Rencontre : Caroline O'Connor, la Mrs. Lovett de "Sweeney Todd" au Théâtre du Châtelet

Caroline O’Connor, un immense talent, une artiste accomplie, chanteuse, danseuse et comédienne au parcours impressionnant menant sa carrière sur trois continents (le West-end londonien, Broadway et l’Australie) est avant tout une femme d’une grande simplicité, passionnée par son art. Quelques minutes avant une représentation de Sweeney Todd au Théâtre du Châtelet, Patrick Honoré (également chroniqueur pour le magazine anglais Musical Stages) a eu le plaisir de rencontrer Caroline O’Connor. Compte-rendu d’une interview exclusive pour Musical Avenue.

Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être en tête d’affiche du Théâtre du Châtelet à Paris, pour la deuxième fois ?

C’est extraordinaire, quand je suis venue pour la première fois avec On the Town, la réaction du public était très enthousiaste, ce qui m’a donné l’envie de revenir, et c’est  chose faite !

Comment a réagi le public français à Sondheim ?

Ils sont en train de le découvrir et le processus chaque soir est étonnant. J’ai précédemment joué le rôle de la sorcière dans Into the Woods, au début des années 1990 et celui de la jeune Phillys, dans une version concert de Follies, mais ceci est le rôle le plus important que j’ai jamais joué de Sondheim. Il est devenu une icône et c’est bon de voir que même en France, ou seulement une de ses pièces a été jouée, (A Little Night Music, l’an dernier, toujours au Théâtre du Châtelet) le public s’est levé dès son apparition durant les saluts le soir de la première.

Pensez-vous que On the Town correspondait plus à l’idée que les Français se font des musicals et sont-ils prêts pour Sweeney Todd alors que le film de Tim Burton fut vendu comme un film d’horreur ?

C’est vrai, On the Town était connu grâce au film de Gene Kelly, même si peu des chansons de Bernstein avaient été retenues. Le film de Sweeney Todd retenait la plupart des chansons sauf "The Ballad of Sweeney Todd", et ce chœur du peuple anglais qui racontait l’histoire me manquait vraiment.

Aimeriez-vous faire votre one woman show Showgirl Within à Paris ?

Oui ! Ce serait idéal pour le Châtelet, vu qu’il comporte beaucoup d’extraits de Chicago, Cabaret et Moulin Rouge! qui sont les films musicaux les plus connus en France.

Votre performance dans le rôle de Mrs. Lovett est impressionnante, comment avez-vous appris un tel rôle en trois semaines ?

J’étais chez moi en Australie avec mon mari qui se faisait soigner d’un cancer de la prostate quand Lee Blakely m’a laissé un message me demandant de prendre l’avion immédiatement, c’était un challenge que je ne pouvais refuser. Ils avaient déjà répété le premier acte, et pouvaient donc commencer le second acte directement avec moi. Je suis arrivée avec le décalage horaire et seulement 21 jours pour apprendre cette œuvre colossale ! Je mettais des post-it partout sur les murs de mon appartement avec les textes et les musiques dans mes écouteurs en permanence. J’utilisais même les jours de repos pour répéter le rôle seule ou avec le directeur musical, mais je n’aime pas les choses faciles, plus c’est difficile, plus on apprend.

Vous avez interprété Judy Garland dans la pièce End the Rainbow qui raconte les derniers jours de sa vie ?

Oui, être Judy pendant deux heures était une expérience éprouvante, je me demande comment elle a pu le faire toute sa vie même si elle fut courte.

Votre participation au film Moulin Rouge! a-t-elle aidé à atteindre un public plus large ?

Oui, les films atteignent des milliers de gens. Ils étaient curieux de voir qui j’étais. Cela m’a ouvert beaucoup de portes. Notamment celle du film De-Lovely, dans lequel je jouais le rôle d’Ethel Merman, la seule protagoniste qui n’était pas une artiste pop.

Vous avez également interprété une icône française…

Oui, j’ai interprété Edith Piaf dans une pièce en Australie et enregistré un album Tribute to Piaf. Ce serait pour moi un challenge encore plus grand de l’interpréter devant un public français !

Qu’avez-vous à dire de votre personnage de Mrs. Lovett?

Elle est à la fois romantique et dramatique, éperdument amoureuse de Sweeney mais avant tout opportuniste, elle s’adapte à toute situation pour survivre. Elle est tout sauf un personnage unidimensionnel. Les choses les plus proches de la vérité et les plus honnêtes, sont celles qui réussissent le plus à toucher le public.

Touchante, Caroline O’Connor l’est en effet dans la peau de Mrs. Lovett, mais elle est également infiniment drôle, contrairement à Helena Bonham Carter dans le film de Tim Burton, dans lequel l’humour noir et l’aspect granguignolesque de l’œuvre de Sondheim étaient malheureusement un peu gommés… Merci à Jean-Luc Choplin, directeur du Théâtre du Châtelet, d’avoir fait vivre au public français ces grands moments !

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