Critique “Radio Michel, le spectacle musical”, à la Scène Parisienne

Temps de lecture approx. 4 min.

Il y a déjà un an de cela, nous avions assisté à la présentation de la première partie de Radio Michel, le spectacle musical, consacré au répertoire musical des Michel et des Michelle. Sans accès au final, le rendez-vous était pris pour découvrir ce qu’il advenait de Radio Michel et ses auditeurs. Entre reprises de titres cultes et références au genre, l’équipe Le Garage dans le Sud présente une jolie histoire à laquelle le public souscrit facilement.

Radio Michel : l’histoire dans l’histoire

Il était une fois, Radio Michel, la radio qui diffuse uniquement des titres chantés par des Michel et Michelle. En 2120, après des années de monopole à l’antenne, la radio n’est plus écoutée. Celle qui fut la première radio de l’Occident (ça ne vous rappelle rien ?) est boudée des auditeurs qui se tournent dorénavant vers Radio François. Que va-t-il advenir de la radio et de son équipe ? C’est l’intrigue que propose d’explorer Julien Baldacchino que l’on retrouve à la mise en scène, à la direction musicale et au livret.

Radio Michel 1

Si le travail sur le spectacle a débuté il y a trois petites années, l’idée d’un support d’écoute dédié au répertoire des Michel est bien antérieur. Cela fait maintenant plus de dix ans que la radio existe en effet sur les ondes. Aujourd’hui, le concept prend vie sur scène autour d’une troupe de comédiennes et comédiens et de cinq musiciens live. L’intention est séduisante : faire vivre la bande-son d’une époque au cœur d’une histoire de bande. On y retrouve le plaisir des radios libres, des tubes diffusés en boucle, des jingles survitaminés et des voix si présentes qu’elles en deviennent familières. Assisté de Gouënaelle Buffard et Baptiste Collion, Julien Baldacchino réveille la fibre nostalgique tout en jouant avec les codes – qu’il connaît si bien – de la comédie musicale.

Entre nostalgie et second degré assumé

Dans le studio de Radio Michel se succèdent des tableaux musicaux composés de standards populaires. Si l’intrigue n’est pas dense, elle n’en est pas moins construite avec une certaine loufoquerie pleinement assumée. 

La scénographie relève de la pure nostalgie. Entre consoles rétros et micros d’un autre temps, l’esthétique rappelle sans difficulté les souvenirs FM. Les références sont donc nombreuses et plongent le spectateur dans un plaisir du souvenir assez savoureux. Cette compilation de données pourrait créer une sorte d’effet de saturation, mais être sans cesse sur le fil de l’hommage et de la parodie fait au final toute la saveur du spectacle.

Radio Michel 2

Musicalement, le spectacle assume son ADN populaire autour de refrains fédérateurs. Au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, les morceaux montent en puissance, sollicitant de plus en plus la participation du public et amenant les artistes à aller à la rencontre des spectateurs directement dans la salle. Il y a évidemment la reprise de grands classiques, des découvertes et des souvenirs qui remontent à la surface. « J’avais oublié celle-ci », se dit le spectateur à la sortie.

Face à cette bande son ultra éclectique et tout à fait adaptée à chaque situation représentée, les interprètes sont solides, tant vocalement que physiquement, faisant preuve d’une belle énergie collective. Angéline Petit – à la conception chorégraphique – propose des mouvements simples et bien exécutés ; chacun participe à créer un ensemble cohérent, soutenu par un collectif de musiciens qui participent tout autant au plaisir de la soirée : la tant regrettée musique live, absente de beaucoup de spectacles musicaux actuels. Côté costumes, Alexia Pick joue avec les codes vestimentaires de la pop et de la variété et se permet quelques dérives assez drôles.

Radio Michel, le spectacle musical est un format chaleureux, parfois inégal, mais sans conteste très efficace. Que raconte t-il au-delà d’une compilation vivante ? S’agit-il d’un regard critique sur l’uniformisation de la musique et ses algorithmes, ou d’un pur divertissement au profit de la mémoire collective ? La réponse n’est pas si simple. 

Ce que nous pouvons dire : le spectateur suit l’intrigue avec plaisir du début à la fin. Il rit et s’en trouve également ému, chantant tout le répertoire des Michel et Michelle. C’est donc une réussite.

La troupe joue sa dernière représentation le 24 février prochain. Pour prendre votre place, c’est par ici

Crédits Photos : Elise Akopcan et Thomas Wattine

Radio Michel, le spectacle musical
Image de Eve-Marie Leroy

Eve-Marie Leroy

Enfant d’une mère passionnée de films musicaux et d’un père amateur de jazz et d’opéra, je ne pouvais que tomber dans la marmite des comédies musicales. Cela fait 30 ans que Mary Poppins est entrée dans ma vie et depuis, je jongle entre les classiques de Broadway mêlant claquettes et chapeaux haut de forme et les propositions plus avant-gardistes. Grande admiratrice d’Andrew Lloyd Webber dans un corps de Responsable Ressources Humaines, MusicalAvenue est l’occasion pour moi d’intégrer une troupe de passionnés de cette belle discipline qu’est le Musical
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