« Broadway Rhapsody » à l’Opéra de Massy et en tournée

Temps de lecture approx. 4 min.

Cyrille Dubois et l’ensemble Artecombo se sont associés pour proposer un récital autour du répertoire de deux géants de la comédie musicale du début du XXe siècle : George Gershwin et Kurt Weill. Musical Avenue a pu découvrir leur spectacle à l’Opéra de Massy

Plus qu’un récital

Sur le papier, ce spectacle est un récital autour du répertoire de George Gershwin et Kurt Weill. Pourtant, sur scène, c’est bien davantage : la forme récital présente le risque de devenir une énumération de morceaux déconnectés les uns des autres et sans rythme. Pour éviter cette monotonie, le choix artistique a été de créer une légère narration qui sert de fil rouge au concert. Celle-ci est bienvenue, de même que le choix de surtitrer les chansons. Ces choix permettent effectivement de s’éloigner de la forme « concert » pour se rapprocher de celle de « comédie musicale » et apportent un souffle de légèreté bienvenue.

Le public est invité à suivre Samuel Jourdan Jr. (interprété par Cyrille Dubois), petit-fils d’un célèbre acteur d’Hollywood dont il a hérité d’un théâtre sur Broadway. Il décide d’organiser un concert d’inauguration et, pour cela, recrute des musiciens dont on suit les répétitions. Ses dilemmes internes, l’absence de sa bien-aimée et le stress de ne pas être à la hauteur de son aïeul sont autant de prétextes pour entonner des airs tirés du répertoire de George Gershwin et Kurt Weill – et même un peu plus puisque les artistes se sont amusés à glisser des petites références à des comédies musicales scéniques et filmées d’autres compositeurs. Le grand-père (interprété également par Cyrille Dubois) est en lui-même un hommage à Georges Guétary, Maurice Chevallier et autant d’artistes de l’âge d’or d’Hollywood.

©-Leo Jean Joachim

Une scénographie originale et soignée pour un récital

Cette narration s’accompagne d’une scénographie également dynamique : les musiciens et chanteur ne demeurent pas statiques mais jouent des petits rôles. La scène s’adapte donc et devient les coulisses d’un théâtre : caisses de décors, portant de costumes et miroirs à ampoule donnent une matérialité supplémentaire à l’histoire. L’ensemble est complété de projections qui, sous forme de dessin animé, illustrent les propos de la voix off ou présentent des extraits de films du grand-père. Ces derniers font office de voix intérieure avec laquelle discute Samuel tout au long du spectacle. On ressent cette volonté de créer un lien entre la musique, la scène et le cinéma, un triptyque central à l’histoire de la comédie musicale américaine.

« Clap yo’ hands »

Musicalement, Cyrille Dubois a sélectionné des airs plus ou moins connus de Kurt Weill et George Gershwin. Il les fait dialoguer, alliant l’humour et l’entrain de Gershwin aux envolées lyriques de Weill. Il partage la scène avec l’ensemble ArteCombo composé de six musiciens (piano, cor, flûte, basson, hautbois et clarinette). Excellents musiciens, ils présentent des arrangements de standards comme « Little Jazz Bird », « Stairway to Paradise », « I Am a Stranger to Myself » avec un enthousiasme et une complicité communicatifs. Il est cependant dommage qu’ils ne jouent jamais par cœur, de même que leurs petits rôles auraient pu être étoffés, alors que cela aurait renforcé la cohérence de la narration et de la mise en scène. Cyrille Dubois, de son côté, fait feu de tout bois, offrant de belles interprétations de ces morceaux qu’il affectionne. Ce travail de quasi one man show semble parfois le fatiguer bien que la vidéo lui permette d’avoir des partenaires de jeux salutaires. On retiendra notamment sa très belle interprétation de « Swanee » et « It Ain’t Necessarilly So ».

Broadway Rhapsody offre une belle soirée qui créé des ponts entre les publics de la comédie musicale et ceux de l’opéra de tous âges. Si certains choix artistiques auraient pu être renforcés, les spectateurs ressortent ravis d’avoir (ré)entendu ces airs emblématiques et entêtants.

Broadway Rhapsody
Image de Segolene Boulai

Segolene Boulai

Après une enfance bercée par les claquettes de Fred Astaire et la voix de Marnie Nixon, mon amour de la comédie musicale nait lors d'un inoubliable passage à Broadway pour voir "Matilda". Dès la fin du voyage, je me mets à grappiller toutes les informations possibles sur ce genre idéal pour moi qui ne veux pas choisir entre la danse, le théâtre, la musique et le cinéma. L'arrivée à Paris est l’occasion de découvrir la place croissante du spectacle musical en France, au-delà de tout ce que je soupçonnais. Et here I am ! ayant à cœur de partager toujours davantage cette passion, je rejoins l’équipe de Musical Avenue en 2021.
Partager l'article :

NOS PODCASTS

Retrouvez tous nos épisodes de "Musical Avenue, le Podcast" ! Infos, anecdotes, rires ou coups de gueule sont au rendez-vous de ce nouveau format lancé en mai 2022

Dossiers "une saison de musicals 2025-2026"

Que voir en France, à Broadway, dans le West End ou ailleurs dans le monde ? Retrouvez notre sélection de la saison !

Partenaire officiel des Trophées de la Comédie Musicale

Retrouvez tous les informations sur la prochaine cérémonie des Trophées de la Comédie Musicale

Un peu de lecture ?

Articles de la même catégorie