Critique : “Floyd Collins, the musical” au Wilton’s Music Hall à Londres

Basé sur les faits réels, Floyd Collins, the musical de Adam Guettel et Tina Landau, raconte la lutte pour sauver la vie d’un explorateur de caverne pris au piège sous terre dans les années 20.

Bien qui définitivement un musical d’avant-garde, poussant presque encore plus loin que Sondheim les limites du genre, Floyd Collins a néanmoins été créé il y a 22 ans, d’abord à Philadelphie en 1994, puis à New York à Playwrite Horizon en 1996.  Cette nouvelle version à Wilton’s Music Hall est la troisième production londonienne, après celle du Bridewell en 1999 puis du Southwark Playhouse en 2012. 

Un musical du petits-fils de Richard Rodgers

Comme la plupart des œuvres d'Adam Guettel (The Light in the Piaza), Collins possède d’un part d’irrationnel et de discordant.  C’est difficile de concevoir que Guettel est le petit-fils du grand Richard Rodgers, compositeur de The Sound of Music et Carrousel, parmi les grands classiques, et le fils de Mary Rodgers, qui nous donna le délicieux Once Upon a Mattress (1959).  Son écriture est riche mais complexe, difficile à apprécier dès la premier écoute, plus encore que celle de Sondheim.  Loin d’ être accrocheur et suffisant, ce spectacle exige de la concentration et de l’imagination.  Il s’installe dans votre inconscient et reste dans la mémoire bien après avoir quitté la salle.

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Le Wilton's Music Hall à Londres, un lieu idéal pour Floyd Collins

Comme toujours, le magnifique Wilton’s Music Hall, se transforme en lieu parfait, avec la scène, les escaliers, et les rochers derrière.  Un simple échafaudage suffit pour nous suggérer le labyrinthe des tunnels. Le casting est du haut vol, rassemblant des vétérans parfaitement appropriés pour les rôles, mais donnant leurs chances à plusieurs nouveaux venus talentueux dans leur premier ou second rôle professionnel.

Daniel Booroff est parfait dans le rôle de “Skeets” Miller, dont le passage à l’adulte se fait dans les grottes.  Ashley Robinson est né pour jouer le rôle de Floyd Collins. Il est a l’hauteur d’une partition complexe, qu’il interprète avec subtilité et maitrise.  Sa joie et son optimiste sont communicatifs dès le départ, sans indication du malheur à venir, et sans un point du cynisme, ce qui brise le cœur d’autant plus par la suite.  Rebecca Trehearn également donne une interprétation pleine d’intensité dans le rôle de Nelly, la sœur de Floyd, avec une voix magnifique mais peut-être trop contrôlée par rapport à la liberté d’esprit inhérente du personnage.

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Une oeuvre riche et innovatrice, pas évidente à appréhender

La mise en scène de Jonathan Butterell met l’accent sur le détail et joue la carte de l’authenticité. L’acoustique naturel du plus vieux music hall de Londres est parfaitement mise en valeur pour recréer l’atmosphère au-dessus comme au-dessous de sol. Le travail de Tony Gayle et Justin Teasdale au niveau de son est tout à fait exceptionnel à cet égard.

L’inspiration pour cette composition d’Adam Guettal fut à l’origine les premiers chants grégoriens, ce qui convient parfaitement à l’histoire, avec la relations des protagonistes avec l’acoustique des pierres et des grottes. Plus qu’un simple curiosité, ce musical hors du commun, même si il ne parlera à tout le monde, est un œuvre riche et innovatrice à découvrir jusqu’à 15 octobre à Wilton’s Music Hall.

Crédit photos : Hannah Barton


Floyd Collins, the musical

Jusqu'au 15 octobre 2016 au Wilton's Music Hall 
1 Graces Alley, Londres

Livret de Tina Landau ; Musique et paroles de Adam Guettel, mise en scène de Jonathan Buttrell

Avec : Rebcca Trehearn, Ashley Robinson, Daniel Booroff

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