Il existe des films qui ont marqué toute une génération. Labyrinth en fait partie, laissant une empreinte indélébile dans l’imaginaire collectif de ceux qui l’ont découvert dans les années 1980. Sorti il y a tout juste 40 ans, le 27 juin 1986, le film méritait bien que cet anniversaire soit souligné comme il se doit. Et quelle meilleure façon de le célébrer qu’avec un ciné-concert ? Ce 8 septembre, Montréal a eu le privilège de donner le coup d’envoi de la tournée nord-américaine de cette production. Retour sur cette soirée haute en couleur et en émotions !
Un film qui n’a rien perdu de sa magie
Ils étaient nombreux réunis au Théâtre St-Denis – certains même déguisés – pour revivre ce classique culte avec sa bande originale emblématique interprétée en direct. L’histoire de la jeune Sarah (Jennifer Connelly), contrainte de traverser un immense labyrinthe pour retrouver son petit frère au royaume des gobelins, gouverné par le puissant roi Jareth (David Bowie), continue de fasciner, même après toutes ces années.
Il faut dire que Labyrinth réunissait déjà beaucoup d’ingrédients pour marquer les esprits : une métaphore du passage de l’adolescence à l’âge adulte à travers le parcours initiatique de Sarah, un David Bowie au sommet de sa gloire et un univers visuel foisonnant, peuplé des inoubliables créatures de Jim Henson. Quarante ans plus tard, ses effets visuels ont d’ailleurs étonnamment bien traversé le temps, à une époque où tant de films ont désormais recours aux images générées par ordinateur. Une inventivité artisanale qui participe encore aujourd’hui à tout son charme.
Revoir un film qu’on a beaucoup aimé dans son salon, seul ou avec des amis, c’est une chose. Mais le redécouvrir dans une salle, entouré de centaines de fans qui connaissent ses moindres répliques et chansons, c’en est une autre. Et c’est là toute la magie du ciné-concert.
Quand la bande originale prend vie
Avec Labyinth : In Concert, la production ne s’est d’ailleurs pas contentée de projeter le film sur grand écran HD en l’accompagnant de musiciens. Elle a cherché à faire déborder sa magie jusque dans la salle. Le public était invité à chanter et à danser, mais aussi à réagir aux séquences clés du film. Et il ne s’est pas fait prier, allant jusqu’à reprendre à l’unisson certaines répliques, dont le fameux « You have no power over me » de Sarah, véritable affirmation d’émancipation au terme de son parcours. Par moments, il se passait presque autant de choses dans la salle qu’à l’écran !
Chaque apparition de David Bowie a provoqué son lot d’acclamations, tandis que certaines scènes emblématiques, comme le bal masqué ou celle inspirée des escaliers d’Escher, ont été particulièrement applaudies. Les rires ont eux aussi éclaté régulièrement au fil des nombreuses scènes comiques. Car on l’oublierait presque : derrière son univers fantastique, parfois inquiétant, Labyrinth est également un film profondément teinté d’humour.
Installés sous l’écran, les six musiciens se sont donnés à fond pour faire vivre en direct la musique de Trevor Jones et accompagner l’inoubliable voix de David Bowie. L’équilibre sonore avec le film était très réussi, sans jamais couvrir les dialogues. La directrice musicale Rose Van Dyne a guidé l’ensemble avec assurance, tout en créant un véritable lien avec le public, s’adressant à lui à quelques occasions.
Les jeux de lumière, se prolongeant jusque dans la salle au rythme des scènes et des chansons, ont contribué eux aussi à donner une nouvelle dimension au film. Ses airs les plus célèbres ont alors pris une ampleur particulière, que l’on pense seulement à « Underground », « Magic Dance » ou encore « As the World Falls Down ».
Amusant, immersif et surtout réconfortant, ce ciné-concert mise aussi sur un ingrédient essentiel : la nostalgie. Celle qui permet, le temps de quelques heures, de retrouver intactes les émotions ressenties devant un film découvert des décennies plus tôt. Mais plutôt que de simplement regarder vers le passé, Labyrinth : In Concert réussi à transformer cette nostalgie en une véritable expérience collective. Une belle façon de célébrer les 40 ans du film, alors que la tournée nord-américaine ne fait que commencer !
