

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