Critique : “La Belle et la Bête” au cinéma le 22 mars

L'adaptation au cinéma de La Belle et la Bête, le célèbre dessin-animé de Disney, est-il à la hauteur des attentes ? Sans détour, la réponse est pour nous un oui franc et massif.

Qui pouvait être assez fou pour se lancer dans l'adaptation "live action" de La Belle et la Bête, ce monument de l'histoire du dessin-animé, tout en gardant son indissociable approche musicale ? Pour la première fois, les studios Disney se sont lancés dans l'aventure avec une ambition bien plus prononcée que pour l'adaptation de longs-métrages animés qu'on peut difficilement qualifier de comédies musicales comme Le Livre de la Jungle ou encore Alice au Pays des Merveilles.

Une vraie comédie musicale, avec de nouvelles chansons

Il faut dire qu'ils ont retenu la leçon du semi-échec de Cendrillon (avec Lily James dans le rôle titre) dans lequel les chansons originales manquaient cruellement. Hé oui, Cendrillon sans "Bibbidi-Bobbidi-Boo" ou encore "Tendre rêve", c'est tout de suite un tout autre univers !
C'est pourquoi, dans le cas de La Belle et la Bête, la production s'est immédiatement attaché les services d'Alan Menken, le compositeur du dessin animé et du musical de Broadway. Au lieu d'enlever des chansons, il en a ajouté par-ci par-là pour mieux faire passer les émotions et parfois donner un poids plus important à certains personnages (le rôle du père, Maurice, en récolte les bénéfices). Un choix qui risque de faire débat, mais qui donne indéniablement un petit "je-ne-sais-quoi" à cette version cinématographique réalisée par Bill Condon (Dreamgirls ; Twilight).

Des personnages plus nuancés que dans le dessin-animé

Belle et son père ont un caractère plus prononcé que dans le dessin animé (elle est tout aussi "inventrice" que lui !), avec davantage de petits moments partagés qui rendent leur séparation encore plus déchirante. Leur relation est l'un des points forts du film, avec un formidable duo Kevin Kline-Emma Watson. Cette dernière nous a agréablement surpris au niveau du chant. Ce n'est sans doute pas la chanteuse du siècle, mais son grain de voix est plutôt chaleureux et l'actrice anglaise nous offre ici une interprétation très juste. Il y a fort à parier que beaucoup d'entre nous oublieront vite Hermione Granger et ne verront désormais plus que Belle en elle. Un sacré tour de force !

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Les orchestrations sont splendides et donnent un petit coup de sang neuf aux musiques que l'on connaît tous par cœur, sans pour autant les dénaturer. "C'est la fête" est à cet égard un véritable feu d'artifice pour les yeux et les oreilles, si l'on occulte l'aspect trop mécanique des objets vivants (l'une de nos petites déceptions du film) qui nous a empêché de véritablement nous attacher à eux et à leur devenir.
Côté nouvelles chansons, aucune n'est tirée du musical La Belle et la Bête qui était à l'affiche au Théâtre Mogador en 2014. Il y a bel et bien un solo pour le personnage de la Bête (une sacrée réussite au niveau rendu visuel soit dit en passant, quoique presque un peu trop "beau") mais il est bien différent de celui du spectacle compte tenu de sa place dans la chronologie du film. Parmi les nouvelles chansons signées Alan Menken, "Days in the Sun" est sans doute l'une des plus marquantes. Cette balade évoque le passé joyeux des objets maudits du Château, dans un moment de nostalgie profond. Le producteur du film David Hoberman est d'ailleurs persuadé que Menken décrochera une 9ème nomination pour les Oscars grâce à ce nouveau titre.

Une distribution cinq étoiles pour tous les rôles 

Les choix des interprètes de La Belle et la Bête se sont révélés très judicieux : Luke Evans (Gaston) est charmeur / idiot à souhait, Josh Gad est un Le Fou tout en nuance et finesse, Dan Stevens (La Bête) nous irradie de sa beauté intérieure... et les personnages secondaires sont incarnés par d'excellents artistes qu'on ne présente plus : Emma Thompson, Ian McKellen, Ewan McGregor (méconnaissable avec son accent français)... mais aussi Audra MacDonald, parfaite en armoire Diva.

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Paradoxalement, les scènes sans les protagonistes principaux de la Belle et la Bête sont pratiquement les meilleures, en témoigne la mise en scène percutante des séquences de groupe et de bataille (si vous êtes fin observateur, vous y remarquerez la présence de Rafaëlle Cohen et Alexis Loizon). A contrario, la séquence du retour dans le passé de Belle à Paris semble un peu forcée pour permettre à son personnage de se rapprocher de la Bête.

Un film plein de classe et de sobriété

Heureusement, la séquence mythique du bal est d'une beauté absolue et se démarque par sa modestie. Certains pourront reprocher un manque notable de "frou-frous et paillettes" (...mais où sont passés les gants de Belle ?), mais cela nous incite à nous focaliser sur la poésie du moment ainsi que sur l'amour naissant entre ces deux personnages.

beastUn moment hors du temps qui nous a accompagné longtemps, bien après notre sortie de la salle de cinéma. À tel point qu'on s'est déjà promis d'y retourner, cette fois pour écouter les voix doublées en français par des artistes bien connus de la comédie musicale comme Alexandre Faitrouni (Le Fou), Sophie Delmas (Madame Samovar), Julien Mior (Gaston), Guillaume Beaujolais (Lumière) ou encore Yoni Amar (La Bête). C'est la fête !

Crédit photos : Walt Disney Pictures


betlabLa Belle et la Bête

Au cinéma en France à partir du mercredi 22 mars

Avec : Emma Watson, Dan Stevens, Emma Thompson, Ian McKellen, Josh Gad, Luke Evans, Ewan McGregor, Audra McDonald, Stanley Tucci, Alexis Loizon, Raphaëlle Cohen

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