Throwback Thursday Comédies Musicales : la sélection de Romain

Avez-vous déjà pris le temps de revenir sur vos meilleurs souvenirs de comédie musicale ? Cela peut aller du premier au plus marquant, en passant par le plus désagréable ou le plus émouvant…

Avec l'équipe de Musical Avenue, on a souhaité se prêter à l'exercice. Après Chloé, Stephany et Nathalie c'est à mon tour de vous faire entrer dans mon univers musical. Alors si vous voulez savoir comment ce petit garçon amoureux de Catherine Deneuve dans Peau d'Âne est devenu ce snob en col roulé qui ne jure que par Sondheim, suivez-moi (comme dirait Stéphane Bern).

Les premières découvertes : de Notre Dame de Paris à Chicago

J'aurais bien du mal à vous dire quel fut mon premier souvenir de comédie musicale tant j'ai l'impression de l'avoir toujours connu. Enfant, les films que je regardais en rentrant de l'école étaient les classiques Disney et Peau d'Âne de Jacques Demy, mon initiation était déjà faite. Je peux tout de même dégager deux moments fondateurs qui m'ont pleinement fait entrer dans l'univers merveilleux de la comédie musicale.

Il y a d'abord eu Notre Dame de Paris. J'étais tombé sur l'album du spectacle par je ne sais quel heureux hasard et j'ai eu un coup de cœur pour les chansons. J'ai donc supplié mes parents de mettre la main sur la VHS (oui la VHS!) et j'ai été fasciné par ce spectacle qui est rapidement devenu une obsession (comme souvent chez moi). C'est sûrement la première fois que j'ai entendu les mots « comédie musicale » et de suite j'ai adhéré au concept ! J'ai également eu la chance de voir le spectacle lors de son passage au Zénith de Nancy (avec notamment Shirel et Laurent Ban) . Je peux vous dire que le petit Romain de sept ans a vécu sa meilleure vie ce soir-là.

© Petrina Binney

Et puis il y a eu le jour où ma mère m'a emmené au cinéma voir mon premier film musical. Nous sommes en 2003, j'ai huit ans, et nous sommes allés voir Chicago. Ma mère fut mortifiée dès les cinq premières minutes (vous savez, la scène où Renee Zellweger prend du bon temps avec son amant avant de le tuer) et a fortement hésité à me faire sortir de la salle. De mon côté, je ne sais pas ce que j'ai bien pu comprendre du film à cet âge là mais j'ai été subjugué du début à la fin. Je ne pensais pas qu'une comédie musicale pouvait être comme ça. Il va de soi que par la suite j'ai supplié mes parents pour avoir la bande originale du film ainsi que le DVD. Ma mère par contre est encore traumatisée par cet épisode.

L'apparition divine : Stephen Sondheim

Après Chicago j'ai écumé tous les films musicaux que je pouvais trouver. Cabaret, Moulin Rouge, Les Demoiselles de Rochefort, 8 Femmes (mon film préféré) et j'en passe. Puis Sweeney Todd sort au cinéma. Je m'y rend innocemment avec mes camarades de classe de l'époque, plutôt dans l'idée de voir un film sur un tueur en série que pour voir une comédie musicale. Et là c'est le choc. Alors que mes ami.e.s se bidonnent à la vue des scènes d'égorgements, je tombe amoureux de la partition du film (je me demande comment avec le recul, c'est quand même pas très bien chanté, mais passons). En rentrant je me précipite sur YouTube pour les réécouter (vous noterez l'évolution technologique depuis le début de ce billet) et que vois-je ? Avant d'être un film, Sweeney Todd était une comédie musicale de Broadway. Et Chicago aussi. Et presque tous mes films musicaux préférés. Alors, oui ça peut sembler simplet comme réaction, mais à l'époque j'avais l'impression d'avoir fait une immense découverte.

© Marie-Noelle Robert

En me perdant sur YouTube j'ai également découvert que le compositeur de Sweeney Todd, un certain Stephen Sondheim, avait fait quelques autres spectacles pas trop mal. J'ai commencé par Into the Woods, puis A Little Night Music, Company, Follies, jusqu'à avoir écouté la quasi-totalité de son œuvre avant de quitter le lycée. Encore aujourd'hui, aucun compositeur ne me touche autant que Stephen Sondheim. J'ai eu l'occasion d'en voir un certain nombre sur scène (merci Jean-Luc Choplin) et Sweeney Todd au Théâtre du Châtelet et Company au Gielgud Theatre restent deux de mes expériences de spectateurs les plus marquantes.

Les marathons West End et Broadway

Je n'arrivais pas à trouver un dernier souvenir marquant donc je vais vous en donner plein en vrac. Mais la plupart sont liés aux marathons de comédies musicales que j'ai eu la chance de pouvoir réaliser à Londres et à New York (souvent avec mes camarades de Musical Avenue). De Londres je retiens avoir enfin vu Chicago sur scène après presque dix années à saigner la bande originale, Gypsy (une de mes comédies musicales préférées) avec Imelda Staunton, le phénomène Hamilton qui n'a pas volé sa réputation et voir Hadestown au National Theatre avant que le spectacle ne parte pour Broadway et que le monde entier s'arrache les places à prix d'or (et que je nargue le monde entier du coup).

De mon unique (et onéreux) séjour à New York je retiens l'émulsion de la saison des Tony, la prestation de Ben Platt dans Dear Evan Hansen et de Glenn Close dans Sunset Boulevard, voir Patti LuPone en chair et en os dans un spectacle oubliable (mais je me suis rattrapé avec Company deux ans plus tard), l'ingéniosité de Come From Away et sortir de Natasha, Pierre and the Great Comet of 1812 en m'écriant « c'est brillant, c'est le futur de la comédie musicale » devant mes ami.e.s qui s'étaient copieusement ennuyé.e.s pendant 2h30.

© Chad Batka

Je pourrais encore continuer à vous assommer de titres d'oeuvres qui m'ont marqué, d'auteur.rice.s et de compositeur.rice.s qui me font vibrer, de chansons que j'aime belter sous la douche. Je n'ai même pas eu l'occasion de vous parler de ma comédie musicale préférée, West Side Story, vue quatre fois sur scène. Je me sens un peu coupable en réalisant que je n'ai cité presque aucune œuvre française alors que j'ai vu de nombreux spectacles qui m'ont plu dans les salles parisiennes (La Nuit d'Elliot Fall pour n'en citer qu'un), mais il faut savoir s'arrêter. Si aujourd'hui il m'arrive de jouer les blasés et de parler de comédies musicales dans des termes un peu pompeux, le gamin qui chantait « Le Temps des Cathédrales » dans sa chambre n'est pas bien loin.

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