Critique : "Notre-Dame de Paris" au Palais des Congrès

Enfin ! L’impatience était palpable ce jeudi soir lors la générale de presse de la reprise de Notre-Dame de Paris, le spectacle musical de Luc Plamondon et Richard Cocciante créé en 1998. Mais l’attente en valait-elle vraiment la chandelle ?

Il nous tardait de nous rendre au Palais des Congrès pour découvrir Notre-Dame de Paris, malgré notre petite déception récente des Dix Commandements, l’autre spectacle musical français à succès du début des années 2000. Il faut dire que le showcase presse de juin dernier nous avait bien donné envie grâce à sa distribution certes peu connue (à l’exception sans doute de Daniel Lavoie, seul membre de la troupe originale à être de retour) mais vocalement irréprochable.

De gauche à droite : Angelo Del Vecchio (Quasimodo), Alyzée Lalande (Fleur-de-Lys), Daniel Lavoie (Frollo), Hiba Tawaji (Esmeralda), Richard Charest (Gringoire), Martin Giroux (Phoebus) et Jay (Clopin)

L’autre raison, plus évidente, était notre curiosité de découvrir enfin sur scène un spectacle dont nous connaissions déjà (presque) toutes les chansons par coeur. Nous n’étions visiblement pas les seuls à être enthousiastes, à en croire les applaudissements nourris à l’ouverture du spectacle mais aussi lors des morceaux les plus connus comme « Le temps des cathédrales », « Vivre » ou bien sûr « Belle ».

À quelques minutes du démarrage du spectacle au Palais des Congrès...

Une excellente distribution qui vaut à elle seule le détour


Au premier abord, on aurait pu penser qu’il était un peu risqué de choisir des « inconnus » du grand public pour assumer les rôles principaux rendus célèbres par Hélène Ségara, Patrick Fiori, Julie Zenatti ou encore Garou.
Pour autant, le choix se révèle finalement judicieux car on a affaire ici à des artistes accomplis tant au niveau vocal qu’au niveau de l’interprétation. On pense en particulier aux artistes féminines, Hiba Tawaji (« The Voice ») et Alyzée Lalande (Le voyage extraordinaire de Jules Verne) qui nous ont bluffées par leur magnétisme sur scène et surtout leur capacité à projeter leurs émotions vers un public globalement très éloigné d’elles en raison de la taille du Palais des Congrès.
Le canadien Richard Charest (Gringoire) et l’italien Angelo Del Vecchio (Quasimodo) tirent aussi leur épingle du jeu avec leur timbre de voix et leur interprétation déjà bien rôdée, ayant déjà joué dans d’autres productions internationales de Notre-Dame de Paris

L'envoutante Hiba Tawaji dans le rôle d'Esmeralda

Quelques faiblesses et une baisse de rythme au 2ème acte

Loin d’être un concert de chansons, Notre-Dame de Paris est un spectacle musical qui intègre un brin de dramaturgie basée sur l’oeuvre de Victor Hugo et comporte surtout de très jolies musiques de Richard Cocciante. En comparaison, les paroles de Luc Plamondon sont quelque peu restées trop « basiques » et répétitives pour véritablement emporter notre adhésion.

Après un départ tambour battant, la fin du 1er acte et surtout le 2ème acte nous ont un peu plongé dans l’ennui en raison du rythme très lent illustré par une succession de solos et balades. Malgré tout, la beauté de certaines chansons et l’énergie communicative envoyée par les artistes et danseurs n’ont pu que recevoir nos applaudissements sincères lors des saluts.

Daniel Lavoie (de retour dans le rôle de Frollo) et Martin Giroux, successeur de Patrick Fiori pour incarner Phoebus

Pas une ride pour un spectacle qui devrait plaire au plus grand nombre

En résumé, bien que pas totalement convaincus par Notre-Dame de Paris, nous hissons ce spectacle musical parmi les meilleurs de son genre et nous comprenons entièrement pourquoi il déclenche autant d’émotions positives parmi le public d’hier et d’aujourd’hui. Au-delà du déchirement moral et physique vécu par les personnages, ce sont surtout les chansons intemporelles qui touchent en plein coeur les spectateurs. Nul doute qu’ils devraient être au rendez-vous pour applaudir cette jolie production, que ce soit à Paris ou en tournée !

Crédit photos : Page Facebook officielle du spectacle

Notre-Dame de Paris
Stephany Kong

Stephany Kong

Parisienne de naissance et de cœur (ici c'est Paris !), fan de Disneyland et de cinéma américain, j'ai grandi au Japon et à Singapour puis découvert la comédie musicale au cours de mes études en Angleterre avec "Wicked". Devenue une fervente supportrice du genre, j'ai rejoint MusicalAvenue à mon retour en France, en parallèle de mon activité professionnelle de chef de projet chez EDF.
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