Retour dans la salle Max Ophuls du Cours Florent, habituée des Travaux de Fin d’Études (TFE), qui cette fois s’est transformée en une véritable salle de concert. Loin des décors élaborés, elle se pare de simplicité, avec des murs bruts et des rideaux noirs encadrant une estrade rétroéclairée pour laisser la place aux stars du jour, les six reines du roi Henri VIII d’Angleterre.
SIX : Bien plus qu'un cours d'histoire
SIX le Musical, bien que basé sur des événements historiques, transcende son cadre pour aborder des thèmes universels. Les six reines, souvent réduites à de simples notes de bas de page dans l’Histoire, prennent ici leur revanche. Elles se tiennent sur scène, prêtes à raconter leur version des faits. Les dialogues incisifs et les chansons percutantes révèlent leurs personnalités, leurs frustrations et leurs désirs. Chacune des reines a sa propre histoire à raconter, et les artistes qui les incarnent le font avec une passion contagieuse.
Ceux de nos lecteurs qui ont eu la chance de voir la version présentée dans le West End ont été immédiatement replongés dans l’ambiance du spectacle. Les costumes ont été soigneusement conçus pour refléter la personnalité de chaque reine. À l’instar de la production originale outre-Manche, chaque reine dispose de sa propre colorimétrie distincte qui permet de l’identifier instantanément. Ces tenues royales et séduisantes sont accessoirisées avec élégance, que ce soit par des couronnes ou avec le collier d’Anne Boleyn orné d’une immense lettre “B”, faisant là encore rappel aux marqueurs du spectacle de référence.
Le plus impressionnant dans SIX, c’est la manière dont les six artistes sur scène parviennent à maintenir une énergie incroyable tout au long du spectacle. Elles donnent l’impression d’être bien plus nombreuses, comme une véritable troupe, grâce à leur harmonie et à leur synchronisation impeccable. Les changements de leader de chant et les transitions entre les différents numéros sont fluides et naturels, témoignant de la complicité et de la cohésion de l’ensemble. Même dans le mégamix final, lorsque la chaleur et la fatigue pourraient se faire sentir, les artistes continuent de livrer des performances de haute qualité, montrant leur dévouement et leur talent indéniable. On en perdrait presque la tête (mais Anne Boleyn nous rappelle qu’il ne faut pas!).
Les chorégraphies reprennent aussi les codes emblématiques du show original, en ajoutant une touche de modernité. Elles empruntent au style hip-hop, à la façon d’un concert d’une pop star internationale. Mélange parfait de tradition et de modernité, qui sert à la fois l’histoire des reines et l’atmosphère électrisante du spectacle, le tout est accompagné de quelques accessoires donnant un visuel unique à chaque chanson, tels que des éventails roses pour “All i Wanna Do” ou de magnifiques lunettes fluorescentes pour l’ambiance festive accompagnant “Haus of Holbein”.
Six voix puissantes
Présenté en français et intégralement traduit (livret et chansons), SIX s’attache à nous délivrer une leçon sur la place des femmes, leurs voix étouffées par le patriarcat, leurs luttes pour exister. Cette exploration profonde se fait en musique, dans un format condensée d’une heure quinze. Le spectateur qui a en tête la bande originale de la comédie musicale constate rapidement que le respect de la rythmique et du phrasé est exemplaire. On fredonne, on tape des mains, et on est capturé en entendant les performances vocales qui s’enchaînent. Les six artistes sont à la hauteur du défi, chantant avec justesse et passion. La performance de Léa Tauzies pour « Heart of Stone, » interprétée avec intensité, est un véritable climax émotionnel. La salle se retrouve au bord des larmes, touchée par la puissance de la musique et des paroles. Il faut dire que les chansons s’enchaînent et que chacune interprète parfaitement le titre qui lui est confié, nous surprenant à chaque refrain ou pont musical.
Quant au final, c’est une fascinante explosion d’énergie. SIX n’est assurément pas la comédie musicale la plus traditionnelle, mais son format “concert de pop-rock” a été parfaitement respecté et a fait se lever le public pour applaudir et chanter avec les reines du château.
Saluons enfin la qualité des traductions. Même si le fait historique qui sert de support au spectacle semble pourtant assez éloigné de notre culture française, on se sent concerné par le destin assez tragique de ces femmes du 16ième siècle. Les jeux de mots sont astucieux, drôles et bien pensés, offrant une touche de légèreté et d’humour qui complète parfaitement le ton du spectacle. Cette attention aux détails dans les traductions montre à quel point l’équipe créative a cherché à offrir une expérience authentique et accessible au public français (les “Royaling Stones” deviennent les “Sixion d’Assaut”, une petite pépite !).
SIX est bien plus qu’un simple divertissement. Comme nous l’avait confié Camelia Fernandes, ce spectacle célèbre la force des femmes, leur résilience et leur persévérance. Ce spectacle donne la parole aux femmes pour célébrer leur rôle et leur impact dans l’Histoire, et inspirer de nouvelles générations.
Crédit pour l’ensemble photos : Musical Avenue

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