Critique : “Mozart 1789” au Théâtre La Pépinière

Critique : "Mozart 1789" au Théâtre La PépinièreSpectacle musical inspiré du Mozart et Salieri de Pouchkine, Mozart 1789 retrace le parcours du compositeur durant la sombre époque de la Révolution Française

Récit mouvementé de faits marquants de la vie de Mozart, comme la genèse de La Flûte Enchantée, la rivalité avec Salieri ou ses rencontres avec Marie-Antoinette, la pièce fait le parallèle avec cette dernière car ils sont strictement contemporains et ont chacun à leur manière marqué leur époque. Ce point de départ accepté, la mise en scène de Manon Montel nous entraîne dans une suite de saynètes auxquelles on peine à trouver une cohérence.

Les nombreux airs sont merveilleusement interprétés par les trois chanteurs (Alexandre Martin-Varroy dans le rôle de Mozart, Loreline Mione dans ceux de Chérubin et de Charlotte, et Marie Planinsek dans les rôles de Marie-Antoinette et d'Aloysia Weber) ;chaque apporte son lot de qualités, notamment une très grande énergie de la part du comédien-chanteur et de l'humour dans le personnage de Mozart, de l'originalité dans le rôle de Chérubin, personnage imaginaire et muse de Mozart, ou encore une belle performance grave de la part de Stéphane Dauch dans le rôle d'Antonio Salieri, compositeur rival de Mozart, impuissant face au génie ravageur du jeune homme en son temps. Pourtant, tous ces épisodes s'enchaînent bien maladroitement, sans respect chronologique, sans transition (les changements de décors ne sont pas marquants ), avec de plus des enchaînements de personnages subtils pour les deux comédiennes qui interprètent deux rôles (les costumes sont proches au point qu'on ne sait parfois plus qui elles sont à un point précis de la pièce).

Les tableaux sombres, comme celui où l'on voit Mozart se rebeller contre son protecteur, succèdent à des scènes plus légères comme ce superbe duo entre Alexandre Martin-Varroy et Florent Chappel (qui interprète Schikaneder, l'ami de Mozart, et officie aussi au piano) dans un extrait de Cosi fan tutte particulièrement drôle. Mais on est clairement perdus, et notamment chronologiquement, lorsque l'on voit Marie-Antoinette emprisonnée après la fuite à Varennes, et qu'elle chantonne gaiement en compagnie de Mozart deux tableaux plus loins.

Pour finir, s'il était déjà déroutant pour le spectateur de suivre l'enchaînement des scènes, les parties dansées en fin de spectacle sont réellement hors-propos. Les comédiens-chanteurs se livrent à un ballet maladroit qui n'a sa place ni dans l'époque, ni dans un spectacle musical déjà peu cohérent. Si quelque chose manquait dans la mise en scène, ce n'était pas en rajoutant une autre discipline, ici la danse, que l'ensemble allait prendre forme.

Sauvé par ses interprètes, Mozart 1789 perd son spectateur dans une suite d'épisodes sans raccords ; on peut heureusement se laisser porter par les grands airs du génie de Salzburg.


Mozart 1789, de Manon Montel

Théâtre de la Pépinière - 7, rue Louis le Grand 75002 Paris - métro Opéra, Pyramide

Dates : 6 février à 20h30 / 22 février à 14h30 / 25 février à 14h00 / 2-11-18 mars à 14h30 / 17 mars à 14h00

Durée 1h30

Tarif : 20 euros

Mise en scène : Manon Montel ; adaptation : Manon Montel et Michel Cyla ; direction musicale : Didier Benetti ; scénographie : Cynthia Lhopitallier ; costumes : Patricia de Fenoyl ; chorégraphie : Claire Faurot ; lumières : Sébastien Lanoue

Avec : Florent Chappel, Stéphane Dauch, Alexandre Martin-Varroy, Loreline Mione, Marie Planinsek.

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