Critique : "Les Secrets de Barbe Bleue" au Théâtre Trévise à Paris

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Et si Barbe Bleue n’était pas forcément celui que l’on croit ? Depuis le 1er novembre 2017, pour une série de représentations au Théâtre Trévise qui vient d’être prolongée jusqu’en avril 2018, Les Secrets de Barbe Bleue se propose de dévoiler une nouvelle facette du mystérieux personnage du conte de Perrault.
Une dizaine de films, presque autant d’opéras, des ballets, des adaptations cinématographiques et télévisuelles,… Depuis son apparition la plus célèbre en 1697 dans Les Contes de ma mère l’Oye sous la plume de Charles Perrault, le personnage de Barbe Bleue n’a jamais cessé d’inspirer. Sorte d’ogre sans pitié s’en prenant à toutes ses épouses, il a toujours nourri l’imaginaire et suscité la crainte en se voyant souvent assimiler à plusieurs personnages historiques ou mythologiques.
Difficile, dans ces circonstances, de s’approprier ce conte populaire sans tirer des ficelles maintes fois usées et éculées. C’est pourtant le pari qu’a fait Clara D’Agostino, épaulée par Guillaume Bouchède (La Famille Addams) pour la mise en scène, qui propose depuis le 1er novembre 2017 sur la scène du Théâtre Trévise de Paris une réécriture bien personnelle de l’histoire dans une comédie musicale familiale intitulée Les Secrets de Barbe Bleue, que l’on avait déjà eu l’occasion de présenter lors de la lecture du spectacle début 2017.
Une réécriture riche et recherchée
Et de secrets, il en est bien question dans ce spectacle aux musiques composées par Sandra Gaugué et aux paroles signées Vincent Merval, que l’on avait entre autres déjà retrouvé aux manettes de l’adaptation française de Next Thing You Know et de First Date. Car dans cette adaptation-ci, les apparences peuvent être trompeuses… En lieu et place d’un Barbe Bleue autoritaire et effrayant, on retrouve Aldaric, un homme charmant et attirant qui suscite les convoitises de toutes les femmes du village. Mais c’est finalement sur la belle Rosalie qu’il jette son dévolu, au grand dam de la sœur de cette dernière, Violette, qui ne voit pas cette union d’un très bon œil eu égard aux rumeurs qui circulent sur ce mystérieux Aldaric et sur le sort qu’ont subi ses précédentes conquêtes… Assistée par le très secret majordome de Barbe Bleue, Charles, Rosalie tente alors de percer à jour les mystères du manoir dans lequel elle vit désormais et se laisse entraîner dans un tourbillon de révélations toutes plus surprenantes les unes que les autres.

Cette intrigue originale et plutôt fouillée représente indéniablement l’un des points forts du spectacle, et elle est habilement portée par les différents interprètes : Sandra Gaugué qui campe une Rosalie fragile à la voix d’ange, Julie Costanza dans le rôle de Violette, à l’interprétation sans fausse note que cela soit dans le jeu ou dans le chant, Mehdi Vigier qui interprète à la fois le majordome Charles ainsi que Marcel, villageois et ami du séducteur plein d’assurance Petit Louis, joué par Nicolas Soulié. Le jour de notre présence, c’est en revanche Hadrian Levèque qui a remplacé l’interprète principal de Barbe Bleue, Sebastiao Saramago ; la prestation n’en était que plus saluable, malgré un petit manque d’assurance se faisant ressentir de temps en temps et des passages quelque peu surjoués. Du côté de l’ensemble, Barbara Peroneille, Morgane Ricoteau-Jérôme, Claudia Palleschi et Clara D’Agostino campent les ex-épouses de Barbe Bleue et des villageoises, des rôles qui ont toute leur importance dans le déroulement de l’histoire.
Des « secrets » peu adaptés au jeune public
En tout, le spectacle comporte huit numéros musicaux parfois agrémentés par les chorégraphies rythmées de Julia Ledl (La Famille Addams ; Le Livre de la Jungle). Mention spéciale aux interventions de Julie Costanza, dont le duo avec Nicolas Soulié/Petit Louis et celui, à l’ambiance très Disney, avec sa sœur Rosalie/Sandra Gaugué étaient à nos yeux les moments les plus réussis. De manière générale, malgré des rimes souvent faciles, les morceaux s’intègrent parfaitement à l’ambiance du spectacle et au déroulement de l’histoire et, en cela, font des Secrets de Barbe Bleue une comédie musicale de qualité.
Mais le spectacle comporte également quelques défauts pouvant aisément être améliorés d’autant plus que la comédie musicale Les Secrets de Barbe Bleue est amenée à revivre sur les planches après le 27 décembre puisqu’elle vient d’être prolongée jusqu’au 25 avril 2018 au Théâtre Trévise : la mise en scène, tout d’abord, fait parfois davantage penser à un spectacle de fin d’année scolaire qu’à une comédie musicale, entre changements de décors longs et laborieux et surtout des éléments de décors peu exploités… et peu solides – les interprètes ont à plusieurs reprises failli se recevoir un pan du décor sur la tête pendant les changements ou tout simplement en voulant frapper à une porte. Un aspect largement compensé par quelques scènes vraiment très soignées et réussies tant dans l’ambiance que dans la scénographie, en particulier le moment très sombre et inquiétant où Rosalie pénètre dans le bureau secret de Barbe Bleue et y fait sa macabre découverte… Ce qui nous amène au deuxième défaut principal du spectacle à nos yeux ; présenté comme un spectacle pour enfants, Les Secrets de Barbe Bleue comporte des scènes pouvant aisément effrayer les plus jeunes. Sans parler des doubles sens plutôt recherchés, de l’intrigue plus travaillée que dans le conte de Perrault et des chansons peu dynamiques plutôt destinées à un public adulte. D’ailleurs, le peu d’enfants présents ce jour-là dans la salle peinaient à retenir quelques bâillements… Mais cela relève bien davantage d’un problème de communication que d’un défaut artistique, et n’empiète en rien sur la qualité générale du spectacle. Alors, si vous l’osez, n’hésitez pas vous aussi à partir à la découverte des sombres Secrets de Barbe Bleue !


Les Secrets de Barbe Bleue
Au Théâtre Trévise de Paris jusqu’au 25 avril 2018
27 décembre (19h30), 31 janvier (19h30), 07 (15h30) et 21 février (15h), 07 (19h30) et 21 mars (15h), 04 et 18 avril (15h) et 25 avril (19h30)

14 Rue de Trévise, 75009 Paris
Mise en scène et livret : Clara d’Agostino, avec la participation de Guillaume Bouchède ; Paroles : Vincent Merval ; Musiques : Sandra Gaugué ; Chorégraphies : Julia Ledl
Avec : Sandra Gaugué, Sebastiao Saramago, Julie Costanza, Hadrian Levèque, Mehdi Vigier, Nicolas Soulié, Barbara Peroneille, Morgane Ricoteau-Jérôme, Claudia Palleschi et Clara D’Agostino
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Chloe Enkaoua

Chloe Enkaoua

J'ai trois passions dans la vie : les voyages, les romans de Stephen King et les comédies musicales. En grandissant au milieu de quatre grandes sœurs, j'ai été biberonnée aux films musicaux, de "Hair" à "The Chorus Line" en passant par "West Side Story", "Grease" et "Fame". Depuis 2008 et mon arrivée à Paris pour exercer le métier de journaliste, j'écume les salles de spectacles pour y découvrir les nouvelles comédies musicales à l'affiche. Et lorsque je le peux, celles de Broadway et du West End également !
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