Critique : « Mission Merlin » poursuit sa quête au Théâtre de Passy

Une folle aventure où Morgane adolescente timide et courageuse, le cavalier noir pas aussi méchant qu’il veut bien le dire, la sirène Parnéthrope, qui rêve d’avoir des pieds, et la fée Mélusine relookeuse de mode, vont aller de surprises en rebondissements pour délivrer Merlin, voila l’intrigue de Mission Merlin. Ce méli-mélo magique est-il un divertissement réussi? C’est ce que nous sommes allé vérifier lors d’une des dernières représentations de la saison.

La légende de Morgane, fée du 21ième siècle

Si vous êtes passionné par la geste arthurienne dans la plus pure tradition, vous serez vite dérouté par l’adaptation proposée. Certes, l’on retrouve les personnages principaux : Arthur (qui a cependant pris un coup de vieux), Guenièvre (au caractère incendiaire), Merlin (un peu empoté), et la fée Morgane, héroïne attachante et inattendue. A cela s’ajoutent des comparses venus d’autres contes, ou bien sortis de l’imagination de leur créateur (tel Maître Cinquante, huissier de justice, hilarant dans son interprétation, propulsé dans cette aventure depuis nos télécrochets bien réels). 

Ce cocktail de personnages peut sembler déroutant ; il n’en est rien, et on est séduit par l’écriture toute en finesse qui crée une histoire cohérente. Sans temps mort, l’intrigue se met en place, on saisit les défis que vont devoir affronter les héros, qui vivent une aventure totalement ancrée dans notre époque. Ce décalage assez loufoque est très plaisant, les références à notre pop culture, des années 80 à nos jours, et les parodies de nos émissions de télévision (comme on l’avait déjà apprécié dans Odyssée, la conférence musicalesont si nombreuses que l’on a vite cessé de les compter, pour finalement se laisser porter par l’histoire et rire avec le public.  Evidemment les artistes finissent de nous convaincre par leur talent, chacun interprétant son (ou ses) personnages avec brio (avec une mention spéciale pour le doublet recto/verso de Mélusine et Maléfique). Avec seulement six artistes, c’est une palette de plus d’une douzaine de rôles qui se présente devant nous.

Une quête jusqu’aux étoiles

Ce spectacle défile à toute vitesse. En 1h15, on a tout de même le temps de s’attacher à tous les personnages, suivre leurs aventures et même s’émouvoir du rêve inavoué de Morgane, le tout orchestré par plus d’une dizaine de chansons, tantôt drôles, tantôt émouvantes, et toujours avec une partition soignée. D’ailleurs les fans de comédie musicale auront plaisir à déceler les petites allusions, à peine voilées, aux classiques du genre (comme Starmania, ou le Fantôme de l’Opéra, ou un clin d’œil à Wicked, Shrek ou Raiponce).  La musique est véritablement présente et les jeunes spectateurs ont l’occasion de découvrir les multiples facettes d’un spectacle musical, avec claquettes irlandaises, tango argentin, rap, jusqu’à la chanson finale que tous les spectateurs reprennent en chœur (et qui vous trotte dans la tête même après avoir quitté la salle).

Question mise en scène, Mission Merlin s’en sort admirablement. Si les décors restent modestes, ils sont largement suffisants pour nous faire voyager dans la forêt de Brocéliande, dans la cour d’un château ou sur une gondole (et oui là encore, il faut s’attendre à tout dans cette histoire!). Les artistes n’ont aucun répit et doivent enchaîner les rôles d’un côté à l’autre de la scène. C’est ingénieux et efficace, surprenant quand une sirène arrive, et délicieusement inquiétant lors de l’affrontement avec le dragon. Le jeu des lumières participe à créer l’atmosphère d’un combat épique, très réussi. Le format court de cette aventure est bien adapté pour les changements d’ambiance et de costumes.

Mission Merlin 2

Sur ce point, on ne peut qu’applaudir le travail qui a été fait. Nilrem, le ménestrel geek, et Morgane, sont superbes dans leurs vêtements. Et que dire de l’ingénieux costume de Mélusine/Maléfique? On vous laisse le découvrir. D’autant que la même actrice revêtira également l’apparence de Cendrillon et d’une femme-poisson. Les nombreuses tenues accompagne la foule de personnages. Colorés et hypnotisant tel le Serpitou, on apprécie qu’ils aient été si bien pensés, et nous invitent au voyage. 

Mission Merlin 6

Drôlement moderne, plutôt ciselé dans l’écriture et avec une double lecture, Mission Merlin rallie facilement les spectateurs de tout âge dans cette aventure. Destiné principalement au jeune public, les adultes rient tout autant. Ce divertissement s’adresse véritablement à toute la famille et vous auriez tort de ne pas faire un détour au royaume de Camelot. On espère désormais qu’une seule chose : repartir en mission le plus vite possible. 

Mission Merlin
Fabrice Felez

Fabrice Felez

Après une enfance où mes loisirs sont centrés autour de la musique et de la danse, c’est tout naturellement que la comédie musicale se présente à moi. En parallèle de mes études de droit, je m’initie aux spectacles, tant modernes que plus traditionnels, qui font naître en moi une véritable passion. Cet élan me pousse à intégrer l’équipe de Musical Avenue pour partager mes découvertes et vous donner envie d’apprécier les trésors de la scène parisienne et française.
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