Compte rendu : « Life is a Cabaret » par Holy Sheep! Musicals à la MPAA Saint-Germain

Temps de lecture approx. 4 min.

Quelques jours avant les Trophées de la Comédie musicale qui ont si gaiment célébré le genre et son importance dans nos vies, Musical Avenue est allé voir à la MPAA Saint Germain Life is a Cabaret, présenté par les passionné.e.s de l’association Holy Sheep! Musicals. On vous résume la soirée !

Comme l’annonce le titre, Life is a Cabaret, est une pièce hybride, qui reprend la trame dramatique de Cabaret de 1966 (sa musique et son humour irrévérencieux également) en la saupoudrant d’un zeste de Starmania. Elle nous transporte au Padam Club, un cabaret parisien des années 2050 où travaille une troupe d’artistes-entraîneur.euse.s menée par Selma Starr, la vedette du lieu. Son compagnon et elle désirent de plus en plus mettre les voiles pour un autre pays, face à la montée d’un parti politique radical et xénophobe, le GDN. Le célèbre homme d’affaires Kane fréquente assidûment le lieu, où il est rejoint par la journaliste Mick Simmons, qui enquête en secret sur ses agissements. Elle découvrira qu’il fournit le GDN en armes, et fomente un coup d’État pour que le parti prenne le pouvoir. Comme dans Cabaret face à l’avènement du nazisme, les personnages voient la menace du GDN grandir et se concrétiser, et sont forcés à faire des choix louables ou non pour leur survie.

Padam, padam padam, c’est un air qui me montre du doigt

Autant le dire, l’intrigue, qui n’apporte rien de nouveau, n’est pas le point fort du spectacle. On reconnait cependant le mérite d’Holy Sheep! Musicals qui tente, par ce choix de musical, de mettre en avant les inquiétantes similitudes d’une intrigue se jouant à Berlin dans les années 1930 avec notre société actuelle. Pour reprendre leur note d’intention, Life is a Cabaret illustre la « capacité de faire de l’art comme signe d’une société [encore] libre » et « La nécessité de s’élever contre l’oppression des minorités ».

Life is a Cabaret ; Holy Sheep! Musicals

Pour en revenir à la scène, ce qui frappe, ici, est donc plus la qualité musicale que le propos. L’orchestre est parfait (oserions-nous dire, en bon Emcee, « magnifique ») et nous réjouit avec ses mélodies. La partition de Cabaret est à l’honneur évidemment, et l’incontournable « Wilkommen, Bienvenue, Welcome » enflamme la salle dès les premières notes. Il faut croire que nous sommes entre aficionados du genre. Le niveau vocal est très bon, et les diverses influences et techniques de chant des comédiens servent à donner corps au Padam Club, ce lieux de rencontres incongrues. Il n’est pas dur de se laisser emporter par les chansons, tantôt interprétées dans leur version originale, tantôt réécrites pour faire avancer l’intrigue. De The Wild Party en passant par The Great Gatsby ou Chicago, de Frank Sinatra à Matt Maltese, le répertoire est varié, que ce soit du côté du style musical, que des émotions qu’il véhicule.

Ce que l’on retient pourtant en priorité de cette représentation (en plus des chansons qui restent en tête des jours durant…), c’est une troupe qui se donne à fond, et qui excelle dans les numéros collectifs. L’énergie de l’ensemble est palpable et communicative, et les reprises de « Money » ou ″Tomorrow Belongs to me″ se terminent sous un tonnerre d’applaudissements. Oui, même cette dernière chanson dont la beauté de l’interprétation en fait oublier la signification -et peut ouvrir un instant de réflexion sur la symbolique de cet étrange moment si on le transpose dans la vie réelle…

Nous avons donc passé un très bon moment à la MPAA grâce à l’association Holy Sheep! Musicals. Bien que ces représentations aient été les dernières pour quelques-un.e.s des membres fondateurs la troupe, nous sommes certains que la création de la relève méritera d’être vue l’année prochaine. Ne serait-ce que pour renouveler notre stock de chansons qui ne nous quittent pas. On s’y retrouve ?

Life is a Cabaret
Image de Marie Laugaa

Marie Laugaa

Tombée dans la comédie musicale en même temps que le cinéma, avec mes premiers films -Le Magicien d’Oz, Les Demoiselles de Rochefort, et Disney, évidemment-, la révélation se fait lorsqu’à 12 ans je découvre la version scénique du Passe-Muraille mise en musique par Michel Legrand. Puis Notre-Dame de Paris finit de me rendre addict… Quelques années plus tard, c’est Londres, Le Roi Lion, et ses théâtres à perte de vue : un coup de foudre instantané ! Côté français, le Vingtième Théâtre devient mon QG, les événements Diva ma fête nationale, mais le genre reste encore assez confidentiel… Depuis, bonheur !, on ne compte plus les productions, la comédie musicale ayant enfin commencé à débarquer en fanfare si méritée. Allez, on se fait plaisir et on en discute ?
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