À la Piccola Scala – la petite salle nichée dans le théâtre La Scala, le seul en scène prend ses aises. Après Aime moi, Musical Avenue s’est porté témoin de la rencontre entre le jeune Alexandre Virapin et l’artiste “sauveur de l’âme”, Bob Marley. Bob et moi est un spectacle généreux et considérablement bien écrit. On vous en dit plus dans ces quelques lignes.
Alexandre et Bob
Alexandre a 10 ans et se pose déjà plein de questions, notamment le pourquoi de son sentiment de malheur déjà bien présent ; ce sentiment est tel qu’il réfléchit à mettre fin à ses jours. Grâce à son père, Alexandre remet son projet au lendemain, avec comme point de repère, le poster de Bob Marley et ses mots tel un refrain “Il n’est pas heureux, lui ?”. À partir de ce jour, Alexandre aura pour objectif journalier d’être heureux. C’est un pari gagné grâce à la représentation du chanteur et de sa musique, au pouvoir fédérateur et consolateur. Car dans ce spectacle autobiographique, Alexandre Virapin raconte la construction de sa vie d’adulte, en miroir de celle de son idole. Il convoque ses souvenirs pour mieux raconter ceux du chanteur parti trop tôt, à l’âge de 36 ans. Dans l’ensemble des points positifs du spectacle, le niveau d’informations sur le chanteur, avec lequel le public ressort, est sans doute le plus fort. On apprend et on revit les moments clefs du chemin de l’artiste jamaïcain grâce à la finesse d’interprétation du comédien, relevée manifestement par la mise en scène de son ami, Jules Meary.
Au rythme de Bob Marley
Les deux auteurs prouvent qu’il n’est nul de besoin de faire trop d’excentricité pour projeter l’énergie autour de la personne de Bob Marley. La finesse et l’élégance marquent la présence d’Alexandre Virapin qui exprime toute sa gratitude dans sa gestuelle et ses vocalises. Le minimalisme de la Piccola Scala enveloppe la présence habitée et survoltée de l’interprète qui laisse des images fortes et narratives au public, qui ne loupe aucun de ses mots. Les mots sont importants tout autant que la musique reggae qu’on redécouvre ; on la redécouvre dans sa construction et dans sa place au sein du mouvement rastafari.
Le petit truc en plus ? le moment d’échange avec le public, certes prévu à chaque représentation, offrant néanmoins des partages uniques, comme celui d’une spectatrice racontant son expérience et souvenir de concert avec Bob : moment d’émotion garanti. Ce qui nous a le plus marqué ? l’épisode sur le “One Love Peace Concert” de 1978, pendant lequel Bob Marley réunit deux rivaux politiques sur scène : on (re)découvre la personnalité pacifique du chanteur au service d’actions fortes et puissantes (et nombreuses !). Ce qu’il nous reste de ce spectacle ? les danses – sourires aux lèvres – des deux acolytes, l’histoire et l’intrépidité de Bob Marley, le magnétisme d’Alexandre Virapin et l’allégresse de Jules Meary.
En définitive, Bob et moi est un moment de théâtre à investir sans hésiter !
C’est par ici pour réserver vos places.
Crédit Photos : Loewen photographie
