Critique : “Elle était une fois…” d’Anne Baquet au Théâtre Le Ranelagh

Critique : "Elle était une fois…" d'Anne Baquet au Théâtre RanelaghCharmante soprano au cursus déjà bien rempli, Anne Baquet est de retour sur la scène du Théâtre Le Ranelagh pour nous présenter un nouveau spectacle musical composé de chansons originales écrites pour elle par une armada d'auteurs et de compositeurs.

Elle était une fois… c'est le conte musical d'une enfant née un soir de Noël d'une chanteuse russe alcoolique et d'un marchand de farces et attrapes. Drôle de départ dans la vie pour une fillette qui va nous entraîner dans son histoire, de l'adolescence à l'âge adulte, de ses amitiés à ses amours en passant par ses ambitions professionnelles.

Presque seule en scène (elle est accompagnée au piano et à l'accordéon par Damien Nédonchelle, directeur musical et compositeur de plusieurs titres), Anne Baquet interprète les onze personnages de son spectacle à la manière d'un one-woman show : la mère acariâtre donne naissance à une enfant dont le meilleur ami (imaginaire) est un renne…
Entraînés par la bonne humeur communicative et la technique vocale irréprochable de l'interprète, on se laisse séduire par l'entrée dans la vie de cette gamine gentiment effrontée, en dépit des interventions maladroites d'une voix-off venue éclaircir ce que les chansons ne racontent pas.

Très vite, c'est la confrontation d'un répertoire musical lyrique moderne avec des textes ancrés dans une réalité triviale qui nous frappe : voilà une association peu commune qui fait plaisir à attendre ! Flannan Obé (avec qui Anne Baquet a conçu la trame du spectacle ; vu dans La Nuit d'Elliot Fall) signe un bon tiers des textes de la pièce, dont notamment "Le Corps en crise", mis en musique par Reinhardt Wagner (René l'Énervé), qui rit avec tendresse des affres de l'adolescence. Frédéric Zeitoun et Frank Thomas se partagent la paternité des autres chansons, sur des compositions signées Thierry Escaich, Damien Nédonchelle, Jérôme Charles, Philippe Tasquin, Juliette, Roland Vincent, ou encore Thierry Boulanger (La Nuit d'Elliot Fall).

Hélas, comme on avance dans le spectacle et dans la vie de l'héroïne, on s'en désintéresse peu à peu au fur et à mesure quet. Le grain de loufoquerie qui servait de point de départ au spectacle cède la place à des saynètes bien convenues sur l'apprentissage d'une jeune comédienne chanteuse, son amour pour un star du rock (pas très) romantique, ses réussites, ses débâcles, et sa reconversion prévisible dans l'enseignement…
Le conte perd de son enchantement, et l'on déchante.

Dommage, car le spectacle est servi avec un réel enthousiasme et une sincérité qui ne trompent pas. La mise en scène de Jean-Claude Cotillard (Moi aussi je suis Catherine Deneuve ; Les Douze Pianos d'Hercule) est à l'image de l'exercice du one-man show duquel l'œuvre se rapproche tant : dépouillée, ponctuée de jolies inventions, elle met l'accent sur les talents de comédienne d'Anne Baquet, et aurait pu nous offrir une jolie réussite avec un récit un peu plus audacieux.

 


Elle était une fois…, d'Anne Baquet

Du 25 novembre 2011 au 17 mars 2012
Vendredi et samedi à 19h, dimanche à 11h30.

Thépatre Le Ranelagh
5 rue des Vignes
75016 Paris

Piano et direciton musicale : Damien Nédonchelle ; mise en scène : Jean-Claude Cotillard ; scénographie : Claudine Allegra ; lumières : Jacques Rouveyrollis ; voix-off : Jacques Frantz.

Sur une idée originale d'Anne Baquet ; textes de Flannan Obé, Frank Thomas, Frédéric Zeitoun ; musiques de Thierry Boulanger, Jérôme Charles, Thierry Escaich, Charles Gounod, Juliette, Damien Nédonchelle, André Pétroff, Philippe Tasquin, Piotr Tchaïkovsky, Roland Vincent, Reinhardt Wagner ; arrangements : Jérôme Charles, Damien Nédonchelle.

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