Critique : “The Wild Party” de 27 Saville électrise la MPAA Saint Germain

La MPAA Saint Germain est devenue ces derniers mois le nouveau temple de la comédie musicale à Paris. Après les très réussis "Company" et "Séraphin" de la Selma Compagnie, c'est au tour de la toute aussi talentueuse troupe de chez 27 Saville de nous présenter à nouveau "The Wild Party" dans une nouvelle version.

Compagnie de théâtre crée en 2015 par la chanteuse anglaise Jessica Capon, 27 Saville n'a cessé de faire découvrir avec brio au public français des œuvres plus ou moins méconnues en présentant des jeunes artistes bourrés de talents. Nous avions été conquis par leur dynamisme communicatif en 2017 sur How to Succed in Business Without Really Trying, émus en 2018 avec l'électrique Rent et transporté dans les nuages vaporeux de Mai 68 avec Hair plus récemment en Janvier 2020. Chaque production de la compagnie était l'occasion de redécouvrir une troupe à l'alchimie palpable et s'améliorant de spectacle en spectacle. Point suffisamment rare pour le souligner, chaque comédie musicale était présentée avec la présence d'un orchestre live. C'était donc avec une impatience non dissimulée que nous nous sommes rendus à la première représentation de The Wild Party qui avait déjà été joué au Théâtre de Ménilmontant en Avril 2017 et que la compagnie a décidé de retravailler avec une toute nouvelle version surtitrée à la MPAA Saint-Germain.

Autant vous le dire tout de suite, la compagnie 27 Saville s'est une fois de plus surpassée en nous offrant sur scène pas moins de 22 artistes et 6 musiciens pour cette fête que vous ne serez pas prêt d'oublier. Dans le New York des années 20, un couple se déchire et tente de sauver leur amour lors d'une "soirée sauvage" où tout peut arriver. Queenie (impeccable Jessica Capon), artiste de cabaret mélancolique et Burrs (ahurissant Axel Prioton Alcala), clown pervers et violent à mi-chemin entre le Joker et le emcee de Cabaret, s'aiment mais se détruisent en même temps. Alors que drogue, alcool et sexe s'invitent à la fête, des rencontres inattendues perturbent cette soirée de tous les dangers qui risque bien de bouleverser leur union.

L'œuvre d'Andrew Lippa inspirée du poème de Joseph Moncure March est un petit bijou jazzy addictif qui alterne des grands numéros d'ensemble époustouflants ("Raise The Roof", "The Juggernaut","A Wild, Wild Party" ou encore "Let Me Drown") avec des moments d'émotions fortes ("Maybe I Like It This Way", ou le déchirant "Poor Child"). Mais que seraient ces tubes qui n'ont rien à envier à Chicago sans une formidable troupe pour les interpréter ?

Molly Eastaff, Axel Prioton-Alcala, Jessica Capon et Rudy Kakasa

Jessica Capon s'est une fois de plus entourée d'une multitude d'artistes pluridisciplinaires talentueux qui jonglent entre chant, danse et comédie dans la langue de Shakespeare avec brio. Des surtitres de grande qualité permettent également à l'intégralité du public de suivre l'histoire sans jamais perdre ce qu'il se passe sur scène. Une prouesse et un travail colossal que l'on ne voit que trop rarement à part au Théâtre du Châtelet ou au Théâtre Mogador. Nous aurions pu écrire une ligne sur chacun des artistes de cette troupe, mais nous avons particulièrement été bluffé par Molly Eastaff dans le rôle de Kate notamment pour ses interprétations épatantes sur "Look at me Now" et "The Life of the Party". Mentions spéciales également pour le tandem maudit Jessica Capon/Axel Prioton-Alcala qui offrent des prestations déchirantes en étant profondément habités par leurs rôles ainsi que pour Rudy Kakasa à la voix suave et vibrante.

"The Wild Party" c'est également une sacrée mise en scène de Pascale Topige et Avery Grant qui occupe l'espace en donnant toujours quelque chose à regarder aux quatre coins de la scène pendant deux heures et demie. Cette soirée sauvage est bien vivante et contient notamment des moments qui pourraient choquer un public jeune suite aux thèmes abordés donc à ne pas forcément mettre à la portée des plus petits. Mais que serait une fête sans danse ? Les chorégraphies endiablées de Clément Ropers, parfois inspirées de la version originale de Broadway, offrent une belle fessée visuelle au spectateur surtout quand une vingtaine d'artistes donnent littéralement tout pour le public à travers des enchainements exigeants de précision mais d'une beauté renversante. Une envie furieuse de se joindre à eux se fait ressentir lors de ces véritables "showstoppers".

Vous l'aurez compris, nous avons été conquis par "The Wild Party" et nous ne pouvons que vous recommander de rapidement venir faire la fête avec eux à la MPAA Saint Germain avant que l'appartement de Queenie et Burr ne ferme définitivement ses portes le 13 Novembre. Etes-vous prêt à danser le Juggernaut ?


The Wild Party, d'Andrew Lippa présenté par la compagnie 27 Saville.

Du 9 au 13 Novembre à la MPAA Saint Germain de Paris

Mise en scène : Pascal Topige assisté d'Avery Grant ; Chorégraphies : Clément Ropers assisté d'Anne-Laure Ségla ; Costumes : Ninon Larret;

Avec :  Jessica Capon, Molly Eastaff, Rudy Kakasa, Avery Grant, Bastien Darmon, Annabelle Pastore, Clément Ropers, Lucas Mong Mane, Thomas Martinez, Dov Milsztajn, German Brayer, Danny Harper, Ninon Larret, Jesus Dinas Zape, Julie Vautier, Saimy Thionville, Stéphane Duré, Aurore Blineau et Justine Marec.

Musiciens : Nima Santonja, Matthieu Mancini, Rodrigo Santoyo, David Huang, Simon Lemonnier et Simon Riou.

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