Critique : “Dirty Dancing” à la Salle Wilfrid-Pelletier de Montréal

Les fans du film culte l’attendaient de pied ferme ; l’occasion de revivre leur jeunesse à bonne dose de séquences émotions. Toute personne ayant grandi dans les 1980 se rappelle en effet à quel point Dirty Dancing a été un phénomène à sa sortie et même encore aujourd’hui, 30 ans plus tard. Mais reprendre un tel classique sur scène est tout un défi, surtout quand les attentes sont si élevées.

Du film à la comédie musicale

Sorti en 1987, Dirty Dancing se déroule à l’été 1963 alors que Frances "Baby" Houseman (Jennifer Grey) passe des vacances familiales dans les montagnes de Catskill où elle tombe amoureuse de Johnny Castle (Patrick Swayze), le sexy professeur de danse du centre de villégiature.
Dirty DancingDe passage à Montréal dans le cadre de sa tournée nord-américaine, la comédie musicale qui en est tirée a fait le tour du monde depuis ses balbutiements à Manhattan en 2001 sous la forme d’un atelier scénique. Présenté à Londres de 2006 à 2011, il est le spectacle demeuré le plus longtemps à l’affiche dans l’histoire du théâtre Aldwych. Rien que son titre est vendeur ; il n’en faut pas plus pour que des milliers de personnes décident d’aller le voir.

Dirty DancingEt pourtant, la nostalgie n’est pas toujours gage de succès. Bien sûr, il y a les répliques, reprises presque à l’identique, les costumes, fidèles au film, les chorégraphies, similaires aussi. Pratiquement toutes les scènes du long-métrage sont rejouées, comme des tableaux qui s’enchainent. C’est d’ailleurs la scénariste du film, Eleanor Bergstein, qui a signé le livret de la production.

Chansons, décors et autres absents

Mais en voulant ainsi coller à la trame originale, le film n’est pas réellement réinventé pour les besoins de la scène. Attribuer le nom de "comédie musicale" à ce spectacle est même abusif puisqu’il s’agit avant tout de numéros de danse intercalés par beaucoup de dialogues et très peu de parties chantées. Celles-ci ne le sont jamais par les protagonistes principaux et plus souvent enregistrées qu’en live. Il y a certes un orchestre sur la scène, mais il ne joue qu’à certains moments.

Dirty Dancing
"Do You Love Me", "Hungry Eyes", "The Time of My Life"… on ne compte plus les tubes du film qui forment aussi la bande-son du spectacle. Mais pourquoi avoir omis "She’s Like the Wind", chanson importante dans le long-métrage, interprétée par Patrick Swayze lui-même ? La production a choisi de livrer ce morceau uniquement dans une version instrumentale avortée. Autre choix discutable, l’intégration d’éléments du décor par projections visuelles. Si cela fonctionne plutôt bien pour les images du centre de villégiature, d’autres tombent dans le ridicule comme celles du champ et de la rivière où Johnny et Baby pratiquent leurs pas de danse. Un choix facile, peut-être délibérément voulu pour faire rire, mais qui déçoit au final.

Johnny, Baby et Penny

Se glisser dans la peau de Johnny Castle n’est pas chose aisée. Patrick Swayze a tellement bien campé ce personnage que l’on peut difficilement imaginer un autre interprète à sa place. Christopher Tierney (Spiderman : Turn Off The Dark) avait donc une lourde tâche en reprenant ce rôle particulier. Très bon danseur, il arrive cependant assez bien à nous faire croire qu’il est Johnny, avec un physique sensuel et athlétique qui se rapproche d’ailleurs de celui du défunt acteur. Rachel Boone (Cats) est aussi convaincante dans le rôle de Baby, surprenant le public lorsque son personnage gagne en assurance. Mais c’est sûrement Jenny Winton qui rayonne le plus dans cette production, à l’aise dans chacun de ses numéros de danse et on ne peut mieux choisie physiquement pour reprendre le rôle de Penny, interprétée dans le film par la blonde longiligne Cynthia Rhodes.

Dirty Dancing Dirty Dancing
S’il manque l’étincelle pour rendre cette comédie musicale aussi magique que le film, elle n’en demeure pas moins très divertissante avec d’excellents danseurs qui livrent des prestations enlevantes. Le fameux saut final fait son effet et le public est en fin de compte très heureux de s’être replongé dans ce film qui ne cesse de fasciner. Un remake commandé par la chaîne américaine ABC est à ce sujet en production, mettant en vedette Abigail Breslin, Colt Prattes et Nicole Scherzinger ! À suivre…


Dirty Dancing d'Eleanor Bergstein

Présenté par evenko et Broadway Across Canada

Du 31 mai au 5 juin 2016 à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal

Mise en scène : James Powell ; Costumes; Jennifer Irwin ; Éclairages: Tim Mitchell ; Son: Bobby Aitken ; Supervision musicale et orchestrations: Conrad Helfrich ; Chorégraphies: Michele Lynch d'après les chorégraphies originales de Kate Champion.

Avec : Christopher Tierney, Rachel Boon, Doug Carpenter, Jesse Carrey-Beaver, JeromeHarmann-Hardeman, Gary Lynch, Herman Petras, Alex Scolari, Evan Alexander Smith, Margot White, Mark Elliott Wilson, Jenny Winton, John Antony, Rachel Marie Bell, Danielle Diniz, Sally Glaze, Jennifer Jones, Terace Jones, Mark MacKillop, Kevin Mylrea, Michael Thomas Pugliese, Amy Quanbeck, Alana Randall, Benjamin Rivera, Sean Rozanski et Devan Watring.

Crédit photos : Matthew Murphy

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