Critique : “Folles Noces” à l’Alhambra

Critique : "Folles Noces" à l'AlhambraLe spectacle humoristique de Catherine Delourtet et Jean-Paul Delvor, joue les prolongations : après sept semaines au Théâtre 14, il s'est installé à l'Alhambra pour 50 cérémonies jusqu'au 29 septembre.

Habituellement, dans une noce digne de ce nom, les proches préparent un ou deux sketches relatant les épisodes croustillants, et si possible inavouables, de la vie des mariés. Par exemple, le jour où le marié fut surpris par le proviseur du lycée entrain de lire des magazines pornos ou encore la passion de la demoiselle pour les tubes de lait concentré. Mais ici, au théâtre de l’Alhambra, ce sont les tourtereaux eux-mêmes qui se racontent – ou plutôt se déboutonnent – devant les invités, c'est-à-dire nous, le public. Cela commence par leur première rencontre, leur premier baiser, leur première dispute, etc… Le tout en musique, sur un répertoire de chansons de variétés qui va des années folles à nos jours.

Catherine Delourtet et Jean-Paul Delvor dans "Folles Noces" à l'Alhambra

Le couple, Catherine Delourtet et Jean-Paul Delvor, se chamaille, se réconcilie, se bécote, s’insulte, se déguise, se glissent dans la peau de personnages loufoques ou grotesques : le général Castagnetas, le cosaque Kaoutchouski et bien d’autres. Ils roucoulent au rythme de "L’Aventura", "Le Temps d’Aimer", ou "L'Hymne à l'Amour". Mais entre deux patins se glissent les fausses notes. Quand la mariée nous livre sa version de  "La Chanson Médicamenteuse", une litanie imprononçable de nom de médicaments, c’est pour nous signaler son trac avant de prononcer les serments du mariage. Le marié qui ressuscite un vieux tube de Bourvil, c’est sans doute pour se convaincre que son union ne sera pas la fin des "haricots".

Catherine Delourtet et Jean-Paul Delvor dans "Folles Noces" à l'Alhambra

Jusque là on suit à peu près le lien entre la musique et le déroulement des opérations. Mais bientôt les chansons et les gags s’enchaînent à un rythme de folie. Et quand pour finir les deux comédiens se lancent dans une personnification burlesque de couples célèbres (Jules Caesar fredonnant du Polnareff à Cléopâtre, ou Tarzan gazouillant du Céline Dion à Jane), on ne cherche plus à comprendre quoi que ce soit. On reste bouche bée devant la performance d’acteur. Surtout celle Jean Paul Delvor, qui danse, chante, joue, se contorsionne, se déguise, tout cela en même temps et réussit à se métamorphoser environ toutes les trente secondes. Ces mariés sont de sacrés loustics qui ne reculent devant aucune facétie, ni aucune farce, même les plus grossières, au propre comme au figuré, pour faire rire.

Catherine Delourtet et Jean-Paul Delvor dans "Folles Noces" à l'Alhambra

Catherine Delourtet et Jean Paul Delvor ont fait partie de la Compagnie des Baladins en Agenais, la compagnie crée par Roger Louret et dont l’une des marques de fabrique est le théatre musical. Roger Louret produisit et dirigea entre autres "Les années Twist" qui reçut en 1995 le prix du meilleur spectacle de l’année. Jean-Paul Delvor faisait alors partie de la troupe. Catherine joua dans Les Z'années Zazous, un autre grand succès musical de Roger Louret.
Ces deux artistes s’inscrivent dans la lignée de cette excellente école de comédiens-chanteurs amoureux de la chanson française et ils la servent en grands professionnels. Mais à l’image des Années Twist, leur univers est celui d’une musique entraînante, pleine de joie de vivre, plaisante à écouter, parfois drôle, parfois "relou". 
Si vous cherchez un message dans Folles Noces vous n’en trouverez pas. Si vous avez  juste envie de passer une agréable soirée en fredonnant les bons vieux tubes rétros, en compagnie de deux excellents comédiens,  alors vous ne serez pas déçu.


Folles Noces, de et avec Catherine Delourtet et Jean-Paul Delvor

À l'Alhambra
21 rue Yves Toudic, 75010 Paris

Jusqu'au 29 septembre 2012
Du mardi au samedi à 19h00
De 22 à 28€

Costumes : Didier Vincent ; lumières : Julien Simon ; guitare, clavier et arrangements : Thomas Ribes.

Au clavier : Florian Digne ou Jérôme Lifszyc

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