Critique : L’album du spectacle “Mistinguett, Reine des Années Folles”

Dans quelques semaines, le Casino de Paris ouvrira ses portes au spectacle musical Mistinguett, Reine des Années Folles. L'occasion de retrouver sur scène quelques-uns des morceaux du spectacle qui ont été dévoilés sur un album sorti dans les bacs en juin dernier.
 

L'album présente des reprises de chansons originales de Mistinguett, les fameux tubes de l'époque, "C'est vrai" et "Mon homme" réinterprétés par la volcanique Carmen Maria Vega qui incarne le rôle-titre du spectacle. Les premières notes donnent le ton : ici, les airs d'antan résonnent savamment avec les sonorités d'aujourd'hui. Les nouveaux arrangements de William Rousseau et Jean-Pierre Pilot dépoussièrent le genre pour lui rendre son éclat. On replonge dans des années vingt qui nous ressemblent.
 
Les titres "Dingue des Années Folles", "Paradis Illico" ou encore "Le Seul Vrai Boss Ici-bas" confirment l'invitation à la fête. Les cuivres et les percussions donnent tout ce qu'ils ont et on ne peut s'empêcher de taper du pied et de claquer des doigts. On y regrette peut-être parfois le filtre de voix vocodées dont on se demande si au lieu d'amplifier la modernité du swing, il ne le dénature pas un peu.
 
L'album nous entraîne dans l'ambiance folle des nuits parisiennes de l'époque mais nous donne également un aperçu des différents personnages qui composent le spectacle. "L'homme infâme" interprété par Fabian Richard introduit le personnage de Scipion, le voyou. La reprise moderne de "Je cherche un millionnaire", un autre tube de Mistinguett, est interprétée cette fois par Mathilde Ollivier qui campe une insouciante Marie. Ou encore "Valse la chance" par Patrice Maktav, qui met en lumière le côté sombre de Léon Volterra, le directeur du Casino de Paris. Les textes sont subtils, mais l'orchestre semble souvent prendre le pas sur l'interprétation. Est-ce l'un des risques à prendre à vouloir enregistrer un album avant même que les artistes puissent avoir le temps de puiser dans leur personnage ? Réponse dans quelques semaines sur scène.
 
Pour revenir sur les textes, on ne peut que saluer le travail de Vincent Baguian sur des morceaux comme "Con-vain-cu" ou encore "Oser les larmes" où la poésie rencontre l'ingéniosité des jeux de mots et où les rimes habiles soulignent l'humour franc des rengaines de l'époque.
 
Jusqu'à présent le pari est réussi : on a envie d'aller faire la fête au Casino de Paris à la rentrée. On a aussi envie qu'on nous raconte une belle histoire. Ce sera au livret de François Chouquet, Jacques Pessis et Ludovic-Alexandre Vidal, de nous entraîner à son tour dans les aventures tumultueuses de la création d'une revue à la Mistinguett!

 


Mistinguett, Reine des Années Folles de Jacques Pessis, François Chouquet et Ludovic Alexandre Vidal.
 
Du 18 septembre au 4 janvier 2015
 
Au Casino de Paris
16 rue de Clichy,
75009 Paris
 
En tournée en France et Belgique à partir de 2015
 

Composition des chansons originales : Jean-Pierre Pilot & William Rousseau

Paroles : Vincent Baguian
 
Mise en scène : François Chouquet
Chorégraphie : Guillaume Bordier

Costumes : Frédéric Olivier.
Décors : Bernard Arnoult
 
Avec Carmen Maria Vega, Fabian Richard, Cyril Romoli, Grégory Benchenafi, Patrice Maktav, Mathilde Ollivier
 
Réservation dans les points de vente habituels.

 

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