Compte-rendu : “You Don’t Nomi” (lecture dans le cadre des Découvertes Diva)

La dernière pièce de la semaine présentée dans le cadre des Découvertes Diva au Théâtre du Petit Saint-Martin a été la comédie musicale biographique, écrite par Baptiste Delval (chroniqueur et co-fondateur de Musical Avenue) et mise en scène par Nicolas Guillemot, sur le chanteur Klaus Nomi. Après s'être "fait la main" avec succès sur Sauna, adaptation française d'une comédie américaine l'année dernière, il n'a pas fallu longtemps à Baptiste Delval pour se lancer dans une création personnelle.

Klaus Nomi n'est sans doute pas un nom familier pour la grande majorité du public mais une fois découvert au cours de ce spectacle-hommage, il ne peut que fasciner. Un documentaire, Nomi Song d'Andrew Horn, avait repris en 2004 des extraits de spectacle et des témoignages d'artistes qui ont partagé la carrière de Klaus Nomi.

Le spectacle – difficile à séparer du personnage – est en effet un prétexte pour raconter l'histoire de Klaus Sperber, chanteur autodidacte allemand, devenu Klaus Nomi, une vedette underground qui a démarré à New-York, brillé intensément mais brièvement en Europe et, atteint du SIDA tout juste identifié, s'est éteint au début de sa reconnaissance.

Là où le musical est très efficace, c'est qu'à partir de l'histoire de base –
Denis, sur le point déménager chez Simon et retombe sur des souvenirs de Klaus Nomi dont il a partagé la fulgurante carrière – le spectateur est progressivement entraîné dans l'univers surréaliste de Klaus Nomi jusqu'à ne plus distinguer présent et passé, réel et rêve.

Les flash-backs dans les années 70 nous font suivre les traces de cet artiste mi-clown mi-tragique qui a fondé un courant new-wave complètement décalé autant sur le fond, entre science-fiction et surnaturel, que sur le style musical, entre opéra soprane et pop-rock électronique. Un univers finalement entièrement construit autour de sa forte personnalité.

Lors de cette lecture, les deux acteurs, Denis d'Arcangelo (Mme Raymonde ; Le Cabaret des Hommes Perdus) dans le rôle de Denis et Mathieu d'Aurey (Coups de Foudre) dans les rôles de Simon et de Klaus Nomi, accompagnés au piano par Sébastien Ménard, évoluent dans un cadre épuré tandis que la mise en scène est oralement décrite. Malgré des dialogues parlés parfois un peu laborieux, l'interprétation est très réussie.

Il faut saluer la prestation vocale et l'interprétation de Mathieu d'Aurey qui effectue un véritable tour de force pour rendre à la fois la voix de soprane à basse, avec le timbre et l'accent typique de Klaus Nomi. Tout simplement bluffant ! Le choix du piano pour remplacer le synthétiseur tout puissant de l'époque est aussi en soi un choix peut-être non voulu mais qui rend l'ensemble assez lyrique et très intéressant.

En conclusion, il reste juste à espérer que le spectacle, déjà bien construit dans sa progression, puisse prendre forme pour être complètement abouti avec ce que la scénographie semble annoncer.

Site Internet : www.youdontnomi.fr

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