Critique : “The War of the Worlds” à Londres

Nouveau week-end à Londres, nouvelle découverte que nous souhaitons toujours partager avec vous ! Nous avons eu l’opportunité d’assister avant sa fermeture au spectacle The War Of The Worlds qui s’est joué pour une durée limitée au théâtre Dominion jusque fin avril. Un choix de musical aussi insolite qu’intéressant ! 

Cette curiosité du West End signe les débuts du compositeur Jeff Wayne dans le théâtre musical et mérite quelques mots à son sujet.

The War of The Worlds, La Guerre des mondes en français, évoque sans doute de prime abord le film réalisé par Spielberg sorti en 2005 avec Tom Cruise. Pourtant l’histoire de cette œuvre remonte quelques années auparavant.

The War of The Worlds
est avant tout un livre écrit par H. G. Wells publié en 1898. C'est l'une des premières œuvres qui confrontent l'humanité à une vie extraterrestre, et reflète l'angoisse provoquée en pleine époque victorienne. Ce n’est que près d’un siècle plus tard, en 1978, que Jeff Wayne s’en est inspiré pour créer son célèbre thème musical The War of the Worlds. L’œuvre devient un succès mondial notamment grâce aux deux singles "The Eve of the War" et "The Eve of the War"

Quarante ans après, la production épique a donc été réinventée pour le West End…

Un spectacle à mi-chemin entre cinéma, théâtre et concert

Dès l’ouverture du rideau la musique est saisissante, on retrouve le thème musical "The Eve of the War" et l’on se laisse facilement transporter. Malgré un volume sonore qui nous a semblé bien trop élevé, on reste impressionné par la mise en scène autour des musiciens. L’orchestre est présenté de manière très originale, tous les musiciens sont installés sur des plateformes circulaires dont l’esthétique est inspirée d’un gyroscope.


L’autre élément important de ce spectacle est la très grande place accordée à la vidéo. Tout illustrer par la vidéo, jusqu'à voir défiler un film derrière l’orchestre, ne sert pas toujours le spectacle. Dans cet univers de science-fiction à l’atmosphère angoissante, suggérer certains éléments de l’intrigue aurait sans doute été bien plus efficace pour le spectateur.

Cette vidéo, aussi belle soit-elle, n’est pas toujours cohérente avec la scénographie présentée sur scène. Malheureusement, les machines extra-terrestres, gigantesques et monstrueuses à l’écran sont beaucoup moins imposantes sur scène. Peut être aurait-il fallu uniquement les montrer en vidéo ou bien seulement sous entendre leur arrivée sur scène. Cela aurait permis de préserver la sensation de danger qui doit envahir la salle à ce moment là…

Une première partie confuse

Sur la première partie du show, le jeu des acteurs est peu sollicité laissant davantage de place à l’orchestre, à la vidéo et à la danse. Malgré de très belles chorégraphies, on remarque quelques longueurs sur certains passages dansés notamment lors des scènes de panique. Toute la première partie du spectacle se déroule dans un affolement constant et se retrouve ainsi sur un même niveau d’émotion. Notre œil doit finalement assimiler beaucoup d’éléments à la fois et nous laisse malheureusement une impression de cacophonie.

Une seconde partie plus harmonieuse

La seconde partie est bien plus équilibrée et se rapproche davantage de la comédie musicale. Elle accorde plus de place aux acteurs pour notre plus grand plaisir. Danse, chant et scènes jouées s’articulent beaucoup mieux avec la vidéo. Coup de cœur pour Michael Praed (The Sound of Music au Palladium) qui campe le courageux journaliste et dont le charisme ne nous a pas laissé indifférents ! Cette seconde partie offre également plus de temps pour remarquer les magnifiques costumes s’inspirant de l’époque victorienne. 


Le tout est complété par le célèbre Liam Neeson (Starwars - La Menace Fantôme), en tant que narrateur. Il n’est pas sur scène mais son absence est compensée par des apparitions filmées et des hologrammes de l'acteur nous racontant l’histoire sur un ton grave et profond.
Le directeur, Bob Tomson, a fait de son mieux pour amener l’œuvre à la vie, mais peine à créer un drame humain avec un script qu’il nous parait plus évident à imaginer qu’à mettre en scène.


The War of the worlds de Jeff Wayne

"Limited run" au Théatre Dominion à Londres
268-269 Tottenham Court Rd, W1T 7AQ

Paroles et musiques de Jeff Wayne

Avec : Michael Praed, Madalena Alberto, Heidi Range, Daniel Bedingfield, Jimmy Nail 

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