Critique : “Jersey Boys” à la salle Wilfrid-Pelletier de Montréal


"Big Girls Don’t Cry", "Sherry", "Can’t Take My Eyes Off You"…on ne compte plus les tubes des Four Seasons qui ont traversé les époques. Pourtant bien ancrés dans les années ’60 et ’70, ils sont devenus intemporels. Mais qu’en est-il de ce groupe américain ? Quelle est leur histoire ? La comédie musicale Jersey Boys s’y attache justement et la métropole québécoise a le plaisir de se la faire raconter jusqu’au 11 janvier.

Récemment adapté au cinéma par Clint Eastwood, ce spectacle créé en 2005 à Broadway a gagné plusieurs prix au fil des années dont celui du "Meilleur Musical" aux Tony Awards (2006) et aux Oliver Awards (2009). Avec Jersey Boys, les fans des sixties sont servis avec des succès à la pelle de cette décennie, mais aussi des costumes et une ambiance générale la faisant revivre. 

 

Tout commence avec un clin d’œil à la France. Un jeune chanteur rap entonne "Ces soirées-là" ; la reprise de Claude François ("Cette année-là") par Yannick qui avait cartonné en 2000. Mais surprise…le tube de Cloclo était déjà une adaptation des Four Seasons ("Oh, What a Night") !

Puis, l’histoire du groupe se met en place ; Tommy DeVito (Nicolas Dromard) assemblant les premières pièces du puzzle en s’adressant directement au public. Du printemps à l’hiver, ce sera les quatre saisons qui s’enchaîneront, chacune étant narrée par un membre du groupe avec sa propre personnalité.

 

 

Tommy, le joueur, la grande gueule au mauvais caractère ; celui par qui tout commence et par qui tout est mis en péril. Bob Gaudio (Drew Seeley), la quatrième roue du carrosse, mais aussi son génie créatif. Nick Massi (Keith Hines), le "Ringo" du quatuor. Et finalement, Frankie Valli (Hayden Milanes), le chanteur principal à la voix aigue sans pareil qui n’oubliera jamais ses racines.

Malgré beaucoup trop de dialogues, une première partie disproportionnément longue, des raccourcis pour raconter l’ascension, la gloire et la chute du groupe, on s’attache à ces gars du Jersey qui ont choisi la musique quand tout les attirait vers le crime. Ensemble, ils sont formidables, les quatre interprètes de la tournée nord-américaine se déhanchant de plus bel à chaque numéro.

 

 

Convaincants, énergiques, drôles…leurs reprises sont chaque fois parfaites, énormément étudiées, mais au final tellement naturelles. Des chorégraphies, des regards, des gestes, mais surtout cette voix incroyable de Hayden Milanes qui campe Frankie Valli. Un vrai tour de force empreint de nostalgie, néons et cheveux soigneusement coiffés en prime. Certains numéros sont même filmés directement sur scène pour être projetés sur un grand écran en noir et blanc, histoire de faire revivre au public les séquences télévisées de l’époque.

Mais la production ne se contente pas d’intégrer les airs célèbres du groupe dans des numéros chantés en commun. L’une de ses forces est justement de les reprendre à d’autres moments ; les chansons étant ainsi réinventées selon les scènes jouées.

 

 

Belle critique de l’industrie musicale, l’histoire de Jersey Boys ressemble sûrement à celle de beaucoup d’autres groupes souvent confrontés aux mêmes problèmes. Mais contrairement à la plupart d’entre eux, les Four Seasons peuvent se vanter d’avoir créé des tubes qui ont résisté au temps et qu’on réécoute toujours avec plaisir !

Crédit photos : Joan Marcus


Jersey Boys de Bob Crewe (paroles), Bob Gaudio (musique) et Marshall Brickman et Rick Elice (livret)

Présenté par evenko et Broadway Across Canada

Du 6 au 11 janvier 2015 à la salle Wilfrid-Pelletier de Montréal

Représentations en anglais

Mise en scène: Des McAnuff ; Costumes: Jess Goldstein ; Éclairages: Howell Binkley ; Son: Steve Canyon Kennedy ; Supervision musicale: Ron Melrose ; Chorégraphies: Sergio Trujillo.

Avec : Nicholas Dromard, Keith Hines, Hayden Milanes, Drew Seeley, Tommaso Antico, Jaycie Dotin, Marlana Dunn, De’Lon Grant, Wes Hart, Bryan Hindle, Austin Owen, John Rochette, Leslie Rochette, Jenna Nichole Schoen, Shaun Taylor-Corbett, Jonny Wexler, Keith White, Barry Anderson et Thomas Fiscella.

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