Critique "My Fair Lady", au Théâtre du Châtelet

Critique "My Fair Lady", au Théâtre du ChâteletAprès Show Boat à l’automne dernier, le Théâtre du Châtelet accueille actuellement sa nouvelle production originale de My Fair Lady, le musical de renommée internationale de Frederick Loewe et Alan Jay Lerner. A l’instar de ce qui avait été fait l’an dernier pour The Sound of Music et A Little Night Music, le théâtre a créé de toutes pièces une nouvelle version, en coproduction avec le Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, où partira le spectacle à l’issue des 27 représentations prévues dans la salle parisienne.

L’histoire de My Fair Lady est assez simple : elle s’inspire principalement de la pièce Pygmalion, de George Bernard Shaw, elle-même tirée des Métamorphoses d’Ovide. Henry Higgins, professeur de phonétique et misanthrope, parie avec le colonel Pickering qu’il peut faire passer la jeune vendeuse de fleurs Eliza Doolittle pour une lady rien qu’en effaçant son accent très prononcé, signe de sa basse condition sociale.

Le duo Higgins/Doolittle constitué le soir où nous avons pu voir le spectacle par Christine Arand et Alex Jennings, est très savoureux et fonctionne à merveille. La métamorphose de la jeune vendeuse de fleurs est absolument saisissante, et sa complicité avec son mentor évidente. D’une façon générale, on sent que l’ensemble de la troupe prend beaucoup de plaisir à jouer cette œuvre, qui est pour une fois approchée de façon moins lyrique que les précédentes productions du Châtelet, apportant une agréable bouffée de chaleur en ce rigoureux hiver parisien. En particulier, les quelques trop rares tableaux de groupe sont absolument délicieux.

Comme à leur habitude, Jean-Luc Choplin et ses équipes ont vu les choses en grand pour cette production : des décors sophistiqués et gigantesques, des costumes mirobolants, une troupe très nombreuse (pas loin de 60 personnes sur scène) et talentueuse, un orchestre Pasdeloup à son meilleur pour honorer la partition de Frederick Loewe, … On ne peut certainement pas dire que les équipes du Châtelet aient lésiné sur les moyens.

La mise en scène est très dynamique, facilitée par un judicieux système de décors coulissants. Les grands amateurs du film de 1964 qui avait consacré Audrey Hepburn attendaient forcément beaucoup de la scénographie, mais également et surtout des costumes. Ils auront sans doute été ravis, tant ceux-ci sont variés, riches, et colorés, ressortant d’autant mieux que les décors sont globalement très blancs. Le Londres de l’époque est par conséquent très crédible, même si les décors – peu variés du fait du peu de lieux différents à montrer – aux couleurs très fades ont suscité chez moi une certaine lassitude par moments.

Si une bonne connaissance de la langue anglaise est sans doute nécessaire pour appréhender pleinement l’humour du livret, la qualité des surtitres permet finalement à tous les spectateurs de saisir les enjeux de l’intrigue, somme toute assez simpliste. Même si la pièce apparaît aujourd’hui gentiment désuète et comporte certaines longueurs dispensables, My Fair Lady permettra à la plupart des spectateurs curieux de passer un très bon moment de rire et d’émotion au Théâtre du Châtelet, et ce jusqu’au 2 janvier.

Crédits photos : Marie-Noëlle Robert – Théâtre du Châtelet

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