Critique(s) : « La Couleur Pourpre »

Quinze jours après la sortie de l’adaptation musicale de Mean Girls, un nouveau spectacle de Broadway trouve le chemin du grand écran : The Colour Purple. Que penser de ce nouveau film musical ?

La Couleur pourpre nous emmène dans l’État de Géorgie dans la première moitié du XXe siècle, dans une société dominée par les hommes. La jeune femme Celie se voit rapidement séparée de sa sœur et de ses enfants à cause d’un père abusif et d’un mari violent qui lui a été imposé. Prisonnière de l’emprise de son mari, elle va devoir puiser sa force dans le soutien de plusieurs femmes qui croisent son chemin. L’hypnotisante Shug Avery et la déterminée Sofia l’aideront à se relever et vivre enfin sa propre vie.

Cinq chroniqueurs se sont précipités dans les salles pour découvrir cette nouvelle adaptation et vous partagent leurs points de vue de passionnés.

L’avis de Thomas : « de magnifiques performances »

Film culte de 1985, La Couleur pourpre était un drame de Steven Spielberg inspiré du livre d’Alice Walker de 1982 porté par l’incroyable Whoopi Goldberg mais également Oprah Winfrey. Il aura fallu attendre 20 ans pour découvrir la version musicale du film sur scène à Broadway en 2005 avec Fantasia Barrino puis un revival triomphant en 2015 avec les incroyables Cynthia Erivo, Jennifer Hudson et Danielle Brooks. Pour ce nouveau film, Fantasia reprends son rôle de Celie et Danielle celui de Sofia pour de magnifiques performances. La Couleur pourpre est un film grave, tristement d’actualité et assez terrifiant sur l’emprise que peuvent avoir les hommes. Même si tout se passe très vite et que la réalisation tombe parfois dans certains excès, les numéros musicaux fourmillant de détails et de magnifiques chorégraphies subliment les chansons (ce qui manquait cruellement dans la dernière mise en scène minimaliste de Broadway). Plus qu’un film, c’est un spectacle sombre et cruel sur le monde d’hier et malheureusement d’aujourd’hui qui trouve ses moments de lumière par la grâce de ses interprètes et ses superbes musiques. On appréciera la présence discrète mais bienveillante de Whoopi Goldberg passant le relais à ce nouveau film qui n’efface pas le premier mais le complète par son inventivité.

L’avis de Stephany : « un juste équilibre entre cruauté et beauté »

Quelle leçon d’humanité ! La Couleur pourpre est un film dur, poignant, émouvant. Les performances bouleversantes de Fantasia Barrino et surtout de Danielle Brooks m’ont touchée en plein cœur, il est quasi impossible de sortir du cinéma sans avoir versé sa petite larme, mêlée de tristesse et de joie. C’est là pour moi toute la force du film : avoir su garder un juste équilibre entre les moments de cruauté et ceux de toute beauté, sans être trop haché. Les séquences musicales sont un régal et s’intègrent de manière très fluide. Elles font progresser l’histoire et nous offrent du grand spectacle, en particulier avec une Taraji P. Henson qui régale en Shug Avery. Du cinéma et de la comédie musicale comme on les aime !

L’avis de Florian : « une belle occasion manquée »

L’avis de Ségolène : « un film musical poignant et intense »

Qu’elles sont belles et qu’elles sont fortes, ces femmes qui se battent pour leur dignité ! Nul besoin d’être un expert du livre, du premier film ou de la version scénique pour tomber sous le charme de ce film musical poignant et intense. La partition musicale est servie par de magnifiques interprètes qui brillent autant par leur jeu que leur chant. Les sonorités délicieusement blues et gospel, servent avec finesse la narration, accentuent la puissance des scènes, autant dans la joie que la peine ou la colère. Trouvant un juste équilibre entre les drames les plus sombres et de vrais moments de lumière, La Couleur poupre est une leçon d’humanité, un hymne à l’amitié et à la liberté qui touche en plein cœur. Une comédie musicale comme on aimerait en voir davantage dans les salles obscures !

L’avis de Romain : « un divertissement de bonne facture »

Après avoir dévoré le roman d’Alice Walker cet été, puis avoir vu pour la première fois la très belle adaptation de Steven Spielberg et écouté avec plaisir le cast recording de la comédie musicale, je me suis précipité au cinéma pour découvrir cette nouvelle version. Si je n’ai pas été aussi bouleversé que ce que j’aurais voulu, le film offre un grand divertissement de bonne facture. Tout d’abord, il est très agréable de voir une comédie musicale qui n’a pas peur d’en être une. Certains choix ne sont pas très heureux, voire un peu ridicules (« What About Love » en tête), mais d’autres fonctionnent à merveille. Les grands numéros chorégraphiés sont particulièrement réussis, notamment l’arrivée de Shug Avery en ville et le sulfureux « Push da Button ». Ce dernier n’est pas sans rappeler le Chicago de Rob Marshall.

Mais le cœur du film réside dans son trio d’actrices. Fantasia Barrino manque peut-être un peu d’ampleur dans son moment de bravoure « I’m Here », elle arrive à se défaire de l’ombre de Whoopi Goldberg et propose une interprétation personnelle du rôle, toute en passion contenue, qu’elle tenait déjà sur scène il y a 15 ans. Danielle Brooks est d’un naturel désarmant en Sofia, ce qui rend sa chute encore plus douloureuse. Mais mon coup de cœur personnel revient à Taraji P. Henson, superbe Shug Avery. Sexy, gouailleuse et terriblement touchante, elle trouve ici un rôle à la mesure de son talent, elle qui est trop peu employée. Elle forme un beau duo avec Fantasia Barrino, même si l’histoire d’amour entre les deux personnages est une nouvelle fois atténuée alors que la comédie musicale comblait les lacunes du premier film à ce niveau. Un regrettable retour en arrière.

Cette nouvelle Couleur pourpre n’est donc pas exempte de défauts mais offre de beaux moments de spectacle et d’émotion. Et puis, les grosses productions hollywoodiennes portées par des femmes de couleurs sont encore trop rares, il serait dommage de ne pas soutenir une telle initiative.

Et vous, avez-vous vu le film ? Si oui, n’hésitez pas à nous partager votre avis !

La Couleur Pourpre
Segolene Boulai

Segolene Boulai

Après une enfance bercée par les claquettes de Fred Astaire et la voix de Marnie Nixon, mon amour de la comédie musicale nait lors d'un inoubliable passage à Broadway pour voir "Matilda". Dès la fin du voyage, je me mets à grappiller toutes les informations possibles sur ce genre idéal pour moi qui ne veux pas choisir entre la danse, le théâtre, la musique et le cinéma. L'arrivée à Paris est l’occasion de découvrir la place croissante du spectacle musical en France, au-delà de tout ce que je soupçonnais. Et here I am ! ayant à cœur de partager toujours davantage cette passion, je rejoins l’équipe de Musical Avenue en 2021.
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