Pour sa saison hors les murs, la Comédie Française pose ses valises au Théâtre Montparnasse avec la reprise de La Ballade de Souchon, un hommage vibrant au chanteur poète proposé par Françoise Gillard et Amélie Wendling.
Une soirée confortable au pays de Souchon
Ce spectacle hommage prend les allures d’une soirée entre femmes de tous âges dans l’intimité d’un salon. Le public ne connaît pas réellement les liens qui les amènent à se réunir : sont-elles parentes, amies, connaissances ? Peu importe en réalité : ce qui les rassemble ce jour-là, c’est un même attachement à Alain Souchon. Comme le dit très justement Françoise Gillard – qui co-signe l’écriture et la mise en scène du spectacle – « Tout le monde le connaît, tout le monde a son Souchon, sa chanson préférée. »
Un hommage en forme de promenade
Évitant le piège du simple tour de chant ou du biopic maladroit, le projet revêt davantage la forme d’une conversation entre les interprètes et le public au pays de Souchon. Il n’y a aucune volonté d’être exhaustif ou nostalgique, ni de présenter par le détail toute la vie et la discographie de l’artiste : au contraire, le spectacle emporte les spectateurs dans une promenade au gré des associations d’idées. Il s’empare de détails, fait dialoguer poésie et musique, propose de nouveaux arrangements de musiques bien connues, et présente des fragments de la personnalité et des influences d’Alain Souchon. Entre anecdotes, extraits INA et figures chéries de Ronsard, Théodore Monod ou Laurent Voulzy, on y (re)découvre un chanteur sensible, amoureux de poésie et pour qui la chanson a été un échappatoire autant qu’une raison d’être.
La poésie des chansons
L’objectif est de mettre en avant les textes, la force des mots et de la poésie de Souchon, au-delà des mélodies. Chacune des actrices, fidèle à la tradition de la Comédie Française, met le jeu au service du texte et offre des interprétations très personnelles de chansons que l’on connaît par cœur, mais dont on redécouvre de nouveaux sens, de nouvelles couleurs.
Difficile de ne retenir qu’une chanson dans ce délicieux florilège. Entre la délicatesse et l’élégance de « Dandy », la pétillante et espiègle interprétation de « J’ai 10 ans », l’hilarante et toujours aussi pertinente « Poulailler’s Song » ou la très actuelle version parlée de « Foule sentimentale », tantôt accompagnées de trois musiciens (piano, violoncelle et guitare), tantôt interprétées a cappella, chaque air a été soigneusement adapté pour les voix et personnalités de chacune des six actrices. Sur scène, elles partagent une complicité et un plaisir palpable.
La Ballade de Souchon apporte donc la promesse d’une soirée intime et chaleureuse à partager entre générations pour redécouvrir ces airs qui résonnent en chacun.
